Hausse du prix du gasoil non routier (GNR), surcoût des engrais, taxe carbone aux frontières, loi d’urgence agricole, accès à l’eau, cadmium dans les fertilisants, primaire chez Les Républicains (LR). Au micro de Sud Radio, Annie Genevard a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
"Le gouvernement ne prélèvera pas un centime de fiscalité sur le GNR"
Jean-François Achilli pour Sud Radio : La colère des agriculteurs monte face à la hausse brutale du GNR. Vous l’entendez ?
Annie Genevard : “Mais comment ne pas l’entendre ? Le conflit au Moyen-Orient a des répercussions très fortes sur beaucoup de Français, mais singulièrement sur les agriculteurs et sur le secteur de l’agroalimentaire. Cela pèse à la fois sur le gasoil non routier et sur les engrais, donc directement sur les coûts de production.”
Que fait concrètement le gouvernement sur la fiscalité GNR ?
“Nous avons annoncé 70 millions d’euros pour les pêcheurs, les transporteurs et les agriculteurs. Cela s’ajoute à 1,3 milliard d’euros prévus pour alléger la fiscalité dans le budget 2026. Le gouvernement ne prélèvera pas un centime de fiscalité sur le GNR.”
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Comment cela va-t-il se traduire pour les agriculteurs ?
“Cela se fera sans doute plutôt sous la forme d’un remboursement qu’à la pompe, pour des raisons de logistique budgétaire. Mais l’essentiel est que l’État ne prendra pas un centime sur le GNR. En clair, la fiscalité sur le GNR sera mise à zéro pour les agriculteurs.”
Face à la hausse du litre de GNR, pouvez-vous aller plus loin ?
“Non, on ne peut pas aller au-delà. Tout cela est encadré par une réglementation, et nous allons déjà aussi loin que le cadre le permet. La France a d’ailleurs un GNR moins taxé que plusieurs voisins européens.”
Les agriculteurs devront quand même supporter une partie de la hausse ?
“Oui, car la mise à zéro de la fiscalité n’absorbera pas toute l’augmentation liée au conflit. Nous faisons le maximum dans le cadre permis aujourd’hui. Il faut surtout espérer une sortie rapide de cette crise.”
Après les déclarations de Donald Trump, êtes-vous inquiète de la durée du conflit ?
“Il faut éviter les jugements définitifs. Nous sommes habitués aux provocations du président des États-Unis, mais ce conflit n’est pas le nôtre. En revanche, nous en subissons directement les conséquences économiques.”
"Il faut suspendre la taxe carbone sur les engrais aux frontières"
L’autre sujet d’inquiétude, ce sont les engrais. Pourquoi ?
“Le prix des engrais dépend du prix du gaz, puisqu’il faut du gaz pour les produire. Quand le gaz augmente, le coût des engrais augmente aussi. C’est donc un sujet de préoccupation majeur pour les agriculteurs.”
Que demandez-vous à Bruxelles ?
“Lundi, à Bruxelles, nous étions 14 pays à demander la suspension de la taxe carbone sur les engrais aux frontières. Dans le contexte actuel, cette taxe ajoute une charge supplémentaire à un secteur déjà sous tension. Il faut donc suspendre son application.”
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L’Europe vous a-t-elle entendue ?
“Politiquement, le message est posé très clairement. Quatorze pays disent stop dans ce contexte de conflit et de renchérissement des coûts. Le commissaire européen à l’agriculture a entendu ce message, et j’espère qu’il en fera bon usage.”
"Nous voulons simplifier l’accès à l’eau"
À quand les mesures de la loi d’urgence agricole ?
“La philosophie de cette loi, ce sont des mesures concrètes, applicables et utiles. Il faut préparer l’avenir, encourager la production nationale et lutter contre la concurrence déloyale. Il faut aussi faciliter l’accès à l’eau, les bâtiments d’élevage et protéger la terre agricole.”
Voulez-vous favoriser les réserves de substitution ?
“Nous voulons simplifier l’accès à l’eau et encourager son stockage. Les Français comprennent qu’il faut de l’eau pour produire une alimentation française de qualité, sinon il faut importer davantage. Stocker davantage en hiver permet aussi de moins prélever en été, quand la ressource manque.”
Comment apaiser le débat sur les mégabassines ?
“Il faut sortir de cette guerre de l’eau. Dans les Deux-Sèvres, j’ai trouvé un climat plus propice à l’apaisement et à la reprise du dialogue sur ce sujet. Il faut revenir à de la rationalité, car l’eau est indispensable à la production alimentaire.”
cadmium : "Bien sûr que nous pouvons continuer à manger du riz, du pain, des céréales !"
Le cadmium est-il une bombe sanitaire ?
“Il faut revenir à la raison. Le sujet est identifié au plus haut niveau de l’État et pris en charge par le gouvernement. L’étude de l’Anses confirme d’ailleurs la pertinence de l’action engagée.”
🗣️@AnnieGenevard : "Sur le cadmium, il faut revenir à la raison. Il faut arrêter de montrer du doigt les agriculteurs. Bien sûr que nous pouvons continuer à manger du riz, du pain, des céréales !" #GrandMatin
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Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’inaction ?
“Je leur réponds que le gouvernement agit. Nous avons déposé des textes pour diminuer progressivement le taux de cadmium dans les fertilisants agricoles. Le sujet est identifié, traité et des contrôles sont effectués.”
Les agriculteurs sont-ils injustement montrés du doigt ?
“Oui, trop souvent. Ils ont fait d’énormes efforts et ont divisé par quatre le recours aux engrais phosphatés ces dernières années. Les contrôles montrent en plus la conformité de 99% des produits.”
Les Français peuvent-ils continuer à consommer ces aliments ?
“Bien sûr. Il faut raison garder et ne pas céder aux emballements sur ce sujet. Nous pouvons continuer à manger du riz, du pain, des céréales et des pâtes.”
"La question n’est pas de savoir s’il y aura une primaire, mais comment réussir cette primaire"
Que vous inspire le départ de David Lisnard de LR ?
“Je trouve cela dommage. Les Républicains ont des talents et il faut les garder, surtout à l’approche d’une présidentielle. La droite ne peut pas se permettre d’être divisée dans cette période.”
Faut-il une primaire à droite ?
“La question n’est pas de savoir s’il y aura une primaire, mais comment réussir cette primaire. J’en ai vécu deux de près, et le problème, c’est qu’on ne se réconcilie pas toujours ensuite. Toute la difficulté est donc là.”
Bruno Retailleau est-il votre candidat pour 2027 ?
“L’avenir le dira. Le parti devra se choisir une stratégie, et peut-être un candidat, mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, il y a beaucoup de monde sur la ligne de départ.”
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