Agnès Pannier-Runacher : "Le patron de Sanofi France m'a confirmé que le vaccin serait accessible à tous les pays"

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le jeudi 14 mai sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Agnès Pannier-Runacher interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le jeudi 14 mai à 7h40

Alors que le PDG du groupe Sanofi a annoncé, mercredi 13 mai que les vaccins seraient livrés prioritairement aux États-Unis, si leur découverte venait de leurs laboratoires, Agnès Pannier-Runacher juge "inacceptable qu'il y ait un accès privilégié à un autre pays sous un prétexte pécuniaire". Elle assure qu'un correctif lui a été envoyé. "Le patron de Sanofi France m'a confirmé que le vaccin serait accessible à tous les pays, notamment aux Français, d'autant qu'il a des capacités de production en France", assure-t-elle.

 

La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie affirme son rôle "d'accompagner les différentes recherches de vaccins et de faciliter le processus d'homologation des produits". Car le processus peut s'avérer long et périlleux, "même si un laboratoire trouve, il faut certifier, valider l'innocuité de ce qui est trouvé", explique-t-elle, militant pour "accélérer les négociations et soutenir la recherche". "L'effort est inédit pour trouver un vaccin dans les 18 mois. On peut avoir de la chance, on n'est pas à l'abri d'un succès mais je me garde bien de donner un délai", annonce Agnès Pannier-Runacher.

 

"Un effort inédit" pour accompagner les entreprises

Le gouvernement a tenu à soutenir les entreprises durant cette crise sanitaire. "Nous avons fait un effort inédit en mobilisant les finances publiques pour accompagner les entreprises", se félicite la secrétaire d'État, qui précise qu'il s'agit "d'un des plans les plus puissants en Europe sur l'accompagnement des entreprises". Au total, "110 milliards d'euros" ont été mis sur la table permettant ainsi de "sauver des centaines de milliers d'entreprises". Agnès Pannier-Runacher annonce "l'abandon des charges sociales pour les entreprises les plus impactées". Pour les autres ce sera "du cas par cas", les entreprises pouvant d'ores et déjà demander "un dégrèvement fiscal".

"Nous allons contrôler l'utilisation du chômage partiel", affirme la secrétaire d'État qui recommande aux entreprises de reprendre leurs activités dès que possible. "Si l'entreprise ne redémarre pas la machine alors qu'elle le peut, elle risque d'être dans la difficulté beaucoup plus rapidement", estime-t-elle. "Je comprend que le chômage partiel est une garantie, mais le salut pour l'entreprise vient de ses commandes, de ses clients, de son activité. Je recommande aux salariés de pousser leurs entreprises à redémarrer", insiste Agnès Pannier-Runacher.

Un plan pour sauver l'automobile et l'aéronautique

Parmi les entreprises particulièrement impactées par le confinement, celles du secteur automobile et aéronautique. "Nous allons proposer deux plans spécifiques de soutien", annonce Agnès Pannier-Runacher. "Le secteur de l'aéronautique est confronté à une chute brutale des commandes. Il faut y faire face, d'autant que l’aéronautique et l'automobile restent des fleurons indispensables de notre industrie française", explique-t-elle en tentant de rassurer : "nous serons à leurs côtés avec des mesures très précises annoncées au début du mois de juin".

Chez les commerçants, certains demandent un report et un allongement de la période de soldes, le temps de reprendre une activité normale à la sortie de ce confinement. "Il y a une concertation qui est lancée entre les différents acteurs. Nous faisons confiance aux professionnels du secteur pour se mettre d'accord", répond la secrétaire d'État. "Nous sommes prêts à considérer un élargissement de la période de soldes, ne serait-ce que pour aménager de meilleures conditions sanitaires et d'accès aux commerçants", affirme-t-elle, assurant que le gouvernement "tranchera rapidement".

200 millions de masques par semaine

Une partie de l'opposition demande le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF). "Je suis frappée par ceux qui proposent, pour le monde d'après, des idées du jour d'avant", réagit Agnès Pannier-Runacher qui explique que l'ISF représente "2 milliards d'euros de recettes supplémentaires, et donc qu'il faudrait 50 ans pour rattraper l'effort que l'État a fait en deux mois". "Nous avons eu 30 ans d'ISF, ce n'était pas une réponse aux besoins de l’hôpital public, je ne crois pas que ça ait apporté grand chose à l'économie française", estime-t-elle, constatant "depuis trois ans, une hausse des investissements, notamment de l'étranger et une forte réduction du chômage". 

Promis pour le 11 mai à l'ensemble des Français, Agnès Pannier-Runacher affirme que "200 millions de masques par semaine en France" sont disponibles, correspondant "à 900 millions utilisations". "Vous avez 100 à 150 millions utilisations de masques à usage unique et vous avez des masques réutilisables qui représentent l'équivalent de 750 à 800 millions d'usages", explique-t-elle. "Nous les distribuons rapidement pour les plus précaires, la production augmente pour les masques chirurgicaux et en tissu lavables et réutilisables", précise la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie.

Vers une ouverture des commerces le dimanche ?

Le gouvernement ne s'est pas prononcé sur cette mesure, envisagée depuis déjà plusieurs années. "Il faut attendre de voir la fréquentation chez les commerçants pour savoir s'il faut ouvrir le dimanche", tempère Agnès Pannier-Runacher. "Le risque c'est que les consommateurs ne soient pas forcement au rendez-vous", reconnaît-elle, appelant à "avancer petit à petit, regarder comment se fait la reprise chez les commerçants et ajuster le dispositif". "Début juin nous aurons une vision de la reprise économique en phase de stabilisation", annonce la secrétaire d'État qui compte sur ce rendez-vous pour "faire de nouvelles propositions". "Le gouvernement a montré, ces dernières semaines, sa capacité à prendre des décisions rapides en tenant compte du terrain et du contexte", se réjouit Agnès Pannier-Runacher.

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