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Agriculteurs : Marc Fesneau annonce 230 millions d'aides pour les viticulteurs

Par Aurélie Giraud

Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, était “L’invité politique” sur Sud Radio.

Marc Fesneau Agriculteurs
Marc Fesneau, interviewé par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, le 31 janvier 2024, dans “L’invité politique”.

Au lendemain du discours de politique générale du Premier ministre Gabriel Attal, et des annonces concernant les agriculteurs, Marc Fesneau a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

Agriculteurs : "80 millions et 150 millions d'euros d'aide pour les viticulteurs"

Marc Fesneau souhaite évoquer les questions viticoles. "C'est un sujet très grave qu'on ne découvre pas. On avait pris la mesure du problème et des mesures ont été prises en 2023, qui peuvent se mettre en place début février". "Des mesures de distillation pour 200 millions d'euros, et des mesures de restructuration des prêts au travers du glissement des prêts garantis par l'Etat en prêts bonifiés". Le ministre explique être venu en décembre pour discuter par ailleurs de "mesures conjoncturelles et structurelles, pour un total de 230 millions d'euros d'aides" annonce-t-il.

Les mesures conjoncturelles, pour "80 millions d'euros", "permettront de couvrir les aléas rencontrés dans un certain nombre de régions viticoles en crise". "On prendra en charge les difficultés qui sont liées à des difficultés conjoncturelles, comme la crise du mildiou, des effets de prix. Mais aussi en soutien à la trésorerie en prenant en charge les intérêts d'emprunt sur 2024, ou à la perte qui est liée à telle ou telle maladie". "Cette mesure est à la main de l'État".

Marc Fesneau annonce par ailleurs "une mesure structurelle pour 150 millions d'euros" pour faire face à la "baisse de consommation de vin en France, en Europe et dans le monde". Il s'agira d'une "prime à l'arrachage des vignes". Soit "temporairement, le temps que la restructuration se fasse". Soit "une prime qui pourrait être rendue définitive pour motif de diversification agricole". "Ça peut concerner jusqu'à 100.000 hectares de vigne, c'est absolument massif comme plan". "Ce sujet doit être travaillé avec l'accord de Bruxelles. Mais jusqu'alors, j'ai toujours obtenu ce que j'estimais devoir obtenir à Bruxelles".

Jachères : "J’ai très bon espoir que la Commission européenne annonce des dérogations"

Marc Fesneau se rend à Bruxelles le 31 janvier et le président de la République jeudi 1er février.  Trois demandes seront évoquées : les jachères, les importations ukrainiennes de volaille et le Mercosur. Sur les jachères, la PAC prévoit que 4% des terres doivent être mises en jachère. "Je travaille personnellement sur le sujet depuis août" souligne le ministre. "La Commission européenne a dit hier qu'elle ferait une proposition pour avoir cette dérogation sur la jachère. J'ai très bon espoir. Lors du Conseil européen du 1er février, il y aura des expressions pour donner droit à quelque chose qui relève du bon sens".

Faut-il rétablir des droits de douane sur les produits ukrainiens ? "On a abaissé les droits de douane sans limite, ça a déstabilisé un certain nombre de marchés" explique Marc Fesneau. "L'idée est de regarder un quantum d'importations  sur la volaille, les oeufs, les céréales, le sucre". "La crise que nous avons est française et européenne". "Il faut aider les Ukrainiens à sortir les céréales, les volailles d'Europe, pour qu'ils aillent sur les marchés qui étaient les leurs initialement".

"Sortir des accords de libre-échange, c’est la mort de l’agriculture française"

Les négociations qui se poursuivaient encore sur le Mercosur il y a 3 jours ont été suspendues. La Franc s'engage-t-elle à abandonner définitivement l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur ? "La France considère que les pratiques agricoles sur un certain nombre de produits, et la trajectoire, y compris en termes de perspectives climatiques, ne sont pas les bonnes". "Tant qu'on n'a pas quelque chose qui évite de livrer nos producteurs français et européens à une concurrence déloyale, il ne peut pas y avoir d'accord de Mercosur". "Si on n'obtient pas ce que nous voulons, des clauses de respect et de réciprocité qui évitent qu'on les livre en pâture, il n'y aura pas d'accord du Mercosur. C'est la position française, qui a été tenue jusqu'alors".

Concernant les accords de libre-échange, "on a besoin d'échanges agricoles" affirme Marc Fesneau. "Tous les pays ne sont pas capables de subvenir à leurs besoins. Par ailleurs, nous sommes sur des productions avec une grande capacité d'exportation". Comme les céréales, les fromages, le lait. "La France a une puissance agricole, elle ne couvre pas juste ses besoins". "On ne sortira pas de tous les accords de libre-échange, sinon c'est la mort de l'agriculture française. Mais on a besoin d'accords de libre-échange qui soient loyaux".

"Nous allons procéder à une radicale simplification des normes environnementales"

Le Premier ministre a annoncé une réduction des normes environnementales. Marc Fesneau prend l'exemple de la réglementation sur la haie, avec 12 ou 14 normes. "L'objectif est qu'on ait plus de haies. On a la réglementation la plus sévère du monde et pour autant, les haies disparaissent. L'ineptie parfois construit une réglementation qui dit tout et son contraire". "Nous allons procéder à une radicale simplification des normes environnementales qui sont incohérentes" confirme le ministre.

"Nous allons alléger les charges de certaines filières"

Les agriculteurs ne vendent pas au bon prix le fruit de leur travail. Leur revenu est l'écart entre le prix vendu et le coût. "La loi EGALim vise le respect de la matière première" rappelle Marc Fesneau. "Il faut déjà travailler sur les coûts, les charges. Certaines filières, avec un gros poids de charges, notamment la main d'oeuvre, peinent beaucoup. On travaille à alléger les charges de certaines filières" annonce le ministre.

Sur le prix, "on nous demande plutôt plus d'EGALim mais mieux. On renforcera les contrôles, c'est-à-dire le respect de la matière première agricole". "On a besoin de travailler avec les industriels et la grande distribution". "Et regarder dans EGALim ce qui doit être amélioré. Un certain nombre de filières ne sont pas dans EGALim, comme le viticole, les fruits et légumes. La contractualisation n'a pas assez progressé sur la filière bovine". "J'en appelle à la responsabilité. La bataille entre les acteurs de la grande distribution est mortifère pour l’agriculture française".

 

 

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