Des parents d'élève d'une école de Marseille ont fait part de leur colère et de leur inquiétude après qu'un écolier se soit accidentellement piqué avec une seringue usagée dans la cour de récréation. Un lieu souvent squatté la nuit par des toxicomanes. Reportage.

L'histoire fait froid dans le dos. Le 19 janvier dernier, un élève de 10 ans scolarisé à l'école élémentaire Saint-Jérôme Village, située dans le XIIIe arrondissement de Marseille, se pique accidentellement avec une seringue usagée qu'il avait ramassée dans la cour de récréation. S'il y a eu davantage de peur que de mal car l'enfant ne souffre d'aucune lésions graves et ne semble pas avoir contracté la moindre infection, cette grosse frayeur a toutefois mis en lumière un problème récurent au sein de l'établissement, régulièrement squatté la nuit par des toxicomanes.

Furieux et en colère après cet incident qui aurait pu s'avérer dramatique, les parents d'élèves ont décidé de se mobiliser pour dénoncer l'absence de sécurité autour des lieux, à commencer par la maman du petit garçon blessé, qui a eu la peur de sa vie en apprenant ce qui était arrivé à son enfant. Elle s'est confiée au micro de Sud Radio. "La directrice m'appelle et me dit que mon fils s'est piqué avec une seringue. De là, on part aux urgences, on y passe 4h pour faire des analyses sanguines. Il a fallu attendre trois jours pour avoir des résultats, pour l'instant corrects, et il faudra refaire des prises de sang dans un mois et trois mois", raconte-t-elle, encore marquée par les événements. 

Pour éviter qu'un autre incident du genre n'arrive, une pétition a donc été lancée avec pour objectif de sensibiliser les pouvoirs publics sur la situation de l'établissement qui, pour reprendre les termes employés par certains parents, est un "véritable moulin" où l'on peut entrer et sortir à sa guise. Raison pour laquelle d'ailleurs bon nombre de toxicomanes y élisent domicile la nuit ou les week-ends. "Le portail est ouvert, tout le monde peut rentrer, c'est une école moulin, même la nuit", dénonce ainsi la mère de l'enfant, qui réclame "plus de sécurité", soulignant le fait qu'outre la présence de personnes droguées, l'absence de sécurité aux abords de l'établissement pourrait s'avérer dangereuse alors que le pays doit faire face à la menace des attentats. Soucieuse des doléances des parents, Alexandra Louis (députée LREM de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, dont dépend l'école Saint-Jérôme Village) en appelle à la municipalité de la cité phocéenne. "Ce que j'aimerais, c'est que la mairie de Marseille fasse une table ronde avec les différents partenaires, avec les directrices et directeurs d'écoles, les associations de parents d'élèves et pourquoi pas aussi quelqu'un de la police pour trouver des solutions et un plan global afin de sécuriser toute l'école", indique l'élue. 

Du côté de la mairie, on a d'ores et déjà prévu de renforcer les grillages autour de l'établissement tout en promettant l'installation d'un visiophone, censé faciliter la surveillance des allées et venues. Pas sûr néanmoins que ces mesures suffisent à rassurer les parents, inquiets à l'idée que leur enfants puissent jouer, ou pire encore se piquer avec des seringues usagées.

De notre correspondant à Marseille, Lionel Maillet

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Michel Ange
- Mercredi 7 février 2018 à 15:34
De mieux en mieux, nous regardons, en étant les acteurs passifs, de la déliquescence de notre société à un point de non retour.
floriant
- Vendredi 9 février 2018 à 09:43
bonjour, il est regrettable que le harcèlement, le cyber - harcèlement , les tendances au suicide,le décrochage scolaire, la violence, les soucis de délinquants et autres drogués ne soient pas traités par l'école : la présence d'éducateurs spécialisés serait un + pour les écoliers, leurs familles et pour le personnel de l'école

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