Amélie de Montchalin : "40% des agents de l’État, hors éducation nationale, télétravaillent"

Amélie de Montchalin, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 12 novembre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Amélie de Montchalin interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 12 novembre 2020 à 7h40.

Le Premier ministre, Jean Castex, va tenir une conférence de presse jeudi 12 novembre pour donner les informations sur la suite du confinement. Entre autres choses, il reste la question de la réouverture, ou non, des petits commerces. Amélie de Montchalin déclare, de son côté, être favorable "à ce qu’on réussisse collectivement à vaincre ce virus". Elle concède que cela demande "des efforts, des sacrifices" et que "c’est difficile". "Maintenant, ce que je vois aussi vis-à-vis des petits commerçants c’est qu’il y a des gens qui les exploitent politiquement", déplore-t-elle, se disant "extrêmement choquée" de l’attitude "des oppositions" qui font du "poujadisme" et de la "récupération". Une attitude qui peut avoir pour conséquence de "mettre en risque notre efficacité collective du confinement", prévient la ministre. "Ne laissons pas croire aux Français qu’au fond ce qu’on devrait faire c’est vivre comme si de rien n’était et que ça allait se passer mieux", précise-t-elle.

"Ce qu’on doit vaincre, c’est le virus"

La ministre de la Transformation et de la Fonction publiques rappelle qu’elle "fait de la politique" mais ne fait pas "de la politique politicienne". "Je ne crée pas le désordre et la zizanie pour exister". "Ce qu’on doit vaincre, c’est le virus, et ce qu’on doit maintenir uni, c’est notre pays, c’est notre cohésion nationale", souligne la ministre.

Le principe du Conseil de Défense, soumis par définition au "secret-défense", est de plus en plus critiqué, notamment par manque de comptes rendus publics des discussions et des décisions. "C’est une réunion qui prépare ensuite des décisions qui sont bien sûr partagées", répond Amélie Montchalin qui précise que le gouvernement "n’est pas en train de gérer cette crise dans un bunker en ne voyant pas ce qu’il se passe dans le pays". Elle rappelle que des discussions sont menées avec les élus locaux, les représentants, mais qu’il faut que le gouvernement prenne "des décisions".

"Si les choses doivent évoluer, elles évolueront"

L’organisation des écoles, collèges et lycées a été décriée par les professeurs qui ont fait grève mardi 10 novembre pour demander une organisation différente. La ministre estime néanmoins que "dans chacune des écoles, les choses sont organisées très différemment". "Si les choses doivent évoluer, elles évolueront", souligne Amélie de Montchalin. "Qu’est-ce qui est en jeu ? C’est que notre république tienne."

Sur les services publics, la ministre compétente estime qu’alors que des sacrifices sont demandés aux Français et aux entreprises, "l’État doit être exemplaire". "Il doit servir plus, il doit servir mieux les Français, et nous devons à tout prix éviter que certains services publics, comme au premier confinement, ferment", annonce-t-elle, grâce notamment au déploiement "massif du télétravail". "Aujourd’hui, 40% des agents de l’État hors éducation nationale, télétravaillent", affirme Amélie Montchalin, même si "cela ne pourra jamais être 100%". "Il faut garder ouverts les guichets de la CAF, les guichets de l’Assurance-vieillesse, les guichets de Pôle emploi" ou encore les forces de l’ordre, rappelle-t-elle.

"Nous faisons avancer les choses"

"On a équipé 125.000 agents en quelques mois, on vient de recommander 50.000 nouveaux ordinateurs" pour équiper le personnel, annonce la ministre qui souligne un autre problème : il faut que ces personnes aient les accès "à ce qui fait que vous pouvez travailler comme au bureau". Or, ce n’est pas le cas pour tous les agents : "ça, c’est dans le plan de relance, 200 millions d’euros que nous investissons pour que les agents publics puissent travailler plus facilement en mobilité".

Le télétravail, censé être obligatoire en France pour tout salarié qui le peut, soulève des questions. Les syndicats demandent des règles strictes et précises pour éviter les abus. "Sur ce sujet, depuis le 1er septembre nous avons donné des instructions, qu’on a redonnées avec le Premier ministre le 7 octobre, puis à nouveau le 29 octobre", souligne Amélie de Montchalin. "Nous faisons avancer les choses", se félicite la ministre.

"Prendre des décisions de terrain"

Dans le cadre du plan de relance, Amélie de Montchalin avait annoncé l'arrivée de sous-préfets à la relance dans les départements. Elle assure "qu'aucun retard" n'est à déplorer et qu'une "trentaine de postes sera pourvue dans les prochains jours", sur les 200 candidatures reçues. "Dans chaque département, vous aurez, pour les élus, entreprises, PME, une personne pour informer et soutenir", explique la ministre. Un dispositif qui doit permettre aux territoires de "bénéficier du plan de relance pour évoluer, être plus fort, créer plus d'emplois". "Quand on dit avec le Premier ministre que l'on veut réarmer les territoires, c'est envoyer les bonnes personnes qui puissent prendre des décisions de terrain", assure-t-elle.

Du côté de la fonction publique, Emmanuel Macron avait dans un premier temps évoqué la suppression de 120.000 postes. Amélie de Montchalin affirme qu'en 2021, il y aura "le même nombre total d'agents de l'État mais avec beaucoup de réorganisation interne", précise-t-elle. "Beaucoup de gens qui ne sont plus à Paris mais qui vont dans les territoires", explique la ministre qui annonce davantage de policiers et d'enseignants.

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