Grigny, après l'attaque d'une patrouille de police: "On a l'habitude. Il y a de l'abandon"

Des policiers visés par des tirs de mortier à Grigny, dans l’Essone. Ça s’est passé dimanche aux alentours de 13h30: lors d'un contrôle routier, un conducteur a refusé de coopérer. Il a ensuite pris la fuite en abandonnant sa voiture où des stupéfiants ont été trouvés. Lors de sa poursuite, la patrouille de police a été la cible de tirs de feux d'artifice de type mortier. Un des policiers a été blessé. En réponse aux tirs, les policiers ont ouvert le feu au moins huit fois pour se dégager, sans faire de blessé. Un énième incident qui excède les riverains.

Des policiers à Grigny après une fusillade mortelle en 2017. (Photo par Thomas Samson / AFP)

Reportage Sud Radio de Clément Bargain.

 

Depuis son balcon, Selua a vu la patrouille de policiers attaquée, visée par des jets de cailloux et des tirs de mortiers: "On a vu la police derrière une voiture, puis on a entendu des 'boum'. On a l'habitude... La nuit, on entend souvent ça !"
Des nuits agitées, rythmées par la délinquance… Pour Selua, c’est le quotidien: "ça arrive souvent. Ils brûlent les voitures. Des fois, on sa gare un peu loin mais on retrouve notre voiture cassée ou brûlée".
Certains habitants ne supportent plus l’insécurité. Blexie vit dans une des tours de la cité. Il y a deux mois, elle a été agressée en pleine après-midi: "Il m'a volé mon sac, mon portable, mes clés, mon portefeuille... 'Boum" dans les yeux, 'donnez moi votre sac !'. Et ça, c'est pas à minuit !"

 

Ascenseurs en panne

Les riverains se sentent seuls, pas assez soutenus par les pouvoirs publics. Jean-Claude à Grigny depuis plus de 40 ans, a vu le quartier se dégrader: "Il n'y a plus d'employés pour le nettoyer. Dans les immeubles, les ascenseurs sont en panne depuis un an... y'a de l'abandon"

Ce sentiment d’abandon, Michel et Alexis le partagent: "Il faut de la médiation entre la police, le quartier, les communes. Il faut du contact, de la discussion. Je crois que y'a que ça qui marche".

Mais du côté des forces de l’ordre, les syndicats dénoncent un manque d’effectif. En un an, une centaine de fonctionnaires ont quitté l’Essonne, pour seulement une vingtaine d'arrivées.