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Lutte contre le narcotrafic : une réunion interministérielle organisée à Matignon 

Après des réunions d'urgence à l'Elysée, l'exécutif a décidé d'impliquer l'ensemble du gouvernement pour mener "la guerre" contre les narcotrafiquants avec vendredi un premier comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée, dans un contexte de recrudescence des meurtres liés à ces trafics.

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STEPHANE DE SAKUTIN - AFP/Archives

Après des réunions d'urgence à l'Elysée, l'exécutif a décidé d'impliquer l'ensemble du gouvernement pour mener "la guerre" contre les narcotrafiquants avec vendredi un premier comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée, dans un contexte de recrudescence des meurtres liés à ces trafics.

Ce comité, présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a pour objectif de mettre en place une action globale du gouvernement dans ce domaine, allant de la prévention (éducation, santé, travail) à la répression (police, justice, lutte contre le blanchiment).

Douze ministres seront ainsi autour de la table, parmi lesquels Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Pierre Farandou (Travail), Gérald Darmanin (Justice), Edouard Geffray (Education) ou encore Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), ainsi que la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

En première ligne sur ce dossier, Laurent Nuñez plaide depuis plusieurs semaines pour une action plus globale, estimant que cette "guerre", comme il la nomme, ne peut pas être menée par son seul ministère.

Depuis le début de l'année, le gouvernement fait face à une succession de meurtres liés au narcotrafic, avec une implication croissante de mineurs, en tant que victimes ou auteurs.

Nantes, Grenoble, Nice, Rennes, Lyon... la liste des villes concernées par ces drames s'allonge, Marseille n'ayant plus l'apanage des règlements de comptes.

L'exécutif a beau clamer sa "détermination totale" à lutter contre le narcotrafic, les crimes et délits liés aux cryptomonnaies en hausse depuis un an, la tâche est titanesque.

- "Sinistre comptabilité" -

Un constat alarmant souligné mercredi par le procureur de Grenoble, Etienne Manteaux. En six mois, dix hommes ont été tués par balle dans le cadre d'une guerre de territoire farouche dans cette ville et sa banlieue.

Cela "oblige la puissance publique à vraiment mettre tout en oeuvre pour essayer d'interrompre cette mécanique de la vengeance", a fait valoir le procureur, parlant de "sinistre compatibilité".

A Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise, la mort de trois personnes le 11 mai, dans l'incendie criminel d'un immeuble de sept étages, illustre cet engrenage de la violence débridée. Trois jeunes de 16, 17 et 18 ans ont été mis en examen lundi pour "homicide volontaire en bande organisée", la justice privilégiant la piste d'un règlement de comptes.

Comme le procureur de Marseille Nicolas Bessonne, celui de Grenoble considère qu'un "palier a été franchi". "Les individus ne tirent plus aujourd'hui pour impressionner mais tirent pour tuer".

L'argent de la drogue est considérable. La dernière estimation des autorités évaluait son chiffre d'affaires à environ 7 milliards d'euros en 2023 en France.

Les "petites mains" du trafic, des mineurs ou jeunes majeurs, sont des proies faciles pour les réseaux. Un guetteur est rémunéré en moyenne 50 à 100 euros par jour, un vendeur entre 50 et 250 euros par jour.

Quant aux tueurs à gages, ils sont recrutés via les réseaux sociaux.

En février, un adolescent - 14 ans au moment des faits - a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour avoir abattu en octobre 2024 à Marseille un chauffeur de VTC qui n'avait rien à voir avec la criminalité organisée. Il avait été engagé de cette manière par un homme de 24 ans, en détention. Le montant exact du contrat n'est pas connu, mais il serait de 20 à 30.000 euros.

En 2024 ont été recensés 367 assassinats et tentatives entre délinquants, quasi-systématiquement en lien avec le narcotrafic, avec un bilan de 110 morts et 341 blessés, en hausse de 33% depuis 2021, selon des données de l'Office central de lutte contre la criminalité organisée.

Policiers et gendarmes mènent régulièrement des opérations XL, avec nombre d'interpellations. En mars, une vaste opération baptisée "Octopus" contre la DZ Mafia s'était soldée à Marseille par 42 gardes à vue. A Lyon, le 19 mai, un millier de policiers et gendarmes avaient été mobilisés, ce qui avait conduit à l'interpellation de 93 personnes.

Par Sylvie MALIGORNE / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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