Jordan Bardella sur la justice : "Il faut arrêter avec la culture de l'excuse"

Jordan Bardella, vice-président du RN, député européen et candidat aux Régionales en Île-de-France, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 27 mai 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jordan Bardella interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 27 mai 2021 à 7h40.

Jordan Bardella : "Le problème effectivement de la police, c’est la justice"

Le Beauvau de la sécurité reprend, jeudi 27 mai, alors que le conflit entre la police et la justice continue. Lors de la manifestation devant l’Assemblée nationale, les policiers ont déclaré que "le problème de la police, c’est la justice", ce qui n’a pas manqué de faire réagir. "Il faut surtout changer la vision qu’on a de la justice dans notre pays", juge Jordan Bardella. Pour lui, c’est "le laxisme" qui gouverne depuis des décennies.

Il rebondit sur le féminicide qui s’est déroulé à Hayange, en Moselle : "comment est-ce qu’un Kosovar qui bénéficie d’un titre de séjour, condamné pour 20 faits délictueux, peut-il être en liberté ?", interroge-t-il. Le vice-président du RN rappelle également l’affaire de l’Algérien "avec un titre de séjour espagnol" multirécidiviste qui avait agressé un journaliste à Reims. "Le problème effectivement de la police, c’est la justice", confirme le député européen.

 

"Expulser les 23% de détenus étrangers"

Jordan Bardella regrette également la suppression de la double peine par "la droite, sous le quinquennat de Sarkozy". De fait ,"quand vous êtes un délinquant ou un criminel étranger, vous n’êtes plus expulsé de manière automatique", déplore-t-il, tout en proposant la construction "de places de prison", notamment pour que soient effectuées les 130.000 peines de prison qui, chaque année en France, sont prononcées. "Il nous manque 40.000 places pour être ne serait-ce qu’à la moyenne européenne", souligne le candidat aux élections régionales.

Il demande surtout que soient "expulsés les 23% de détenus étrangers". Pour lui, "les Français ont la double peine aujourd’hui : ils subissent les crimes et les délits et en plus ils doivent héberger des gens qui viennent dans notre pays pour commettre des actes délictuels", s’insurge Jordan Bardella. "On pourrait faire de la place du jour au lendemain", assure-t-il.

 

"Une grande partie de la délinquance vient en tout cas de gens qui ont un lien avec l’immigration"

Le vice-président du RN observe "des Français encerclés par la violence". Dans aucun territoire "nos compatriotes sont sereins", déplore le député européen. Résultat d'un "double problème" entre "une immigration anarchique" qui vient s’ajouter au problème qu’est la justice. "75% des mineurs qui sont déférés devant le Parquet de Paris sont des mineurs étrangers", rapporte Jordan Bardella qui s'appuie sur des chiffres du ministère de l’Intérieur. De même, "93% des vols avec violences qui sont commis dans les transports en commun en Île-de-France sont le fait d’étrangers", ajoute-t-il, tout en refusant de dire s’il s’agit d’étrangers simples ou de personnes ayant un double nationalité. "Une grande partie de la délinquance vient en tout cas de gens qui ont un lien avec l’immigration", estime le député européen.

 

 

De plus, il demande que soient supprimés les "aménagements de peine au-dessus de six mois fermes" et précise que le Rassemblement national est "favorable à ce qu’il y ait des peines plancher". "Il n’y a pas d’aménagement de peine lorsque vous attaquez un représentant de l’État", indique-t-il en appelant à "arrêter avec la culture de l'excuse". "Le chaos aujourd’hui dans notre société, le désordre et la violence prospèrent de l’impuissance du gouvernement. Et ça aura été un grand échec d’Emmanuel Macron".

Concernant la sécurité en général, Jordan Bardella rappelle que "la loi a vocation à être changée" et estime qu’aucun Français ne peut douter "de la volonté de Marine Le Pen à agir sur la sécurité" dans le cas où elle était élue.

 

 

"J'invite Macron à venir quelques jours dans la cité HLM où j'ai grandi"

Dans une interview accordée à Zadig, Emmanuel Macron a évoqué la Seine-Saint-Denis où "il ne manque que la mer pour faire la Californie". Une petite phrase qui pour Jordan Bardella montre que "l'on ne vit pas dans le même monde" et invite "Macron à venir passer quelques jours dans la cité HLM où j'ai grandi à Saint-Denis". Le député européen fait état de "dealers à l'entrée des immeubles, cagoulés, parfois armés". Il dénonce également "le poids de plus en plus prégnant du fondamentalisme islamiste dans des communes du 93". Pour l'opposant, Emmanuel Macron "n'est plus à la hauteur de sa fonction et ne connaît pas la réalité du pays".

Candidat à la présidence de la région Île-de-France, il veut appuyer sur les compétences de la région dans les lycées et les gares. "Un tiers des vols avec violences ont lieu dans les transports en commun", rapporte-t-il. Il annonce vouloir doter les gares et les stations de métro "de deux agents de sécurité armés", soit "1.000 agents supplémentaires recrutés la première année" sur le réseau francilien.

 

"Nous pouvons gagner plusieurs régions"

Un nouveau sondage prédit une victoire de Thierry Mariani en région PACA. Jordan Bardella en est persuadé, "nous pouvons gagner plusieurs régions". "Je dis aux Français, vous avez essayé la droite, la gauche, bien souvent vous n'avez pas vu la différence. Donnez nous notre chance", lance-t-il, s'appuyant sur la réélection dès le premier tour de la plupart des maires RN en 2020. "Le clivage gauche-droite est totalement dépassé, nous sommes dans une démarche d'union nationale et nous nous adressons à tous ceux qui ne voudraient pas voir Macron être réélu l'an prochain", indique le vice-président du RN qui prédit, en cas de réélection "un nouveau mandat de violences, de chaos et de désordre". 

Peur d'un front républicain ? Jordan Bardella anticipe des "magouilles" de la part de différents présidents de région sortants, menacés par une candidature du RN. "Ils sont attachés à la défense de leurs fauteuils, ils sont prêts à tout", souligne le jeune élu. "Nous pouvons gagné des régions, nous pouvons gagner les présidentielles, je dis aux Français de ne pas se laisser voler ces élections", insiste-t-il.

 

"Faire attention à ce qu'on peut lire sur les réseaux sociaux"

Après la polémique suscité par les propos de Jean-Marie Bigard durant une manifestation anti-vaccin, Jordan Bardella assure "ne pas les partager". Il réfute toute idée de "complot pour restreindre les libertés ou pour injecter un vaccin qui serait un poison", en appelant à "faire attention à ce qu'on peut lire sur les réseaux sociaux". Mais selon lui, "en démocratie, il y a la liberté d'expression, sauf quand ça dépasse le cadre de la loi". Sur une éventuelle candidature de l'humoriste, "tous ceux qui veulent se présenter à la présidentielle peuvent le faire", assure-t-il, appelant les électeurs à trancher.

 

 

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