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Sébastien Folin : "Ziskakan ont montré que le créole pouvait être une belle langue"

Par Jean Baptiste Giraud

Sébastien Folin, animateur, producteur et réalisateur, était l'invité de Christine Bouillot et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 9 mai 2023 dans "Le 10h - midi".

Sébastien Folin
Sébastien Folin, invité de Christine Bouillot et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Le documentaire de Sébastien Folin "Ziskakan, une révolution créole" est disponible sur www.France.tv.

 

Sébastien Folin : "À la Réunion il y a une grande misère sociale et intellectuelle"

Comme l’explique Sébastien Folin, le combat des Ziskakan était un combat non-violent pour l’identité créole. "Je m’intéresse à l’histoire de mon île, la Réunion, à travers l’histoire d’un groupe qui s’appelle Ziskakan, qui est né en 1979. Aujourd’hui c’est un groupe de musique, mais à l’origine c’était un collectif d’artistes, d’intellectuels, de musiciens. C’est la première génération à la Réunion qui a fait des études secondaires. La Réunion est un département depuis 1946, mais elle est totalement déconnectée de la France métropolitaine au niveau social, il y a une grande misère sociale et intellectuelle, et surtout un bafouement de l’identité créole, il y a une vraie acculturation. Le créole n’est pas reconnu dans l’espace public. Et donc avec leur art et leur parole, Ziskakan ont montré que le créole pouvait être une belle langue. Ils ont commencé à faire de la musique en créole pour mettre en avant des revendications sociales. Le maloya, cette musique clandestine, est aujourd’hui reconnue patrimoine mondial de l’UNESCO, et le créole est enseigné à l’école. On voit bien le travail qu’ils ont fait au cours des 40 ans de leur militantisme.

 


Le combat de ces militants est un combat pacifique, un combat esthétique. À la Réunion, on était dans une période extrêmement violente politiquement et socialement. Et eux, ils n’ont pas pris les armes, ils ont pris les plumes, les pinceaux, les guitares pour s’exprimer, de manière violente parfois dans les propos, mais cela restait tout de même sur le terrain de la culture et de l’art."

"Tous les Réunionnais sont descendus d’un bateau un jour"

Comme l’explique Sébastien Folin, l’histoire de la Réunion n’est pas assez connue. "Avant le début de la colonisation on était une île vierge. En 1664, quand l’île a été habitée pour la première fois, il y a eu quelques Français qui sont arrivés, quelques femmes malgaches, et ils étaient les premiers à habiter l’île. Tous les Réunionnais sont descendus d’un bateau un jour. Dans des conditions différentes certes : certains étaient réduits à l’esclavage, d’autres étaient de petits colons qui sont devenus de gros propriétaires. C’est une île faite d’amour, de sang et de larmes. C’est ça, la composition de la créolité.

 


On ne nous raconte pas assez l’histoire de la Réunion. L’esclavage a été aboli en 1848. C’est 180 ans, 6 générations. Après l’esclavage on a eu l’engagisme. Des personnes venaient d’Inde, de Mozambique, du Madagascar et étaient engagées. Ils avaient des conditions proches des esclaves, à la différence près qu’ils avaient une identité. Ils étaient payés, mais cet argent étaient repris par le propriétaire pour les nourrir et les loger. Cet engagisme a pris fin en 1938, c’est-à-dire deux générations. Et cette histoire, on ne nous la raconte pas."

 

 

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Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans le 10h - midi Sud Radio avec Christine Bouillot

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