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Julien Odoul : "Macron est responsable et coupable de la montée de l'antisémitisme"

INTERVIEW SUD RADIO - la loi Yadan contre l'antisémitisme, les prix des carburants : Julien Odoul, député de l'Yonne et porte-parole du RN, était “L’invité politique” sur Sud Radio. 

Julien Odoul, loi Yadan, Macron, antisémitisme
Julien Odoul, interviewé par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 16 avril 2026, dans “L’invité politique”.


Loi Yadan : "cette loi cherche à occulter la responsabilité de la Macronie dans l'explosion des chiffres de l'antisémitisme". Au micro de Sud Radio, Julien Odoul a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

"La lutte contre l'antisémitisme, ça ne passe pas par une loi"

Jean-François Achilli : Est-ce que les députés du Rassemblement national et vous-même allez voter en faveur de la proposition de loi défendue par la députée Caroline Yadan, qui vise à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ?

Julien Odoul : "Alors déjà, il faut parler de cette loi. Il y a un problème de forme puisque cette loi cherche à occulter la responsabilité écrasante, terrifiante de la Macronie dans l'explosion des chiffres de l'antisémitisme et dans la mise en insécurité de nos compatriotes de confession juive."

Jean-François Achilli : Comment ça, de la Macronie ?

Julien Odoul : "Le comportement des macronistes, notamment l'alliance avec LFI en 2024 et l'élection de plusieurs députés antisémites, c'est la responsabilité d'Emmanuel Macron et de Gabriel Attal. Des symboles extrêmement lourds comme le refus de participer à la marche contre l'antisémitisme, des propos assez délirants, des revirements sur notre soutien à l'État d'Israël et puis la reconnaissance de l'État de Palestine qui serait aujourd'hui un État dirigé par le Hamas."

"Donc très clairement, on ne peut pas faire oublier cette politique-là avec une petite loi cosmétique qui cherche à mettre en scène la lutte contre l'antisémitisme. La lutte contre l'antisémitisme, ça ne passe pas par une loi, ça passe par des politiques claires de lutte contre l'immigration et de lutte contre l'islamisme."

Jean-François Achilli : Vous êtes en train de nous dire ce matin qu'Emmanuel Macron serait à vos yeux responsable de la montée de l'antisémitisme en France ?

Julien Odoul : "Il est responsable et coupable. Effectivement, il est coupable puisqu'il a toujours refusé systématiquement de lutter contre le principal danger pour nos compatriotes de confession juive, qui est l'islamisme. Tous les réseaux islamistes qui mettent une cible dans le dos en permanence aux juifs de France. Rappelez-vous en 2017, quand il a été élu pour la première fois, c'était après un attentat islamiste. Il avait dit : « Je ne vais pas inventer un programme de lutte contre le terrorisme dans la nuit. » Ça fait dix ans qu'il n'a rien inventé et qu'il a été extrêmement lâche dans la lutte contre un ennemi existentiel."

"Les amis de Jean-Luc Mélenchon font de l'antisionisme, qui est de l'antisémitisme"

Jean-François Achilli : Donc jusqu’à aujourd’hui le RN accusait LFI, désormais la nouvelle ligne, c’est la faute à Macron ?

Julien Odoul : "Mais les deux sont liés, malheureusement. Alors, vous avez effectivement un parti antisémite, passionnément antisémite, qui est la France insoumise, les amis de Jean-Luc Mélenchon, qui font de l’antisémitisme un carburant électoral, avec des propos nauséabonds, qui font à la fois de l’antisionisme, qui est de l’antisémitisme, en faisant des parallèles scandaleux et en essentialisant les juifs de France. Et puis vous avez ceux qui les portent sur leurs épaules, parce que s’ils sont aussi nombreux à l’Assemblée nationale, c’est parce que certains les ont fait élire, c’est parce que les macronistes se sont désistés en 2024."

Jean-François Achilli : C’est grave ce que vous dites quand même, d’accuser le président de la République de faire monter l’antisémitisme dans ce pays.

