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Législatives : Emmanuel Macron "ne démissionnera pas", assure Aurore Bergé

Par Jean Baptiste Giraud

"Le Président de la République ne démissionnera pas" après les élections législatives selon Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Elle était “L’invitée politique” sur Sud Radio. 

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Aurore Bergé interviewée par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 27 juin 2024, dans “L’invité politique”.

Les élections législatives en France, la montée du RN, les actes homophobes, racistes et antisémites, le risque pour les femmes... Aurore Bergé a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

Législatives 2024 : "Je ne voterai ni appellerai à voter pour le Rassemblement National"

À trois jours seulement du premier tour des élections législatives de 2024, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, ne se prononce pas sur les indications de vote pour le second tour. "C’est une décision, en vérité, qu’on va prendre au soir du premier tour" des législatives, explique la ministre qui ne dit donc pas de ne pas voter RN ou de ne pas voter LFI aujourd’hui.

"Ce que je sais, c’est que moi, évidemment, je ne voterai ni appellerai à voter pour le Rassemblement National", précise Aurore Bergé qui rappelle que son engagement politiqué est né lorsque Jean-Marie Le Pen, à la tête du Front National, est arrivé au second tour de la Présidentielle de 2002. Toutefois, elle attaque aussi La France Insoumise qui, selon elle, aurait "un certain nombre de candidats" qui "ne valent pas mieux".

Si elle ne pense pas que "l’extrême-droite a changé" malgré une tentative de dédiabolisation, "derrière le vernis, le programme est le même", le changement vient de La France Insoumise avec des candidats qui ont des propos "qui sont pour moi antisémites" et qui, de fait, n’appartiennent pas à "l’arc républicain".

"Le chef des Armées, dans notre Constitution, c’est le président de la République"

Marine Le Pen a créé la polémique en déclarant que s’il y a cohabitation, le titre de "Chef des Armées" d’Emmanuel Macron, titre qu’il a en tant que président de la République, ne serait qu’honorifique. Une déclaration "qui est grave", explique Aurore Bergé. "Le chef des Armées, dans notre Constitution, c’est le président de la République. Ça n’est en rien honorifique."

Le président de la République "pilote nos forces armées, l’engagement de nos forces armées dans des opérations extérieures, par exemple. Et c’est lui qui peut décider, évidemment, de l’engagement même de la force nucléaire."

Selon la candidate Ensemble Pour la République dans la 10e circonscription des Yvelines, le RN tente de "reléguer" Emmanuel Macron au second plan, "comme s’il appartenait déjà au passé".

Quant à la possible démission de Macron en cas de défaite aux législatives, Aurore Bergé rejette l’idée : "le président de la République restera président de la République". "Le président de la République ne démissionnera pas, contrairement aux théories complotistes qu’on entend."

Il y a "une forme de libération de la parole raciste, de la parole homophobe, de crimes antisémites"

La parole antisémite, raciste ou encore homophobe semble se libérer en France. Le gouvernement a donc dissout en Conseil des ministres plusieurs groupuscules islamistes ou encore d’extrême-droite, dont le célèbre GUD dont certains membres sont des proches du Rassemblement National et de ses cadres. Ces groupuscules "sont contraires à toutes les valeurs qu’on défend", explique la ministre.

"On voit depuis deux semaines", soit depuis la victoire du RN aux Européennes, qu’il y a "une forme de libération de la parole raciste, de la parole homophobe, de crimes antisémites". Une situation qui l’inquiète, dit-elle, et qui "devrait interpeller tous les Français". Aujourd’hui, analyse Aurore Bergé, "des gens se sentent autorisés à déverser des paroles de haine parce qu’ils se disent qu’en fonction de celui ou celle qui sera au pouvoir, finalement il y a comme une autorisation à le faire".

"Je ne veux pas que cette parole se libère. Et au-delà de la parole, que des actes aient lieu dans notre pays." Elle rappelle que "le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme sont des délits qui sont punissables par la loi".

Le RN est "le groupe qui a le moins voté pour" l’entrée du droit à l’IVG dans la Constitution

L’une des craintes qui accompagne la possible arrivée au pouvoir du Rassemblement National et de l’extrême-droite, c’est un recul des droits des femmes en France. C’est une des raisons qui a poussé Aurore Bergé à demander la constitutionnalisation de l’IVG en France, afin de limiter les risques que l’IVG soit remise en question dans le pays. Il fallait "mettre à un moment des garde-fous", explique-t-elle. Objectif : dire à l’extrême-droite que "ça, vous ne pourrez pas y toucher".

La ministre rappelle que le RN est "le groupe qui a le moins voté pour" l’entrée du droit à l’IVG dans la Constitution française. "On a Caroline Parmentier, par exemple, qui a redit chez un de vos confrères qu'elle, jamais elle n’aurait voté la loi Veil" et n’a pas voté la constitutionnalisation. Caroline Parmentier fait partie des personnes les plus proches de Marine Le Pen depuis des années. Le RN a également refusé "d’inscrire l’IVG dans la Charte européenne des droits fondamentaux". La Hongrie, la Pologne ou encore l’Italie, où l’extrême-droite est au pouvoir, limitent ou tentent de limiter l’accès à l’IVG pour les femmes.

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h30 dans le Grand Matin Sud Radio avec Jean-Jacques Bourdin

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