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Prisons : pourquoi y a-t-il de plus en plus d'évasions en France ?

Par La Rédaction

Entre manque d'effectifs et prisons vétustes, est-il vraiment possible de lutter contre les évasions qui se multiplient ? Eléments de réponse.

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La prison de Dijon, le 27 novembre 2025. On constate de plus en plus d'agressions des gardiens de prison en France. (ARNAUD FINISTRE - AFP)

Les évasions de prisonniers en France semblent s'être multipliées ces derniers temps. Comment expliquer cette vague d'évasions des établissements pénitentiaires à travers l'Hexagone ?

Des prisons bien souvent vétustes

Dernier exemple en date : une évasion rocambolesque à l’ancienne au sein de la prison de Dijon la semaine dernière. Deux détenus ont scié les barreaux de leur cellule avant de s’évader par la fenêtre à l’aide de draps. Le plus dangereux des deux, impliqué dans la grande criminalité, est toujours recherché alors que son acolyte a été arrêté dès le lendemain.

Des constructions qui remontent au XIXe siècle

Après cette énième évasion, les représentants des gardiens de prisons ont dénoncé non seulement les sous-effectifs, mais aussi la surpopulation carcérale. À Dijon, elle s’élève par exemple à 173%. À cela s’ajoute la vétusté des lieux, avec des prisons qui bien souvent datent du 19e siècle, comme celle de Dijon, bâtie en 1853. Entre barreaux anciens, espacés, faciles à scier et absence de filet anti drones pour empêcher qu’un détenu se fasse livrer de quoi s'évader, les évasions y sont plus faciles.

Un taux d'occupation moyen de 135%

Il y a quelques jours de cela, c’était une évasion au cours d'une sortie collective à Rennes qui faisait les gros titres de la presse, suite à une "virée" au planétarium. Le directeur de la prison de Rennes a été limogé par la suite. Une injustice totale, selon le syndicat FO pénitentiaire, qui estime que le directeur a été sacrifié à la pression politique et médiatique. Le détenu qui s'est échappé, s’était vu auparavant refuser pas moins de huit permissions de sortie, vu ses antécédents d’évasion. C’est alors le juge d’application des peines qui avait autorisé cette sortie.

Une administration au bord de la rupture

Pour les syndicats, le directeur n’aura été qu’un bouc émissaire, même si le garde des sceaux Gérald Darmanin, a estimé qu'il était en faute. L’administration pénitentiaire semble au bord de la rupture, faute de moyens, avec 4000 postes manquants sur 30 000 en France. Et ce, sans oublier un taux d’occupation moyen des prisons de 135%. Les nouvelles places lancées et annoncées, même avec des solutions modulaires, ne seront a priori pas à la hauteur des manques.

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