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Julien Odoul (RN) : "L'expulsion de Xenia Fedorova est une bonne chose"

Par Aurélie Giraud

ENTRETIEN SUD RADIO - Les incendies, l'écologie, la présidentielle, Xenia Fedorova : Julien Odoul, député RN de l'Yonne, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

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Julien Odoul, interviewé par Benjamin Glaise sur Sud Radio, le 30 juillet 2026, dans “L’invité politique”.

Expulsion de Xenia Fedorova : "Tous les ennemis de la France et ceux qui n'ont pas vocation à être présents sur notre territoire doivent être expulsés".
Au micro de Sud Radio, Julien Odoul a répondu aux questions de Benjamin Glaise.

"Nous, ce que nous voulions, c'est mieux financer, évidemment, les sapeurs-pompiers, mieux financer les SDIS"

Benjamin Glaise : La France face aux incendies : au RN, vous affichez votre soutien aux sapeurs-pompiers. Marine Le Pen dit leur apporter sa pleine et entière reconnaissance. Mais votre discours est-il en accord avec vos actes ? Vos adversaires politiques en doutent. Ils dénoncent l'hypocrisie du RN. Concrètement, qu'est-ce que vous avez fait pour les sapeurs-pompiers ces dernières années ?

Julien Odoul : "Concrètement, on les a soutenus à l'Assemblée nationale, notamment lors du vote d'une proposition de loi importante en juin 2023 qui consistait à leur donner beaucoup plus de moyens et à leur permettre de lutter contre l'extension des incendies. Nous avons voté cette proposition de loi. Les seuls qui ont voté contre, ce sont les députés de la France insoumise. Ils ont voté pour justement donner moins de moyens, pour retirer ces moyens aux sapeurs-pompiers, ce qui est totalement inqualifiable. Nous avons toujours soutenu des mesures extrêmement claires pour la grande loi sur la sécurité civile que nous attendons depuis très longtemps. Pareil pour les bonifications de trimestres de retraite pour les sapeurs-pompiers volontaires. Nous avons toujours demandé beaucoup plus de moyens, mais pas au détriment des contribuables."

Benjamin Glaise : On parle de cet amendement de novembre dernier à l'Assemblée, lors de l'examen du projet de loi de finances : le RN vote contre un amendement qui prévoit d'augmenter le financement des pompiers, des services départementaux d'incendie et de secours.

Julien Odoul : "La réalité, c'est que nous avons barré la route à une taxe supplémentaire. Nous, ce que nous voulions, c'est mieux financer, évidemment, les sapeurs-pompiers, mieux financer les SDIS. Je rappelle que les sapeurs-pompiers sont financés à la fois par les départements et par les communes. Et très clairement, la gauche voulait amplifier le matraquage fiscal, au détriment, d'ailleurs, de l'efficacité de nos sapeurs-pompiers."

"La France est la première puissance fiscale du monde"

Benjamin Glaise : Les assurances n'étaient pas obligées de répercuter éventuellement cette taxe, en tout cas cette hausse de cette taxe. Ce n'était pas obligatoire.

Julien Odoul : "Vous savez, compte tenu de l'enfer fiscal que vivent les Français, je rappelle que la France est la première puissance fiscale du monde. Nos compatriotes sont les plus matraqués au monde, alors que les services publics sont délabrés, alors qu'ils ont beaucoup moins de pouvoir d'achat. On leur demande toujours plus d'impôts et de taxes."

Benjamin Glaise : Le RN, aujourd'hui, est le principal allié des sapeurs-pompiers ?

Julien Odoul : "Bien sûr, nous le disons. Encore une fois, on n'a pas le monopole. Mais nous soutenons les sapeurs-pompiers. Et je vais vous dire, moi je suis admiratif du travail qu'ils font. Je suis admiratif aussi de cette union, de cette France du réel, de cette France enracinée entre, par exemple, les sapeurs-pompiers, les agriculteurs qui luttent contre les incendies en Gironde, qui luttent aussi dans mon département de l'Yonne, où on a vu l'alliance des agriculteurs et des pompiers. Ces deux communautés sont menacées, d'ailleurs, par l'Union européenne : à la fois par la technocratie européenne, qui veut mettre à mal le système du volontariat, et qui veut mettre à bas notre agriculture. On voit bien que cette France du réel, cette France enracinée, elle sauve des vies et elle assure la sécurité des Français."

Fonds vert : "Les éoliennes sont des arnaques"

Benjamin Glaise : Marine Tondelier, la secrétaire nationale des écologistes, a, vous l'avez vu, qualifié le RN de pyromane de la politique. Vous lui répondez quoi ?

