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"Manouchian n'est pas l'otage d'un parti politique", affirme Sébastien Chenu

Par Adélaïde Motte

"Manouchian n'est pas l'otage d'un parti politique" selon Sébastien Chenu, député du Nord et vice-président du RN, vice-président de l'Assemblée nationale. Il était “L’invité(e) politique” sur Sud Radio. 

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Sébastien Chenu interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 21 février 2024, dans “L’invité politique”.

Entrée de Missak Manouchian au Panthéon et présence du Rassemblement National, enquête concernant l'imam Mahjoub Mahjoubi, place du Rassemblement National dans le débat public : Sébastien Chenu a répondu aux questions de Patrick Roger.

 

"Manouchian n'est pas l'otage d'un parti politique"

L'entrée de Manouchian au Panthéon a lieu aujourd'hui, et le Rassemblement National a prévu d'y être, ce qui fait scandale dans la classe politique. Un scandale disproportionné, selon Sébastien Chenu. "Il y a des sujets qui sont largement sur-traités par les politiques et sous-traités par les Français", élude-t-il. "Nous nous déplaçons parce que nous sommes invités, c'est un hommage national, si dans un hommage national on considère que Marine Le Pen n'est pas la bienvenue on fait un hommage pour gens qui pensent comme Emmanuel Macron, et ce n'est plus un hommage national." "Je regrette que le Président de la République ne cherche pas à unir les Français, mais il ne l'a jamais fait." Le Rassemblement National ne fait-il pas la même chose ? "Qu'on critique le président de la République quand on est dans l'opposition c'est normal", en revanche, explique Sébastien Chenu, "Emmanuel Macron a sans arrêt divisé les Français, je pense que ça en dit long sur le cynisme d'Emmanuel Macron."

 

 

Au vu de son histoire, la présence du Rassemblement National n'est-elle pas indécente à l'hommage d'un résistant communiste ? "Manouchian n'est pas l'otage d'un parti politique, il a été un grand résistant", réfute Sébastien Chenu, qui rappelle que les élus communistes ont eux-mêmes une histoire peu glorieuse. "La semaine dernière, les élus communistes se sont abstenus sur une résolution concernant le nettoyage ethnique qui pourrait être fait dans le Haut-Karabakh. Il faut savoir balayer devant sa porte." "Quand le parti communiste propose une résolution qualifiant l'État d'Israël d'État d'apartheid, on ne leur pose pas la question toutes les semaines." "Aujourd'hui l'Humanité fait une Une sur Manouchian, mais il faisait une Une sur Staline quand il est mort. Le parti communiste s'appelle toujours le parti communiste, il a un héritage un peu lourd." Quant au Rassemblement National, "le Front National s'est créé en 1972, il a agrégé un certain nombre de gens qui avaient fait des choix différents. Il y avait aussi d'authentiques résistants, ces gens se sont réunis, ils étaient des résistants à l'Union soviétique qui avançait." "L'idée de nazifier ses adversaires politiques n'est pas acceptable, on devrait dans le débat politique ne jamais instrumentaliser la Shoah, ça banalise les choses."

"Les députés du Rassemblement National ont joué leur rôle"

Alors que l'enquête sur les prêches ultra-radicaux de l'imam Mahjoub Mahjoubi est en cours, un député RN lui a proposé un billet d'avion pour quitter la France. Si le geste ne convainc pas vraiment Sébastien Chenu, "ça dit ce que nous souhaitons, ça souligne la faiblesse de la réponse de l'État." "Son discours a été mis en exergue par des députés du Rassemblement National, s'ils ne l'avaient pas fait peut-être que Gérald Darmanin aurait détourné le regard. Les députés du Rassemblement National ont joué leur rôle de lanceur d'alerte et c'est tout à leur honneur." Gérald Darmanin, en revanche, ne joue pas le sien. "Qui a-t-il exclu ? Il faut faire évoluer le droit, il faut faire changer le droit", appelle Sébastien Chenu, qui qualifie la loi sur l'immigration de "minable." "C'est tout petit, ça allume un signal que oui, on a compris qu'il fallait aller dans ce sens-là. Le Conseil constitutionnel l'a ensuite abîmée un peu plus et l'a vidée de son sens."

 

 

Le Rassemblement National a néanmoins voté cette loi car "à chaque fois que nous considérons que quelque chose va dans le bon sens, si petit soit-il, nous le votons." Cela ne signifie pas pour autant que le parti travaille avec la majorité. "Nous soutenons des textes de tous les groupes politiques, j'ai soutenu des amendements de la gauche, des LR et de la majorité, ça ne veut pas dire que je travaille avec eux. C'est du bon sens, c'est l'inverse du sectarisme, c'est même ce que demandent les Français." Cette position du Rassemblement National est stable, contrairement à celle du gouvernement. "Un jour il invite Jordan Bardella, ensuite il ne faut pas parler au Rassemblement National. Le président de la République, ou ne sait pas où il habite, ou s'amuse. À chaque fois il corrige les propos de ses Premiers ministres pour des raisons totalement opposées."

 

"Nous considérons que l'immigration est un défi majeur de notre société"

Le Rassemblement National souhaite des États généraux de l'immigration. Sébastien Chenu rappelle que cet exercice "nourrissait le débat politique, ça confrontait des points de vue sur ce qu'on appelle les grands défis de la société. Nous, nous considérons que l'immigration est un défi majeur de notre société." Quelle forme cela prendrait-il ? "Il faut être très ouvert, s'affranchir de la tutelle des partis politiques", d'autant plus que "l'immigration ça fait consensus, une majorité de Français aujourd'hui dit qu'il faut moins d'immigration, dans tous les sondages." Sébastien Chenu affirme également que les Français sont prêts à réduire l'immigration économique. Pour résoudre les difficultés de main d'oeuvre, il faut résoudre "la question du logement, des salaires, du transport", sinon "on se met dans des impasses."

 

 

Jordan Bardella a récemment reçu une médaille à l'occasion de sa visite à une unité policière. Gérald Darmanin a demandé une enquête pour s'assurer que la neutralité de la fonction publique a été respectée. "Dès que le Rassemblement National bouge une oreille, Gérald Darmanin ouvre une enquête", raille Sébastien Chenu, qui précise que les fonctionnaires "ont demandé les autorisations préfectorales." "Je rêve qu'un jour ce soit un ministre du Rassemblement National qui remette une médaille aux CRS" car "nous saurons reconnaître leurs efforts." Enfin, faut-il retravailler le droit de grève ? "Je ne suis pas pour qu'on remette en cause le droit de grève", précise Sébastien Chenu, mais "il n'y a pas de tabous, on peut imaginer qu'il y ait des jours." Le tout "à une condition, c'est que ça se fasse avec les partenaires sociaux, il ne faut pas que ce soit à la main du gouvernement." Or, "ce n'est pas exactement ce qu'il y a dans le texte qui est proposé."

 

 

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h30 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin

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