Condamnation de militants identitaires : "Toutes les caractéristiques de la décision politique sont là"

Clément Martin, porte-parole de Génération identitaire, Damien Rieu, activiste condamné par le tribunal de grande instance de Gap pour sa participation à une action dans les Alpes et l’avocat Maître Régis de Castelneau, étaient les invités d’André Bercoff, lundi 2 septembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

L’activiste Damien Rieu a été condamné à six mois de prison ferme pour avoir participé à une action de Génération identitaire dans les Alpes en avril 2018.

Le tribunal de Grande instance de Gap a t-il rendu une décision politique ? C’est la question à laquelle André Bercoff souhaite apporter un éclairage.

 

Des actions spectaculaires et symboliques

Damien Rieu, Clément Galant et Romain Espino ont été condamnés à six mois de prison ferme, 75.000 euros d’amende, cinq ans d'inéligibilité et de privation de droits civiques suite à leur participation à une action de Génération identitaire sur le col de l’Échelle (Hautes-Alpes), le 21 avril 2018. Ce jour-là, une centaine de jeunes identitaires ont rétabli symboliquement la frontière sur ce point de passage connu par les migrants arrivant d’Italie. Une action de grande ampleur qui avait contraint le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérard Collomb, à déployer les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne. 

André Bercoff reçoit Clément Martin, porte-parole du mouvement Génération identitaire, "une famille de pensée et d’action, une communauté militante jeune et soudée". Un mouvement créé en 2012 pour alerter les Français sur les risques "d’une invasion migratoire et l’islamisation", mais aussi pour "défendre un projet de civilisation, de retour à nos racines et à nos traditions". Pour Damien Rieu, ex-membre des identitaires, le groupe se revendique comme étant un "Greenpeace de droite", fort de ses actions spectaculaires et symboliques pour "sensibiliser les opinions peu promues dans les médias". Génération identitaire s’était déjà fait remarqué par l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers en octobre 2012, puis en affrétant un navire pour surveiller les agissements des bateaux d’ONG humanitaires, mais nie avoir été les auteurs de quelconques actions violentes. 

Damien Rieu : "Montrer ce qu’il fallait faire"

La décision du tribunal de Gap est motivée par la "confusion dans l’esprit du public par l’exercice d’une fonction publique". En réalité, Damien Rieu précise que le but était de "montrer ce qu’il fallait faire". "Le ministère de l’Intérieur a été humilié en voyant une bande d’étudiants capable de tenir une frontière, preuve que la cinquième puissance mondiale pourrait y arriver", a t-il avancé. L’activiste précise bien "qu’il n’y avait pas de volonté de passer pour des policiers, que les logos du mouvement étaient omniprésents" et que leurs actions ont été motivées par un texte de loi qui prévoit que "tout citoyen peut remettre une personne ou informer un officier de la police judiciaire en cas de flagrant délit". En tout cas, l’action est une réussite pour Damien Rieu qui a constaté pendant deux mois "un dispositif policier plus conséquent que d’ordinaire"

Pour Régis de Castelneau, avocat au barreau de Paris, le jugement est "purement et simplement scandaleux", dénonçant une "décision politique". "C’est une manipulation visant à réprimer spécialement les gens pour leurs opinions politiques", s’est scandalisé Régis de Castelneau. "On a cherché des mois une incrimination et on a fini par trouver cette histoire". L’avocat souligne que les militants considérés à droite ou à l’extrême-droite bénéficient "d’un traitement particulier", prenant l'exemple d’Esteban Morillo, condamné à une peine "trois fois plus élevée que d’habitude", pour avoir porter un coup ôtant la vie à son agresseur, Clément Méric. Pour lui, l’action dans les Alpes est surtout une manifestation qui est "un droit constitutionnel". "Toutes les caractéristiques de la décision politiques sont là", constate Régis de Castelneau. Une question demeure : "A t-on affaire à des magistrats politisés ou est-ce la conséquence de consignes", a interrogé l’avocat. 

 

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