Louis Pérès : "dans cent ans on pourra refaire 'Germinal', et il sera contemporain"

Le comédien Louis Pérès était l'invité de Christine Bouillot et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 26 octobre 2021 dans "Le 10h - midi".

Louis Pérès
Louis Pérès, invité de Christine Bouillot dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

"Avant j’avais fait une série et deux films, mais plus petits. C’était ma première grosse production", a fait savoir Louis Pérès.

 

Louis Pérès : "on ne semble pas trouver les réponses dans le passé"

Y a-t-il des parallèles entre Germinal et les Gilets Jaunes ? "La première chose qui me choque, c’est les questions et les débats qui arrivent sans arrêt. Il est important que Germinal soit refait aujourd’hui. Mais dans cent ans on pourra encore le refaire, et il sera contemporain. C’est un peu triste car on ne semble pas trouver les réponses dans le passé. On pourrait essayer de construire sur ce qu’on a fait de mal avant…", a estimé Louis Pérès.

À l’heure où l’accident du samedi 23 octobre 2021, au cours duquel l’acteur Alec Baldwin a tué une personne et en a blessé une autre sur un tournage avec un fusil, ne cesse d’animer les esprits, Louis Pérès a expliqué comment est organisée la sécurité pour les scènes où un comédien est amené à tirer avec une arme. "Chez nous c’est quasiment impossible qu’un accident comme ça se passe. On tire d’abord à blanc pour vérifier que c’est à blanc. L’armurier revient ensuite, il nous fait tirer avant. Et ensuite, à l’instant T, on va prévenir tout le monde, et on va tirer.

 


Après ‘Germinal’ je suis parti au Maroc pendant trois mois pour tourner dans une série sur la guerre au Mali, pour OCS. Là on a vraiment beaucoup d’armes, et c’est pareil. Les armuriers peuvent être deux ou trois. C’est uniquement des armes à blanc. Quand on a enclenché le processus d’armes à blanc, on ne peut plus revenir en arrière, on ne peut plus tirer avec de vraies balles. C’est déjà une première sécurité mise en place. Ensuite, l’armurier demande au comédien : ‘as-tu déjà tiré avant’ ? Si la réponse est non, on va à 50 mètres et on tire ensemble, on fait un essai pour le son, parce que c’est très fort, un tir. L’armurier vérifie qu’il y a juste une douille qui part. On revient sur le plateau, l’armurier dit à tout le monde qu’on va tirer, ils vont dire ‘action’, et puis on exécute le tir," a raconté Louis Pérès.

"Les gens sont sortis les larmes aux yeux"

"Quand on joue Germinal, d’autant plus avec un réalisateur aussi exigeant que David Hourrègue, toutes les séquences sont importantes. Dans un épisode je remotive les mineurs à la grève, je fais un long discours. Ce long discours, on l’a fait de 21 heures à 7 heures du matin, dans le froid, il devait faire -5˚C, en pleine gadoue. Mais il y avait une telle énergie… Les figurants sur ce tournage se sont dépassés, c’étaient des acteurs à part entière. On était galvanisés les uns par les autres, on sentait qu’on y allait avec nos tripes. Et je sentais que ce n’était pas seulement moi qui faisais un discours, c’était eux qui étaient avec moi.

 


L’équipe de la série l’a présentée aux habitants du nord de la France, y compris d’anciens mineurs. Je n’étais pas là ce jour-là parce que je tournais, mais beaucoup de ces gens, je les connaissais, parce qu’on avait travaillé ensemble. Mais je sais que les gens sont sortis les larmes aux yeux. Et le plus beau compliment qu’on aurait pu nous faire, c’est un ancien mineur, qui s’appelle Aimable Patin, qui est sorti de la salle après avoir visionné les deux premiers épisodes et qui a dit : ‘là, j’ai bouffé du mineur’. Je suis acteur, je suis loin d’imaginer ce que c’est qu’être mineur. Et c’est un vrai plaisir quand c’est un vrai mineur qui vous le dit", a raconté Louis Pérès.


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Retrouvez l'invité média de Christine Bouillot et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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