Julien Odoul : "Marine Tondelier, on n'a rien envie de lui répondre. Enfin, je veux dire, encore une fois, les Verts qui refusent les débroussaillages, qui sont dans une politique totalement idéologique, qui considèrent que le moindre Français qui prend son véhicule diesel est le plus grand pollueur de la planète, mais qui continuent d'amplifier les traités de libre-échange et la mondialisation sauvage. Marine Tondelier, très clairement, devrait se taire, devrait prendre un grand verre d'eau froide, et regarder plutôt ce qui contribue aujourd'hui au dérèglement climatique, c'est ce système économique totalement fou, ce sont les super-tankers qui traversent la planète, et ce ne sont pas nos compatriotes qui utilisent des diesels."

Benjamin Glaise : C'est ce Fonds vert aussi que vous vouliez réduire, de 400 millions d'euros, et qui pourtant est censé nous aider à mieux nous adapter au réchauffement climatique.

Julien Odoul : "Alors, nous, nous le disons, il y a des arnaques environnementales. Les éoliennes, par exemple, sont des arnaques."

Benjamin Glaise : Ce n'est pas que ça, le Fonds vert.

Julien Odoul : "Non, non, mais je veux dire encore une fois, l'idéologie qui a été défendue par Emmanuel Macron depuis 10 ans, soutenue par les Verts, soutenue par la gauche, de toujours plus d'énergies soi-disant renouvelables, alors que ce sont des énergies intermittentes qui font exploser le prix de l'électricité sans s'en défendre."

Benjamin Glaise : La rénovation thermique des écoles, c'est ça aussi, le Fonds vert.

Julien Odoul : Mais il n'y a pas que ça. D'ailleurs, le Fonds vert excluait la climatisation. Comment, en 2026, compte tenu effectivement des pics de chaleur, des épisodes de canicule récurrents, on peut exclure la climatisation ? C'est pour ça que Marine Le Pen a demandé depuis des années un grand plan de climatisation, notamment dans les hôpitaux, les EHPAD et les écoles.

"Les écologistes ne s'intéressent pas à l'environnement"

Benjamin Glaise : Vous estimez que le RN est plus écolo aujourd'hui que les écologistes ?

Julien Odoul : "C'est une évidence. Pourquoi ? Parce que les écologistes ne s'intéressent pas à l'environnement. Ils ne s'intéressent pas à la biodiversité. Eux, ils s'intéressent surtout à Gaza, surtout au keffieh du Hamas, ils s'intéressent aux luttes intersectionnelles, ils s'intéressent au communautarisme."

Benjamin Glaise : Les écologistes ne font pas de l'écologie aujourd'hui ? C'est votre avis ?

Julien Odoul : "Non, non, ils ne font plus d'écologie. L'écologie ne les intéresse pas."

Benjamin Glaise : C'est quoi votre grande mesure environnementale au RN ?

Julien Odoul : "La grande mesure, celle qui aujourd'hui est la plus porteuse, à la fois pour l'écologie et pour notre économie, c'est le localisme. C'est faire en sorte de produire, consommer, retraiter, près de chez soi. C'est notamment le patriotisme alimentaire dans les cantines de nos lycées. Ce sont notamment des mesures qui favorisent l'isolation des bâtiments. Ce sont les circuits courts. C'est justement limiter la part des importations."

"C'est hallucinant que le RN, à chaque élection, soit en difficulté pour financer sa campagne"

Benjamin Glaise : Le gouvernement cherche une solution pour s'assurer que l'ensemble des candidats puissent se financer auprès de banques françaises. Marine Le Pen est la principale concernée dans cette affaire. Le RN qui a du mal à obtenir des prêts de la part d'établissements français. Vous en êtes où, d'ailleurs, actuellement ?

Julien Odoul : "Sur le financement de la campagne, je ne suis pas habilité pour vous répondre. Ce que je peux vous dire, et ce qui, je pense, devrait inquiéter tous les Français, c'est que dans une démocratie mature, dans une démocratie apaisée, normalement, les candidats à l'élection présidentielle ne devraient pas avoir de difficultés pour se financer. Et c'est pour ça que nous avions demandé, et qu'Emmanuel Macron avait promis, encore une fois une promesse trahie, en 2017, d'instaurer une banque de la démocratie. Cette banque de la démocratie, qui n'a jamais été mise en place, aurait permis de mettre tous les candidats à égalité, et de ne plus avoir cette course aux prêts, aux banques, etc. C'est quand même hallucinant que le premier parti de France, que le Rassemblement national, à chaque élection, soit en difficulté pour financer sa campagne."

