single.php

Municipales : Le Martinet, ce village d'irréductibles communistes... depuis plus de 100 ans !

GROS PLAN SUD RADIO - Dans les Cévennes, la commune du Martinet fait figure d’exception en politique. Depuis sa création en 1921, elle élit sans discontinuer des maires issus du Parti communiste. Réélu avec 100 % des voix dimanche dernier, le maire Michel Mercier revendique, sur Sud Radio, un héritage ouvrier toujours bien présent.

Le Martinet : l’histoire d'un village communiste depuis plus de 100 ans
(Photo by Romain Doucelin / NurPhoto via AFP)

L’histoire du Martinet est unique en France. « À l’origine, Le Martinet était un hameau rattaché à Saint-Florent, marqué par une forte activité minière et une population majoritairement ouvrière, très engagée politiquement et syndicalement », rappelle d’abord Michel Mercier, le maire de cette rurale située dans le nord du département du Gard en région Occitanie.

Une rupture a lieu à la suite des élections municipales de 1919, lorsqu’un mineur parvient à faire basculer la commune dans le camp ouvrier. « Cette victoire enclenche un processus de séparation qui aboutit, après deux ans, à la création de la commune du Martinet en 1921 », évoquant à la fois « des raisons politiques » et « une volonté d’autonomie d’un territoire déjà structuré ». Le Martinet devient alors un symbole national : « C’est la toute première commune de l’histoire de France à avoir élu un maire PCF », insiste-t-il.

« Une tradition à la fois politique, syndicale et humaniste »

Plus d’un siècle plus tard, cet ancrage n’est pas moins fort. Réélu avec l’intégralité des suffrages dans un scrutin sans opposition, le maire voit dans ce résultat la continuité d’une histoire collective. « C’est un honneur et beaucoup de joie d’être, encore une fois, maire de cette petite commune qui poursuit sa belle aventure avec l’élection d’un maire communiste », confie-t-il.

Si la population a fortement diminué, passant de 3 500 habitants à environ 750 aujourd’hui, l’identité ouvrière reste un marqueur fort. « Pour ma part, je suis fils de mineur, et plusieurs élus le sont également. Nous avons maintenu cette tradition à la fois politique, syndicale et humaniste », souligne-t-il, évoquant « un noyau historique » ayant transmis ses valeurs « aux générations suivantes ».

Contrairement à d’autres territoires ruraux, l’engagement politique reste donc puissant dans cette commune. « Le Parti communiste français dispose d’une cellule avec plusieurs militants engagés. Nous avons fait le choix d’afficher clairement notre appartenance politique », affirme-t-il, précisant que huit membres de l’équipe municipale sont issus du PCF.

Une gestion « moderne et dynamique »

Au-delà de l’héritage historique, la régularité du vote communiste repose aussi sur la satisfaction des maires communistes. « Depuis 1921, la gestion communale a été une gestion moderne, dynamique, et qui a répondu aux attentes des habitants », assure le maire.

Un constat qui expliquerait en partie pourquoi « certains habitants ne votent pas communiste aux élections nationales » mais « soutiennent un maire communiste au niveau local, en raison d’une gestion jugée efficace et tournée vers l’avenir ».

Bientôt la fin du communisme au Martinet ?

Malgré cette stabilité apparente, l’avenir reste ouvert. « La commune accueille aussi de nouveaux profils, notamment des retraités et des résidents européens qui participent aux élections municipales », observe Michel Mercier. Il explique également que « Le Martinet s’est engagé dans une reconversion partielle vers le tourisme transformant en quelque sorte son héritage minier en mine verte », mettant en avant l’attractivité des Cévennes.

L'info en continu
17H
16H
15H
14H
12H
11H
09H
Revenir
au direct

À Suivre
/