Bruno Solo : "l'Histoire, ça ne peut être que passionnant"

Le comédien, réalisateur et producteur Bruno Solo était l'invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 12 octobre 2021 dans "Le 10h - midi".

Bruno Solo livre Visiteurs d'histoire
Bruno Solo, /

Le livre de Bruno Solo "Les visiteurs d'Histoire : Quand l'histoire de France s'invite chez moi" vient de paraître aux Éditions du Rocher.

 

Bruno Solo : "C’est un dîner fantasmé avec onze personnages qui ont marqué l’Histoire mais qui sont mal connus"

"L’idée du livre m’est venue il y a 2,5-3 ans. Mais le thème, je l’ai trouvé pendant le confinement. Je me suis servi du malheur qui nous a frappés pour en faire une bonne œuvre littéraire, j’espère. J’ai imaginé une sorte de dîner fantasmé avec onze personnages qui ont marqué l’histoire mais qui sont mal connus, comme Clovis, Georges Mandel, Christine de Pizan ou encore René-Robert Cavelier de La Salle.

J’ai décidé de les inviter à ma table sans gestes barrière. Ils sont autour de moi, je les reçois les uns après les autres, ils se côtoient, ils échangent aussi entre eux. Et moi, je leur pose des questions en m’appuyant sur des recherches. La documentation historique a été faite par des gens qui m’ont aidé, parce que moi, évidemment, je ne suis pas chercheur, je ne suis pas historien."

 

"Née en 1380, Christine de Pizan a été la première femme en France à vivre de ses écrits"

"Georges Mandel, c’est fascinant, car c’est l’homme qui a donné au général de Gaulle l’énergie pour partir à Londres. Car c’est lui, Georges Mandel, qui était attendu par Winston Churchill à Londres. Et Georges Mandel a dit à de Gaulle : 'si moi, je vais, je serai toujours le juif qui a fui la France. Vous êtes un nom nouveau'.

Mais celui, ou plutôt celle, qui me fascine le plus, c’est Christine de Pizan. Une femme née en 1380, qui a été la première femme en France à vivre de ses écrits. Philosophe, militante féministe comme le féminisme pouvait l’être à cette époque-là, soumis au patriarcat beaucoup plus qu’il ne l’est aujourd’hui. Je suis émerveillé par la délicatesse et le courage de cette femme qui s’est battue toute sa vie pour exister au milieu d’hommes qui la méprisaient.

 


J’adore aussi René-Robert Cavelier de La Salle, qui est un grand mythomane, un baratineur, qui a fait découvrir la Louisiane, qui a pris de l’argent à Colbert, à Louis XIV d’une manière éhontée… mais qui est tellement drôle, ce Don Quichotte sans idéal. En m’appuyant sur des faits historiques, j’en fais un personnage comique", a poursuivi Bruno Solo.

"L’Histoire, c’est éclairer notre époque d’une manière ludique"

"L’Histoire, c’est surtout des histoires. Quand on est petit, on aime qu’on nous raconte des histoires. L’Histoire, ça ne peut être que passionnant dès lors que c’est dit avec fièvre. Je pense vraiment que la fièvre du langage l’emporte sur tout, et qu’autrement les discussions sont des bavardages. Et l’Histoire, c’est tout sauf des bavardages. C’est éclairer notre époque d’une manière ludique.

On ne revisite pas l’Histoire, on la visite. Et quand on la visite, on y amène aussi un peu de soi. Et on doit être objectif vis-à-vis de périodes qui ont été plus ou moins fantasmées ou idéalisées. Parler d’Histoire, ça soumet chacun d’entre nous à un débat. Et le débat, c’est essentiel pour faire avancer notre société. L’Histoire n’est pas figée", a déclaré Bruno Solo.

 

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