Plantu : "Éric Zemmour est un bon client pour un caricaturiste !"

Le dessinateur de presse, caricaturiste et artiste français Plantu, était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 6 décembre dans "Le 10h - midi". Il revient sur ses derniers livres.

Plantu
Plantu, invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Plantu publie deux livres : L'année de Plantu-2021, les années Fioles, publié aux éditions Calmann-Levy, "qui est une manière de revisiter tous les événements que nous venons de vivre pendant un an", et Plantu Reza - Regards Croisés, publié aux éditions Gallimard.

Plantu : "Éric Zemmour est un bon client pour un caricaturiste !"

Le dessinateur de presse, qui a travaillé pendant 49 ans dans le journal Le Monde, revient sur les événements politiques de ce week-end, notamment le premier meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre, au cours duquel les journalistes de Quotidien ont été pris à parti et exfiltrés un moment. Pour lui, "ça montre à quel point il faut que ces journalistes de Quotidien soient présents partout , y compris là !"

Interrogé sur la difficulté de dessiner certains hommes politiques, "Éric Zemmour est un bon client pour un caricaturiste !, explique Plantu. C'est pas toujours bon pour l'idée que je me fais de la démocratie, mais c'est vrai qu'il est assez fastoche à faire ! Emmanuel Macron est plus compliqué à caricaturer, ajoute-t-il. Il est beau gosse, il est mince, il ne dit pas des phrases comme 'tout migrant est un violeur', ça permet d'être beaucoup plus nuancé. Le pire de tous pour ça, et c'est un hommage que je lui fais, c'est Jospin ! Quand il dirigeait le PS ou quand il était Premier ministre, il était tellement nuancé qu'à part le faire en petit mouton, je n'arrivais pas à le saisir !"

Plantu fait beaucoup d'expositions dans les hôpitaux et dessine notamment des infirmières. "L'astuce du dessin, c'est qu'on fait le dessin, comme s'il n'y avait pas de masque et il n'y a plus qu'à le rajouter ! Quand je fais sourire les infirmières, je fais la bouche en transparence. Pour lui, rien n'empêche un dessinateur de dire ce qu'il a envie de dire et c'est pour ça que certaines personnes ont tellement peur !"

"Il faut bousculer les gens sans qu'ils se sentent heurtés"

Sur la couverture de L'année de Plantu-2021, les années Fioles, "c'est la petite fiole de mon premier vaccin !, confie Plantu, pour qui c'est un vaccin d'espoir. On a connu une période d'insouciance, aujourd'hui on l'est moins qu'avant. Nos démocraties sont menacées de basculement". De nouveaux personnages sont apparus dans son livre, comme les antivax. "Il y a plusieurs manières de dessiner les antivax", explique Plantu.

"Moi qui vais beaucoup dans les hôpitaux, je me suis rendu compte qu'il faut faire de la pédagogie, ne pas obliger les gens à se faire vacciner s'ils n'ont pas envie. Il faut continuer à leur dire qu'il faut qu'ils se fassent vacciner, mais il y a manière et manière de les traiter ! On peut le faire avec des grosses dents et de la bave qui dégouline et à la fois une manière de dire la même chose mais de façon moins agressive. Il faut bousculer les gens sans qu'ils se sentent heurtés, c'est une époque très casse-gueule pour ça !"

"Certains dessins me valent des ennuis"

Plantu fait partie des dessinateurs qui continuent à être menacés. "Certains dessins me valent des ennuis, notamment ceux que j'ai faits sur l'Afghanistan, sur les intégristes. Les menaces se concrétisent par un coup de téléphone du ministère de l'Intérieur, parce que moi je ne vois rien !", raconte le dessinateur, qui en profite pour remercier les policiers qui l'accompagnent.

 

 

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