Benjamin Glaise : Une promesse qui sera bientôt tenue, peut-être : le gouvernement veut avancer sur ce dossier-là. Pour 2027, c'était le moment ou jamais, peut-être.

Julien Odoul : "Le moment ou jamais, c'était déjà de respecter la promesse de 2017, je le rappelle, d'Emmanuel Macron, de François Bayrou à l'époque."

Voile dans l'espace public : "Ce sont les Français qui trancheront"

Benjamin Glaise : Référendum ou pas pour le voile dans l'espace public ? Marine Le Pen y est favorable, Jordan Bardella est sceptique.

Julien Odoul : "Nous sommes d'accord sur le projet que nous souhaitons mettre en œuvre. Un référendum, non pas sur le voile : nous voulons un référendum sur le projet de loi qui a été déposé par Marine Le Pen en 2021 visant à lutter contre les idéologies islamistes. Parmi les mesures que nous souhaitons mettre en œuvre, il y a notamment la lutte contre l'un des symboles, l'un des totems de l'islamisme, qui est le voile islamique, sachant que la priorité, c'est évidemment de défendre le secteur scolaire, les activités scolaires, les sorties scolaires, le secteur sportif aussi, le monde du sport qui est attaqué par les Frères musulmans, l'université aussi."

Benjamin Glaise : Donc ça se limitera à ces espaces-là ?

Julien Odoul : "Ce sont les Français qui trancheront sur un sujet aussi important que la lutte contre l'islamisme. Il faut que ce soit les Français qui valident ça par référendum."

Benjamin Glaise : Parmi les adversaires de Marine Le Pen, on a notamment Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui a fait de la sécurité sa priorité dans son programme. Il propose notamment des peines planchers pour les infractions les plus graves, des peines courtes appliquées dès la première condamnation, ou encore la suppression du juge d'application des peines. Ce sont des mesures que vous soutenez vous-même, que vous pourriez soutenir. Est-ce qu'il est RN compatible, Édouard Philippe, selon vous ?

Julien Odoul : "Je ne sais pas si Édouard Philippe a oublié ou est passé dans la cinquième dimension. Est-ce qu'il a oublié qu'il était Premier ministre d'Emmanuel Macron pendant trois ans ? Qu'est-ce qu'il a fait sur le front de la sécurité ? Rien. Il a participé à l'aggravation de l'insécurité pour nos concitoyens. Les 1 000 coups et blessures par jour, c'est lui. Les 120 attaques au couteau par jour, c'est lui également."

Benjamin Glaise : Peut-être qu'il s'est rendu compte qu'il fallait mettre un coup d'accélérateur sur la sécurité.

Julien Odoul : "On a un petit peu l'habitude de tous ces politicards qui ont mené le véhicule dans le fossé de nous donner ensuite une leçon de conduite. Et très clairement, Édouard Philippe, compte tenu du bilan qui est le sien en matière économique, sociale et sécuritaire, je pense qu'il devrait d'abord demander pardon aux Français et éviter de parasiter le débat politique avec des mesures qui sont celles du Rassemblement national qu'il n'a jamais voulu mettre en œuvre quand il était aux responsabilités."

"Édouard Philippe est ringard"

Benjamin Glaise : En tout cas, il essaye de vous concurrencer sur les jeunes de 18 à 34 ans. Deux organisations, les Jeunes avec Édouard et Génération Édouard. Vous n'avez pas peur de perdre un petit peu votre avantage sur l'électorat jeune ? Ça vous fait rire ?

Julien Odoul : "Oui, on dirait un sketch. Excusez-moi, on se croirait dans Groland. Les Jeunes avec Édouard Philippe, c'est Groland. Très clairement, la politique qu'il veut mettre en œuvre, le style qu'il veut mettre en œuvre, l'ambition qu'il a pour la France, elle est loin d'être jeune. Elle est dépassée, elle est archaïque, elle est préhistorique."

Benjamin Glaise : Il est ringard, Édouard Philippe, selon vous ?

Julien Odoul : "Il est ringard, bien sûr qu'il est ringard. Sa politique, elle est ringarde. Mais le macronisme est ringard."

Arcom : "On a un pluralisme à géométrie variable"

Benjamin Glaise : Sur Sud Radio, on avait le président de l'Arcom qui annonçait que les influenceurs seront soumis à une forme de contrôle avec des obligations à respecter, notamment dans l'équilibre de temps de parole entre les candidats, et d'invitations également. On verra, ça sera précisé dans les prochaines semaines. Vous êtes d'accord avec ça ?

