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A deux jours du jugement, Philippe charge le RN, Mélenchon persuadé de l'"éliminer" en 2027

A deux jours du jugement concernant Marine Le Pen, qui pourrait l'empêcher d'être candidate et profondément rebattre les cartes dans la course à l'Elysée, Edouard Philippe a sonné une lourde charge contre le Rassemblement national, Jean-Luc Mélenchon assurant être capable d'"éliminer" son candidat quel qu'il soit.

SIMON WOHLFAHRT - AFP

A deux jours du jugement concernant Marine Le Pen, qui pourrait l'empêcher d'être candidate et profondément rebattre les cartes dans la course à l'Elysée, Edouard Philippe a sonné une lourde charge contre le Rassemblement national, Jean-Luc Mélenchon assurant être capable d'"éliminer" son candidat quel qu'il soit.

Pas un mot sur la future décision de justice dans le discours de l'ex-Premier ministre, le mieux placé dans les sondages pour battre le Rassemblement national. Mais des flèches décochées contre l'adversaire.

Le RN, "c'est en même temps qui ne s'assume pas. Social dans le Nord, libéral dans le Sud", a lancé le président d'Horizons.

Et de tacler Jordan Bardella "converti au libéralisme, à l'Europe, au capitalisme" et amateur de "petits fours à Monte-Carlo", une allusion à sa présence au Grand Prix de F1 de Monaco avec sa compagne, la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.

De l'autre, Marine Le Pen qui dit "l'inverse" et se revendique "la porte-voix" des "classes populaires".

Edouard Philippe, président d'Horizons et candidat à la présidentielle, lors de son premier grand meeting de campagne à Paris, le 5 juillet 2026

Edouard Philippe, président d'Horizons et candidat à la présidentielle, lors de son premier grand meeting de campagne à Paris, le 5 juillet 2026

SIMON WOHLFAHRT - AFP

Mardi, la triple candidate malheureuse à l'Elysée saura si elle peut concourir une quatrième fois à l'Elysée : une peine de plus de deux ans d'inéligibilité prononcée par la cour d'appel de Paris la conduirait à devoir céder à contrecoeur la place à Jordan Bardella, 30 ans.

Accolade très appuyée, baiser sur la joue, "total soutien", "immense confiance" : samedi, lors d'un "banquet champêtre" à Liévin, au coeur du fief du Pas-de-Calais de la patronne de l'extrême droite, les deux responsables du Rassemblement national n'ont eu de cesse devant les militants et plusieurs dizaines de journalistes de jouer la carte de la proximité et de l'unité dans les épreuves.

Jean-Luc Mélenchon, leadeur de la France insoumise, à l'Assemblée nationale à Paris le 23 juin 2026

Jean-Luc Mélenchon, leadeur de la France insoumise, à l'Assemblée nationale à Paris le 23 juin 2026

Alain JOCARD - AFP/Archives

"Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire", a lancé Marine Le Pen.

Mais la décision du 7 juillet rebat les cartes et le jeune patron du parti est jugé plus fragile que celle qui a déjà trois campagnes présidentielles à son actif.

"On a un poids super-léger", Jordan Bardella - ses adversaires mettent en avant sa jeunesse, son inexpérience et son inconsistance supposée -, et "un poids lourd", Marine Le Pen, rompue à l'exercice, a résumé samedi sur Radio J le maire PS de Saint-Ouen Karim Bouamrane.

Edouard Philippe, président d'Horizons et candidat à la présidentielle, lors de son premier grand meeting de campagne à Paris, le 5 juillet 2026

Edouard Philippe, président d'Horizons et candidat à la présidentielle, lors de son premier grand meeting de campagne à Paris, le 5 juillet 2026

SIMON WOHLFAHRT - AFP

Jean-Luc Mélenchon se dit lui persuadé d'"éliminer" - "peut-être" même dès le premier tour - le candidat du Rassemblement national quel qu'il soit.

- "Je le battrai" -

En 2022, "on annonçait Marine Le Pen avec 20 points d'avance sur moi, comme aujourd'hui entre moi et Jordan Bardella. Or, à un cheveu près, elle a pu rester", a souligné le tribun insoumis. 420.000 voix le séparaient alors de la candidate du RN pour qu'il puisse accéder au second tour.

Cinq ans plus tard, je vais "peut-être réussir à éliminer" leur candidat dès le premier tour, le 18 avril, a-t-il ajouté, invité de "Dimanche en politique" sur France 3.

Si ce n'est pas le cas, "je le battrai" au second, "je n'ai pas le moindre doute sur ce sujet", a-t-il assuré car "notre patrie n'est pas un pays raciste, elle n'est pas un pays suprémaciste, elle n'est pas un pays islamophobe".

Quid de l'adversaire ? Jean-Luc Mélenchon a pris soin de ne pas se prononcer pour une des deux options.

"Ce n'est pas une affaire de goût personnel", a-t-il lancé au sujet de Marine Le Pen qu'il a déjà affronté trois fois.

Quant à Jordan Bardella, ne craint-il pas qu'il soit un adversaire susceptible de siphonner une partie des voix des jeunes électeurs ?

"C'est moi qui suis le mieux placé, paraît il, dans la jeunesse. Et ce n'est pas à cause de mon âge", a assuré le tribun insoumis, 74 ans. "Les jeunes gens ne se déterminent pas sur les apparences. Et je ne suis pas candidat à être leur copain, je suis candidat à être président de ce pays".

La cheffe de file du Rassemblement national Marine Le Pen et le président du Rassemblement national Jordan Bardella à Liévin le 4 juillet 2026

La cheffe de file du Rassemblement national Marine Le Pen et le président du Rassemblement national Jordan Bardella à Liévin le 4 juillet 2026

Simon WOHLFAHRT - AFP

Interrogé en marge du congrès du PCF, Fabien Roussel, réélu, sans surprise, secrétaire national du Parti communiste et qui a bien l'intention de briguer une nouvelle candidature à la présidentielle, n'a pas davantage voulu jouer au jeu des pronostics. "Je n'ai pas envie de parler du Rassemblement national (...) je m'en fous c'est leur problème. Qu'ils lavent leur linge sale" entre eux.

Par Sophie DEVILLER / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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