Parlons Vrai chez Bourdin - Migrants : La maire de Strasbourg accuse l'État d'enfreindre la loi

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian intente une action en responsabilité contre l’État pour "inaction et carence en matière de mise à l’abri de personnes en grande précarité". Elle était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 6 décembre dans "Parlons Vrai chez Bourdin".

migrants Strasbourg
Strasbourg : les forces de l'ordre sont intervenues le 6 décembre sur le campement de l'Étoile. © AFP

Vendredi 2 décembre, le tribunal administratif a ordonné l'évacuation du campement de migrants installés depuis fin mai dans le centre de Strasbourg place de l'Étoile. La maire EELV Jeanne Barseghian a annoncé vouloir intenter une action en responsabilité contre l'État, "qui enfreint la loi et bafoue les droits humains".

Parlons Vrai chez Bourdin - Migrants : "L'État ne remplit pas ses obligations et enfreint la loi"

"Les forces de l'ordre de l'État sont intervenues à 6h ce matin sur le campement de l'Étoile, confirme Jeanne Barseghian. Ils ont transféré ces personnes dans un gymnase, où elles sont orientées suivant la politique appliquée l'État, c'est-à-dire suivant leur statut administratif". "Une partie a des droits en tant que demandeurs d'asile et sera orientée dans des services d'hébergement d'urgence. D'autres, déboutés du droit d'asile, seront envoyés dans des centres de retour au pays. Pays qu'ils ont fui en raison de conflits, de la misère ou de la violence. Quand ils passent par ces centres, s'ils refusent de retourner dans leur pays, ce qui peut être légitime, ils se retrouvent à la rue quelques jours plus tard", dénonce l'élue.

"Je vais attaquer l'État en justice, qui ne remplit pas ses obligations et enfreint la loi, confirme Jeanne Barseghian. Toute personnes sans abri ou en situation de détresse a accès à tout moment à un dispositif d'hébergement d'urgence selon le code de l'action sociale et des familles. Des centaines de personnes sont à la rue à Strasbourg", souligne la maire. "Des personnes en exil ou des migrants, mais aussi des personnes qui ont sombré dans la grande précarité. Du fait de la hausse des prix, de la crise de l'énergie. Le gouvernement avait annoncé qu'il n'y aurait plus d'enfants à la rue. À Strasbourg, qui n'est pas une exception, une centaine d'enfants est encore dehors, en plein hiver, dans des situations dramatiques".

 

Jeanne Barseghian : "C'est une hypocrisie de laisser ces personnes sans aucun droit"

Les personnes à la rue, installées place de l'Étoile, étaient en majorité des Géorgiens, des Albanais et des Macédoniens. Est-on menacé de mort dans ces pays ? Jeanne Barseghian "dénonce cette forme d'hypocrisie qui consiste à avoir des procédures tellement longues et qui ne permettent pas aux personnes de subvenir à leurs besoins". L'élue prend pour exemple une famille qui a fui la Géorgie, "considérée comme un pays sûr par la France. Pour autant, on sait qu'il y a des problèmes de violence, de persécution de certaines minorités". "La procédure de demande d'asile peut durer jusqu'à 2 ans, pendant lesquels cette famille n'aura pas de droits. Sans revenus, dans la misère, le temps que la France statue".

"C'est une hypocrisie de laisser ces personnes sans aucun droit et sans moyens de subvenir à leurs besoins. Alors que la loi impose à l'État de les mettre à l'abri". Le gouvernement propose d'accélérer les procédures des demandes d'asile. Jeanne Barseghian est "en désaccord sur le projet de loi tel que proposé". "Une politique d'asile peut être posée d'une autre manière, comme en Allemagne". "Si je pose cette action, c'est parce que de nombreux maires de grandes villes constatent les mêmes manquements. Il faut changer nos règle en matière d'asile et d'accueil, mais surtout proposer des abris en urgence aux personnes déjà sur notre territoire".

 

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