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Trafic de drogue : Sabrina Agresti-Roubache favorable à des "tribunaux spéciaux"

Par Aurélie Giraud

Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d'État chargée de la Citoyenneté et de la Ville, était “L’invitée politique” sur Sud Radio.

Sabrina Agresti-Roubache trafic de drogue
Sabrina Agresti-Roubache, interviewée par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 6 mars, dans “L’invité politique”.

Trafic de drogue, prévention de la délinquance, sécurité dans les quartiers : Sabrina Agresti-Roubache a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

 

Drogue : "Il faut des tribunaux spéciaux" pour les trafiquants

Le procureur de Marseille demande des tribunaux spéciaux pour juger les trafiquants de drogue. "Je suis d'accord, j'en avais déjà parlé avec lui la semaine dernière" déclare Sabrina Agresti-Roubache. Elle précise toutefois que "c'est au Garde des Sceaux de répondre en réalité à cette question". "J'avais dit sur Sud Radio 'pas de consommateur, pas de dealer', on m'était tombé dessus. Donc je dis pas de consommateur, d'accord, mais il faut travailler alors sur les conduites addictives et sur la prévention de la délinquance. Le but c'est d'empêcher que ça arrive".

"Le trafic de drogue bat des records en France mais aussi dans le monde" souligne Sabrina Agresti-Roubache. "Dès lors que l'argent est sorti du quartier, on a beaucoup de mal à le retracer". "Il faut revenir à la base du trafic, c'est-à-dire dans le quartier". "Je travaille avec le Garde des Sceaux sur le sujet des repentis de manière globale avec un projet de loi". "Je vais faire avec lui un statut du repenti pour les mamans nourrices, qui gardent majoritairement de manière contrainte la drogue pour les trafiquants". Ensuite "il faut de l'information. Pour libérer la parole, il faut faire un statut protecteur pour les gens qui veulent parler".

Enfants pris par les trafiquants : "Oui, c'est de la traite d'êtres humains"

Le procureur de la République de Marseille demande également l'ouverture d'une enquête pour "traite d'êtres humains" concernant des jeunes recrutés par les réseaux sociaux pour servir de main-d'œuvre au trafic de drogue à Marseille. "Je suis d'accord" affirme Sabrina Agresti-Roubache. "Des enfants de plus en plus jeunes sont pris par des réseaux de trafiquants de drogue sans foi ni loi et c'est de pire en pire. C'est de la chair à canon pour le trafic de drogue !" fustige-t-elle. "Ils créent des dettes fictives chez les familles pour pouvoir utiliser les filles à la prostitution et les garçons en bas pour faire le 'chouf'".

"Oui c'est de la traite d'êtres humains". La secrétaire d'État chargée de la Citoyenneté et de la Ville est "tellement révoltée" qu'elle souhaite "aller au-delà". "Le législatif peut nous permettre au moins de réfléchir. Je crois beaucoup au travail du Parlement sur le sujet. Les députés doivent se saisir de ce sujet gravissime et travailler avec l'exécutif". "Le Garde des Sceaux, j'en suis sûre, portera ça de manière parfaite et hyper efficace".

"La République n'abandonnera jamais aucun quartier !"

Dans le quartier du Chemin-Bas d'Avignon à Nîmes, un homme a été tué devant son fils de 8 ans il y a 2 semaines. La violence liée au trafic de drogue est quotidienne, jour et nuit. Les habitants veulent fuir le quartier, les parents hésitent à envoyer leurs enfants à l'école. Les commerces ferment, les professeurs se mettent en arrêt maladie. Comment vivre encore dans ce quartier ? Sabrina Agresti-Roubache assure que "l'État, la République, n'abandonnera jamais aucun quartier !". Les habitants réclament l'intervention de l'armée. "L'armée est faite pour nous défendre de l'extérieur. À l'intérieur, la police et la gendarmerie sont là pour ça".

Comment reprendre la main ? "Nous allons mettre des moyens massifs, comme on l'a fait sur Marseille, pour pilonner les points de deal" affirme Sabrina Agresti-Roubache. C'est-à-dire "mettre des effectifs de police inédits dans un endroit, un quartier qui a des problèmes exceptionnellement difficiles. On met la CRS 81". "On met de la sécurité de partout, du bleu, c'est la première chose". Ensuite, "il faut réinvestir l'école, avec un soutien massif à ces professeurs. Avec des brigades académiques mobiles pour tous ceux qui se sentent en danger". "C'est un package. Il faut tout aborder de manière holistique".

 

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