Julien Odoul : Je suis rarement d'accord avec l'Arcom. Moi, ce que j'aimerais d'abord, c'est que l'Arcom s'excuse et renonce à la sanction qui a été infligée à la chaîne CNews à la suite du meurtre de Thomas Perotto à Crépol, on s'en rappelle, en 2023. CNews s'était vu infliger une sanction de l'Arcom parce qu'ils avaient notamment débattu du fait que c'était un meurtre raciste et un meurtre anti-blanc et anti-français. La justice, encore une fois, l'instruction a confirmé qu'il s'agissait bien d'un meurtre à caractère raciste, anti-blanc, anti-français. Donc l'Arcom devrait retirer sa sanction contre ces questions.

Benjamin Glaise : L'Arcom vous défend également : mise en demeure de France Info et France Inter, justement parce que l'Arcom estime que vous avez été lésé en temps de parole.

Julien Odoul : "Ils ne sont pas censés défendre le Rassemblement national. Ils doivent défendre le pluralisme politique. Mais c'est vrai qu'on a un pluralisme à géométrie variable. Ils sont extrêmement durs, extrêmement réactifs à l'endroit de certaines chaînes, des chaînes plutôt à droite, il faut bien le dire, et ils sont relativement lents et passifs quand il s'agit du service public et notamment des chaînes plutôt marquées à gauche."

Expulsion de Xenia Fedorova : "C'est une bonne décision"

Benjamin Glaise : À ce propos, la France a pris une mesure d'expulsion à l'égard de Xenia Fedorova, chroniqueuse sur CNews, ancienne patronne de la chaîne RT France. Le ministre des Affaires étrangères l'a qualifiée, il y a quelque temps, de propagandiste patentée du Kremlin. Est-ce que le gouvernement a pris la bonne décision dans cette affaire ?

Julien Odoul : "Sur les ingérences étrangères, nous, on n'a pas de leçons à recevoir, sachant que nous avions nous-mêmes demandé une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur les ingérences étrangères."

Benjamin Glaise : Bonne décision ou pas ?

Julien Odoul : "Encore une fois, c'est vrai que tous les Français étaient tétanisés à l'idée de croiser cette dame dans l'espace public. Moi, j'aimerais que le gouvernement soit aussi réactif, aussi, j'allais dire, volontariste, à l'endroit des milliers d'OQTF qui constituent une menace pour la sécurité des Français."

Benjamin Glaise : Bonne décision ou pas du gouvernement ?

Julien Odoul : "Oui, c'est une bonne décision dans le sens où tous les ennemis de la France et ceux qui n'ont pas vocation à être présents sur notre territoire doivent être expulsés. Mais il est vrai qu'il y a un deux poids, deux mesures dans la communication qui est faite autour de l'expulsion de madame Fedorova et de tous ces OQTF qui ne sont jamais renvoyés. Toutes les OQTF algériennes qui sont dans la nature, là, pour le coup, circulez, il n'y a rien à voir. On aimerait que le gouvernement s'en soucie aussi."

Benjamin Glaise : Le président de Renaissance qui a assigné en justice Marine Le Pen pour contrefaçon à la suite de l'utilisation du mot Renaissance dans le slogan de campagne de Marine Le Pen. Le délibéré sera rendu par la justice dans les prochains jours. J'imagine, ça vous rend inquiet ou pas ?

Julien Odoul : "C'est surtout assez pathétique pour M. Attal qui n'a aucune proposition à mettre sur la table. Finalement, c'est quoi la confrontation des idées dans ce début de campagne présidentielle ? Si M. Attal en est justement à engager ses opérations judiciaires juste pour un nom, est-ce qu'il va aussi engager des poursuites parce qu'on a utilisé le mot France ? Est-ce qu'il va engager des poursuites parce qu'on utilise le mot République ? Tout cela est ridicule sachant que la Renaissance, quand on pense à la Renaissance, on ne pense pas à Emmanuel Macron. "

"On ne pense pas à Gabriel Attal, ça a plutôt été le déclin, ça a été plutôt la déchéance plutôt que la Renaissance. Nous, on souhaite la Renaissance française avec Marine Le Pen. On souhaite renouer effectivement avec les grandes heures de l'histoire de France. On souhaite l'espérance pour notre pays, une Renaissance économique, une Renaissance au niveau de la sécurité, une Renaissance au niveau de l'identité. C'est l'antithèse du macronisme."

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