Frédéric Dabi : "Les sondages ne sont ni une prédiction, ni une prophétie, ni un pronostic"

Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 31 janvier dans "Le 10h - midi". Il revient sur l'émission "Mission Convaincre", diffusée le 31 janvier 2022 à 20h45 sur LCI, et souligne notamment le rôle des sondages en politique.

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Frédéric Dabi, invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Les sondages en politique sont-ils fiables ? "Mission Convaincre", présentée par Ruth Elkrief et David Pujadas donne la parole aux abstentionnistes qui, pour la première fois, auront l'opportunité d'échanger longuement avec les candidats sur un plateau télévisé.

Frédéric Dabi : "Les sondages ne sont ni une prédiction, ni une prophétie, ni un pronostic"

Beaucoup de candidats à l'élection présidentielle dénoncent la fiabilité des sondages. Pour Frédéric Dabi, "ça fait partie du folklore traditionnel ! Chacun est dans son rôle, les candidats font campagne, les enquêtes d'opinion mesurent les fluctuations, les tendances des Français". Le directeur général de l’Ifop tient à rappeler ce qu'est une enquête d'opinion : "ce n'est ni une prédiction, ni une prophétie, ni un pronostic. C'est un rapport de forces au jour J sans avoir un caractère prédictif, insiste-t-il. Nous faisons nos enquêtes tous les jours, mais il y a des candidats qui ne seront peut-être pas sur la ligne de départ et d'autres qui se déclareront un peu plus tard. Plus on se rapprochera du 24 avril, plus, j'espère, les tendances observées se vérifieront comme ça avait bien fonctionné dans le rolling 2017 et le rolling 2012".

L'émission "Mission Convaincre" s'intéressera au rôle des abstentionnistes. "L'angle de cette émission est original et pertinent, estime Frédéric Dabi. On se focalise peut-être trop souvent sur la course des petits chevaux, sur les rapports de force électoraux aujourd'hui. On néglige le fait que la première question qu'il faut se poser c'est : 'est-ce que les Français vont aller voter ?' Cette question n'est pas anodine alors même que traditionnellement les Français votent massivement à cette élection. Nous sommes dans un contexte abstentionniste jamais vu depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron". Parmi les catégories qui expriment le moins le vote, "on trouve les jeunes, les catégories populaires, les personnes qui n'ont pas de diplôme, celles qui ne sont pas intéressées par la vie politique, souligne-t-il. Aujourd'hui, politiquement, ce sont les électeurs de gauche qui voteraient moins que la moyenne".

"L'abstentionnisme est un problème de fond !"

Qu'est-ce qui convaincrait les abstentionnistes pour aller voter ? "Le fait d'aller voter est très indexé sur la campagne, précise Frédéric Dabi. Est-ce qu'on abordera les vrais sujets ? Il y a une crainte que le contexte Covid gâche voire tronque la campagne". Concernant le vote à distance, s'il reconnaît que "ça pourrait peut-être drainer quelques votes supplémentaires", il estime qu'on "n'est pas sur la forme mais plutôt sur du fond. Une logique de ramener les Français notamment les jeunes aux urnes". D'après lui, "l'abstention n'est pas une question de moyen mais plutôt une question de fond".

Par ailleurs, "sur la question du vote à distance, du vote internet, il y a des craintes dans un contexte où le complotisme a de beaux jours devant lui. Si on met à mal le rite de l'isoloir, du choix seul, isolé, ça peut créer de la suspicion". Frédéric Dabi souligne par ailleurs "qu'il n'y a pas qu'un seul motif d'abstention. Certaines personnes ne vont plus voter du tout, d'autres qui ont voté jusqu'en 2017 mais qui ne veulent plus voter. L'idée de l'émission est de voir ce qui pourrait convaincre ces abstentionnistes de retourner aux urnes".

 

 

Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans le 10h - midi Sud Radio avec Valérie Expert.

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