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Patrick Mahé : "L'histoire de Mazarine est une histoire accidentelle"

Par Jean Baptiste Giraud

Patrick Mahé, journaliste et ancien directeur général de Paris Match, était l'invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 23 mai 2024 dans "Le 10h - midi".

Patrick Mahé
Patrick Mahé, invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Sud Radio Média" sur Sud Radio.

Patrick Mahé publie un livre : La Légende de Paris Match (Éditions Plon).

 

Patrick Mahé : "En 1948, déjà, on entrait dans la peopolisation"

Les débuts de Paris Match ont-ils été difficiles ? "La première année, ça a été difficile parce que la formule n’existait pas. Le public était donc à conquérir. Cela a duré un an." Qui a inventé le slogan "Le poids des mots, le choc des photos" ? "C’est un mini-collectif. Cela se passe en 1976, c’est la deuxième génération du magazine, né en 1949. Il faut savoir qu’à l’époque, le slogan était intéressant mais pas moderne : 'Paris March, le journal que l’on n’oublie pas dans les trains'. Quand Paris Match a changé de propriétaire en 1976, il a fallu rénover, faire de la modernité. Il y a eu un petit brain-storming, et le slogan actuel est sorti de là", a raconté Patrick Mahé.

Paris Match, qui s’est fait connaître pour ses photos de personnalités politiques dans leur intimité, était-il de gauche ou de droite ? "Paris Match n’avait pas d’orientation ni à gauche ni à droite. Justement, c'est ça qui est intéressant. D'ailleurs, je fais une entrée particulière à la lettre P, avec 'Politique', pour expliquer justement que ce journal n'a pas d'orientation politique définie. Il est toujours dans l'air du temps et s'accroche à tout ce qui peut intéresser les lecteurs dans leur globalité. Parce que c'est un journal qui est rassembleur, qui est fédérateur. Et donc évidemment, les hommes politiques ou les femmes politiques sont traités avec un angle plus intime, plus intimiste. Mais ça, c'est aussi l'école américaine, avec les Kennedy. Mais la France n'était pas en retard parce que je pense à Walter Carone, par exemple, qui est un très grand photographe de Paris Match. Il avait fait en photo les petits-enfants d'un président de la République en 1948 qui disputaient un faux match de boxe contre Marcel Cerdan. Déjà, on entrait dans cette sorte de peopolisation. La rédaction de Paris Match a cet avantage par rapport à beaucoup d'autres dans le recrutement : c'était très disparate, on retrouvait toutes les tendances", a répondu Patrick Mahé.

"Les gens peuvent s'identifier à leur propre vie"

Pourquoi différentes personnalités politiques acceptent de se faire prendre en photo pour Paris Match ? "On ne va pas se mettre à la place d'Édouard Philippe ou des autres. Mais pour eux, apparaître dans Paris Match d'une manière plus détendue et plus intime que dans un discours officiel, une rencontre officielle, ça a un intérêt parce que les gens peuvent s'identifier à leur propre vie. Je me souviens de Balladur avec ses magnifiques chaussettes Carinal. Et Laurent Fabius revenant avec ses croissants dans la rue et ses chaussons. D’un seul coup, le quidam qui voit passer ces photos se dit : ah ben tiens, moi aussi, quand je vais chercher mes croissants, je suis aussi en pantoufles !"

 

"L’histoire de Mazarine était connue avant même la publication des photos"

Y a-t-il eu de faux sujets de montés ? "Disons que les paparazzi ne vont pas nous l'avouer. Mais quand ils apportent un sujet et qu'ils viennent le proposer, en général, c'est de vraies planques. Mais il peut arriver qu'il y ait des accords, parfois, avec des gens qui se prêtent à ce qu'on appelle une fausse planque. Ça peut aussi arriver. En revanche, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a même des planques accidentelles. L'histoire de Mazarine est une histoire accidentelle. Les paparazzi ne sont pas du tout sur la piste de Mazarine Pingeot. Ils sont sur la piste d'Isabelle Adjani et son chagrin d'amour. Et c'est une commerçante du quartier, par son fils, qui va les mettre sur la piste de Mazarine Pingeot. C'est donc le scoop accidentel qui devient un événement considérable.

 


L'histoire était connue. C'était d'ailleurs de bon ton de se la raconter dans les dîners en ville. Françoise Giroud, aux éditions Mazarine, en avait fait d'ailleurs une histoire qui a débouché sur un film. Et donc c'était quand même de bon ton de se raconter ça. Mais le grand public ignorait cette histoire-là. Les photos ont été prises en été, elles n'ont été publiées qu'à la Toussaint. Il y a eu un laps de temps, le temps de négocier un petit peu un accord tacite avec François Mitterrand. Qui a donné un feu vert sans le donner, mais tout en le donnant en disant : ‘la presse sait ce qu'elle a à faire’. Et dès lors, ça validait le désir ou le besoin qu'il avait lui-même de pouvoir présenter Mazarine, qui sortait de l'ombre, de l'obscurité, de la protection exagérée à la lumière", a raconté Patrick Mahé.

 

Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans “Sud Radio Média” avec Valérie Expert.

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