Julien Odoul : "Ce qui est grave, ce sont les politiques, ce sont les politiques qui ont été menées, et ce sont les choix d’Emmanuel Macron, de Gabriel Attal et des macronistes, qui ont préféré se désister pour faire barrage au Rassemblement national et faire élire des députés racistes, antisémites et communautaristes."

Jean-François Achilli : Donc c’est non à cette loi ?

Julien Odoul : "Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a beaucoup d’illusions avec cette loi. C’est qu’elle a été très mal engagée. C’est qu’elle a été très mal construite. Déjà, on verra si elle est finalement votée, parce que ce n’est même pas sûr."

Jean-François Achilli : Elle sera discutée quand ?

Julien Odoul : "Aujourd’hui, demain, on ne sait pas. Aujourd’hui ou demain soir, mais peut-être qu’elle ne sera jamais discutée, finalement."

Jean-François Achilli : Vous regrettez cette décision prise par la commission des lois de ne pas porter dans l’hémicycle cette pétition qui a dépassé les 700 000 signatures ?

Julien Odoul : "Non, c’est une bonne nouvelle. C’est une bonne nouvelle, puisque cette pétition a été un outil de la France insoumise."

Jean-François Achilli : Je croyais que le RN était favorable aux consultations populaires, vous aimiez ça ?

Julien Odoul : "Mais bien sûr, mais vous voyez que l’objet de cette pétition a été d’attiser la haine, la stigmatisation, la division. On le voit notamment avec certaines manifestations devant des permanences. Je pense à celle qui devait se tenir devant la permanence de Jérôme Guedj, avec « virer les antisionistes, virer les sionistes », ce qui signifie virer les juifs, tout simplement."

Jean-François Achilli : Je rappelle que vous êtes vice-président du groupe d’amitié France-Israël. On ne sait pas si elle sera votée ou pas, d’accord, mais si elle est votée, vous votez quoi ?

Julien Odoul : "Encore une fois, moi je vous dis, sur le fond, la loi ne permettra pas de faire reculer la haine des juifs en France."

Jean-François Achilli : Une dernière question. Marine Le Pen, qui a été discrètement reçue par Joshua Zarka, l’ambassadeur d’Israël en France, plutôt une bonne relation. Elle ne vous a pas donné d’instructions concernant le vote ?

Julien Odoul : "Il est tout à fait normal que la présidente du premier groupe à l’Assemblée nationale, qui sera peut-être dans un an présidente de la République française, puisse rencontrer des responsables, des ambassadeurs, des dirigeants de pays amis, alliés. C’est tout à fait légitime. Ça n’effraie que quelques gauchistes, quelques extrémistes qui voient encore une fois que le Rassemblement national parle à tout le monde et essaie d’entretenir de bonnes relations avec nos alliés dans la région."

"On ne peut plus continuer à verser des milliards d’euros à l’Ukraine"

Jean-François Achilli : Les carburants. Le gouvernement veut encadrer les marges sur les distributeurs. Vous le soutenez ou pas là-dessus ?

Julien Odoul : "Ce sont des mesurettes. C’est l’aumône que le gouvernement propose. Le gouvernement doit baisser les taxes. Il n’y a pas d’autre mesure. Il peut essayer de financer, il peut essayer de bidouiller, mais il faut baisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, mais finalement sur toutes les énergies, pour que les énergies deviennent des produits accessibles."

Jean-François Achilli : Ça coûte plusieurs milliards d’euros dans les caisses de l’État.

Julien Odoul : "Vous savez, quand on est capable de verser 18 milliards d’euros à l’Ukraine sous forme de dons, parce qu’on nous parle de prêts, mais quand un prêt n’est pas remboursé, ça s’appelle un don, quand vous avez 18 milliards d’euros qui sont provisionnés pour aller en Ukraine, on est capable de faire des économies avec une baisse de TVA et de rendre de l’argent aux Français."

Jean-François Achilli : Donc il ne faut plus aider l’Ukraine ?

