Adrien Quatennens : "Sur les 45 milliards d'aides annoncés, 39 sont des reports de charges !"

Adrien Quatennens, député La France insoumise du Nord et coordinateur de la France Insoumise, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le jeudi 19 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Adrien Quatennens interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le jeudi 19 mars à 7h40.

Les députés font leur rentrée à l'Assemblée nationale, jeudi 19 mars. Étant un foyer de contamination, "des règles sanitaires strictes seront respectées, avec une présence réduite de trois députés par groupe", annonce Adrien Quatennens. Les textes de loi ont été déposés par le gouvernement hier, "nous avions jusqu'à ce matin pour les étudier et les amender", explique le député du Nord.

 

Pour choisir quels députés siégeront sur les bancs du Palais Bourbon aujourd'hui, "nous avons considéré les personnes ayant le moins de transport en commun pour s'y rendre", explique le coordinateur de la France insoumise. "Jean-Luc Mélenchon, président du groupe, Mathilde Panot et Alexis Corbière seront présents aujourd'hui pour la France Insoumise", dévoile-t-il. Des effectifs qui pourraient varier dans les prochains jours.

Les députés de la France insoumise l'affirment, "nous sommes disposés à la coopération depuis le début de la crise du coronavirus. Mais elle ne peut pas se faire à n'importe quel prix". C'est pour cette raison que les députés ont "souhaité que la démocratie puisse se poursuivre et que le Parlement exerce son rôle". "Il n'est pas question, même dans une crise grave, que les pleins pouvoirs soient donnés à Emmanuel Macron et son gouvernement", prévient Adrien Quatennens. "Nous gardons notre mission de contrôle".

"45 milliards d'euros", vraiment ?

Le député du Nord n'est pas convaincu par la formule "quoi qu'il en coûte", utilisée par Emmanuel Macron lors de son allocution. "Le gouvernement communique beaucoup sur les 45 milliards qu'il met sur la table. Mais le diable se cache dans les détails, en réalité il n'y a que 6,5 milliards qui sont des aides d'État supplémentaires, le reste sont des reports de charges", souligne Adrien Quatennens, qui note que "6,5 milliards d'euros, c'est moins que ce qu'avait mis Emmanuel Macron au moment des Gilets jaunes". Pour les insoumis, ces mesures "ne sont pas à la hauteur de la crise que nous vivons". 

"32 milliards sur 45 annoncés sont des reports de charges, de cotisations : donc dans quelques mois les entreprises devront payer dans une conjoncture économique compliquée", insiste-t-il. "Est-ce vraiment utile ? Et quels moyens déployés pour l’hôpital et le personnel de santé ?!", interroge-t-il. "Le personnel de santé n'avait pas besoin d'attendre la crise du coronavirus pour alerter sur toutes les difficultés et la mise en tension de notre système de santé depuis des années", rappelle le député qui dénonce une politique menée "ayant mis gravement en danger notre système de santé". Dans ce projet de loi finance rectificatif, 2 milliards d'euros sont prévus pour l’hôpital. "Une somme insuffisante, nous demandons d'aller jusqu'à 10 milliards", annonce le parlementaire.

Où sont les masques ?

"Les soignants attendent toujours les masques FFP2 !", alerte Adrien Quatennens. Cette pénurie de masques efficaces pour filtrer le virus du Covid-19 marque "une souveraineté sanitaire mise en cause". Le député souligne que "ces masques ne sont plus produits sur le sol français et que nous n'en avons plus en stock". Le coordinateur de la France insoumise a participé aux trois réunions à Matignon, "on nous a expliqué qu'il y avait des stocks d'État de masques chirurgicaux", rapporte-t-il, tout en notant que "le personnel de santé nous dit que ces masques chirurgicaux ne sont pas suffisants contre les transmissions par gouttelettes". "On aurait pu imaginer que l'État demande à des industries françaises de fabriquer des masques !", insiste-t-il.

Derrière cette crise sanitaire, Adrien Quatennens craint des effets sur notre économie. "Il faut faire en sorte que les effets économiques de cette crise ne fragilisent pas un public déjà fortement fragilisé", prévient le député qui pense particulièrement "aux chômeurs, aux sans abris, aux migrants...". "Du 'tousser dans votre coude' à 'restez chez vous' il s'est passé un temps record...", souligne-t-il. Mais pour respecter le confinement, encore faut-il avoir un emploi adapté. "On n'est pas un pays uniquement de service, trois travailleurs sur cinq ne peuvent pas travailler en télétravail", note le parlementaire. "Il faut une liste claire des métiers essentiels, car ça ne l'est pas pour l'instant !", s'indigne Adrien Quatennens.

 

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