Abstention sur le budget : la polémique enfle au PS

La première partie du vote sur le budget de l’Etat pour 2015 a été adoptée par 266 voix pour et 245 contre. 39 députés socialistes ont préféré s’abstenir. Parmi eux, on retrouve Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Delphine Batho.

"C'est trop" pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. "Il y a quelque chose qui m'a choqué hier. Deux ministres de la République, qui avaient accepté les arbitrages budgétaires au mois de juillet, se sont abstenus", a-t-il déclaré au micro de RTL. "On ne peut pas à la fois accepter l'arbitrage, le trouver juste puisqu'ils n'ont pas démissionné, et, quand on est sorti du gouvernement pour des raisons secondaires, en faire une question de distinction absolue avec la ligne gouvernementale. Je trouve que ce n'est pas loyal par rapport à son camp. C'est une attitude déplorable", s'est-il emporté.

“Que Benoît Hamon quitte le Parti socialiste”

Interrogé sur BFM, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture, ne comprend pas le mouvement des frondeurs : "Depuis le départ, ils se sont mis en marge, ils sont systématiquement contre ce qui est voté. Qu'ils en tirent les conséquences." Il va même plus loin à propos de Benoît Hamon : "S'il dit que c'est un problème démocratique qui est en train de se poser, franchement, il a été deux ans et demi au gouvernement ! Il va trop loin. Il y a une limite qui a été franchie. Que Benoît Hamon quitte le Parti socialiste, si c'est ça."De leur côté, les deux anciens ministres assument parfaitement. Si Aurélie Filippetti estime "n'avoir de leçon à recevoir de personne", Benoît Hamon pense que la politique menée actuellement par le Gouvernement "menace la république" et ouvre la voie à un "immense désastre démocratique" en 2017 avec "non seulement l'arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen, mais en plus la menace que, demain, elle dirige le pays".

“En finir avec la gauche passéiste”

Aucune éclaircie dans le ciel de Manuel Valls qui, depuis son arrivée à Matignon, doit gérer une gauche désunie et une majorité qui s'effrite. Le Premier ministre dans une interview donnée au Nouvel Observateur appelle à "en finir avec la gauche passéiste" et estime que ceux qui l'accusent de trahir la gauche sont dépassés. Il entend défendre une gauche "pragmatique, réformiste et républicaine".