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La démocratie selon l’extrême gauche

Les violences à l'encontre du Front national à Nantes sont les signes que la campagne est, peut-être, en train de perdre la tête.

 

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Voici une petite histoire… Dimanche soir, dans le TGV qui ramenait de Nantes des membres du Front national et des proches de Marine le Pen, on pouvait entendre les intéressés dire que s'ils bloquaient des autobus transportant des sympathisants de François Fillon, d'Emmanuel Macron ou de tout autre candidat, on les traiterait de fascistes aux portes du pouvoir. Dimanche, ce sont des excités d'extrême gauche, qui ont bloqué ainsi deux autobus pleins de militants Front national. Ils mettaient le feu à des pneus, ils vociféraient, donnaient des coups de barres de fer et lançaient de la peinture sur les bus. Il n'y a pas eu de blessés ou de mort, encore heureux, mais la veille, les mêmes manifestants s'en prenaient au centre-ville de Nantes et personne ne les a traités de facho. Il faut bien le dire de temps en temps, les militants du Front national avaient raison, dans le cas présent il y a bien eu deux poids, deux mesures, ce n'est pas normal. Les violences d'où qu'elles viennent doivent être condamnées.

Emmanuel Macron a tout de suite condamné les actes de l'extrême gauche. On se souvient de son rassemblement à Toulon, qui fut un peu perturbé par des manifestants, dont certains étaient élus du Front national. François Fillon a aussi exprimé sa désapprobation, mais avec une telle maladresse, en parlant de guerre civile, que cela a amoindri son propos. Mais c'est Jean-Christophe Cambadélis qui a décroché le pompon en expliquant que Marine le Pen savait qu'il y aurait des incidents, qu'elle aurait dû annuler son meeting et le faire ailleurs. On rêve, ou cauchemarde, c'est au choix. Il y aurait donc en France, selon monsieur Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste jusqu'à nouvel ordre, des villes où certains candidats n'ont pas le droit de faire campagne. C'est une drôle de conception de la démocratie.

À 54 jours du premier tour, le Front national durci le ton, c'est plutôt normal. Les campagnes précédentes ne furent jamais très tendres, ni entre Giscard et Mitterrand, ni entre Chirac et Jospin, etj'en passe. Là, c'est très particulier, car il y a peu d'affrontements entre les candidats. Le ton est monté d'un cran. François Fillon, qui n'arrive plus à imposer le moindre thème de campagne, joue les victimes depuis l'affaire Pénélope. Il s'en prend à la presse, à la justice, tandis que Marine le Pen, qui connaît les mêmes déboires, a tapé nommément sur le journal Le Monde, les chaînes de télévisions de Patrick Drahi. Elle a même mentionné, je cite  : « L'accaparement de l'état par les puissances de l'argent et leurs relais médiatiques. » Cela plaît toujours dans les meetings, mais la gauche et la droite ne rougissent pas d'utiliser cette méthode, quand ça les arrange. De plus, elle conseille à ses militants de s'informer surtout via internet, pas dans la presse classique. Elle a aussi ciblé les fonctionnaires qui participeraient à des actions contre elle, on pense que cela visait surtout la justice. Elle les menace de mesure de rétorsion au cas où elle arriverait au pouvoir. Là encore, il ne faut pas être naïf, la droite et la gauche savent aussi déplacer des préfets ou des juges, même s'il est vrai que le ton s'est vraiment durci. C'est sans doute lié au fait que le résultat de l'élection est très incertain, une chose qui ne risque pas de s'arranger jusqu'au 23 avril.

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