Julien Odoul : "Il faut soutenir l’Ukraine, on l’a toujours fait. On l’a soutenue d’un point de vue humanitaire. Donc on n’a pas de leçons à recevoir en matière de soutien à l’Ukraine. En revanche, on le dit, compte tenu de la situation économique et sociale, on ne peut plus continuer à verser des milliards d’euros à l’Ukraine. Ces milliards doivent revenir aux Français, notamment pour aider leur pouvoir d’achat avec une baisse des taxes sur les carburants."

Jean-François Achilli : Les ZFE, puisqu’on parle d’automobile, pourquoi ne pas miser sur le véhicule électrique français, sur le développement durable ?

Julien Odoul : "Je pense que la France, depuis 30 à 40 ans, est à la pointe de la transition énergétique. On est l’un des pays les plus vertueux du monde. On représente entre 0,7 et 0,9 % des émissions de gaz à effet de serre. Donc on en a marre de stigmatiser les Français qui ont un véhicule thermique, qui roulent au diesel. Ce ne sont pas eux les responsables de la pollution."

Jean-François Achilli : Le travail le 1er mai. Sébastien Lecornu annonce que les boulangers et les fleuristes seront reçus à Matignon cette semaine. Il y aura des propositions faites pour, peut-être, dans quinze jours. C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Julien Odoul : "Alors c’est quand même assez incroyable. Sur une mesure qui fait consensus, 75 % des Français selon un dernier sondage sont favorables au travail le 1er mai, et vous avez un gouvernement qui tergiverse, qui est tétanisé, qui recule, qui avance, qui ne sait pas quoi faire. On a l’impression que le Premier ministre, ce n’est pas monsieur Lecornu, mais c’est Olivier Faure du Parti socialiste."

"Vous avez toujours effectivement une volonté de certains de nous persécuter financièrement"

Jean-François Achilli : Sébastien Lecornu demande aux Républicains une clarification vis-à-vis du RN.

Julien Odoul : On a bien compris que monsieur Lecornu était partisan de l’alliance avec la gauche. Et on a bien compris que certains préfèrent pactiser avec la gauche, préfèrent s’unir avec des macronistes plutôt que de défendre les intérêts de leurs électeurs, qui eux, dans leur immense majorité, veulent l’alliance avec le Rassemblement national. Aujourd’hui, il y a besoin de se rassembler autour de nos valeurs, de nos convictions, pour faire gagner la France. Et ça passera par le rassemblement autour de Marine Le Pen, autour de Jordan Bardella.

Jean-François Achilli : C’est toujours le plafond de verre ?

Julien Odoul : Non, il n’y a pas de plafond de verre. Regardez, on est le premier groupe à l’Assemblée nationale. On est crédités à 35 % au premier tour de la prochaine élection présidentielle.

Jean-François Achilli : Les banques ne veulent pas vous prêter d’argent pour la campagne présidentielle.

Julien Odoul : "Vous avez toujours effectivement une volonté de certains de nous persécuter financièrement, de nous barrer la route financièrement. Ça, c’est une réalité. Mais je le dis, cela ne nous arrêtera pas."

Jean-François Achilli : Le Medef reçoit le RN mais se justifie en disant que le patronat n’est pas pro-RN.

Julien Odoul : "Parce que certains mettent une pression lamentable, antidémocratique. Il est tout à fait normal que, dans une démocratie, les dirigeants du premier parti de France puissent rencontrer les chefs d’entreprise, puissent rencontrer les syndicats, puissent discuter de leurs propositions."

Jean-François Achilli : Certains patrons sont inquiets de votre vision jugée étatiste.

Julien Odoul : "Si j’en crois un grand nombre de grands patrons que nous avons rencontrés, il y a une attente après dix ans de macronisme. Ces dix ans ont fait énormément de mal à la compétitivité des entreprises, à l’économie française, avec le creusement de la dette. Nous ne sommes pas étatistes. On souhaite que l’État soit à sa place, notamment sur le régalien. Nous souhaitons au contraire laisser beaucoup de liberté, desserrer le corset des normes, des contraintes, de la fiscalité, pour les entreprises, pour libérer le travail, faciliter les embauches, baisser les charges."

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio

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