Bruno Putzulu : "Les gens n'imaginent pas combien chez un comédien il y a de la solitude"

Bruno Putzulu, à l'affiche en ce moment de la pièce Les Ritals au théâtre de la Scène Parisienne était l’invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le mardi 21 janvier dans "Le 10h - midi".

Bruno Putzulu invité de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Une biographie anticipée

Bruno Putzulu s'est engagé dans l'adaptation. Comme pour exalter ses origines sardes, il a mis en scène avec son frère, Mario Putzulu, le roman de Cavanna, Les Ritals. Un retour aux sources et un hommage à son père disparu il y a quatre ans. "J'ai commencé à écrire sur lui. Un jour, on m'a proposé de faire une lecture d'un quart d'heure avec un accordéoniste sur Les Ritals et quand j'ai lu, je me suis dit je vais lire le roman", explique-t-il. Le constat est clair pour l'acteur : "Cavanna écrit beaucoup mieux que moi, et ça parle aussi de papa". Bruno Putzulu a alors adapté le roman après avoir "demandé les droits à la famille, à l'éditeur, puis à mon frère de faire la mise en scène. Il y a eu un succès à Avignon, et ça s'est mis en route", se souvient-il.

 

Le choix de ce roman n'est pas anodin. Paru en 1978, il eut à sa sortie un gros succès. "J'ai souvenir de mes deux grands frères qui l'avaient lu", témoigne le comédien. "C'est un livre tendre", estime-t-il, jugeant cette œuvre comme "la chose la plus importante depuis que je fais du théâtre". Et effectivement, Bruno Putzulu ne fait pas les choses à moitié. "Je mets toutes mes forces pour la promo, c'est un projet fait juste sur une envie, avec des bouts de ficelle, et peu à peu, le spectacle plaît, prend forme, c'est mon bébé", raconte-t-il. Le comédien témoigne du temps passé à adapter ce livre, "la grande partie du travail c'est d'apprendre le texte par cœur. Les gens n'imaginent pas combien chez un comédien il y a de la solitude pour arriver à bout d'un texte".

 

Des souvenirs d'enfance qui trouvent un écho contemporain

"Le dimanche matin quand il fait beau, et que papa n'a pas de jardin de bourgeois à l’évêché, il répare des mètres", récite Bruno Putzulu, les premiers mots de la pièce de théâtre. Loin de lui l'envie de faire un best of de l'œuvre de Cavanna, "j'ai choisi des extraits de façon à faire une continuité, ce qu'il n'y a peut-être pas dans le roman", explique-t-il. "C'est certainement l'un des romans les plus beaux sur l'enfance, la relation d'un petit garçon avec son père. C'est universel, c'est là le tour de force de Cavanna", juge le comédien qui voit dans l'histoire de Cavanna différents points communs avec la sienne.

"Mon père s'appelait Giovanni, en France il se faisait appeler Jean. Le père de Cavanna c'était Luigi et il se faisait appeler Louis", compare l'acteur. Pourtant leurs parents ont toujours nié avoir connu le racisme, "ce sont des gens qui sont arrivés en France et qui cherchaient à se fondre dans la masse", se souvient le comédien. Pas d'italien à la maison et pas d'évocation du racisme et pourtant... "Quand j'ai travaillé à l'usine, il y a des ouvriers qui m'ont dit que ce n'était pas facile pour mon père au début dans l'usine à cause du racisme", témoigne Bruno Putzulu qui retrouve également cette histoire dans le livre de François Cavanna. Un message qui trouve son écho aujourd'hui, "l'étranger change de nationalité, il est souvent pointé du doigt, surtout en période de chômage qui rode", estime-t-il, en précisant qu'il faut "garder ses particularités sans qu'elles ne nous empêchent de respecter les gens".

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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