Vers une pénurie de chaudières cet hiver ?

Entre hausse de la demande et les délais de production et de livraison allongés, va-t-on bientôt manquer de chaudières ?

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Le passage des chaudières au fioul aux chaudières aux granulés booste la demande. (c) AFP

Les délais ne cessent de s’allonger, que ce soit pour installer ou réparer une chaudière. Pour quelles raisons ?

"Beaucoup de gens s’intéressent aux chaudières à granulés"

"Bien évidemment, 2020 a été une année relativement calme en matière de chaudières du fait de la crise sanitaire, explique Éric Viasse, président du syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB). Les gens étaient un peu bloqués pour installer. Par contre, 2021 aura vu une très forte croissance des ventes. Nous sommes en train de doubler les volumes installés."

"La sortie du fioul fait que, depuis 2018, beaucoup de gens s’intéressent aux granulés. Ils achètent massivement ces produits. Après, il ne faut pas oublier qu’il faut des bras pour installer, rappelle-t-il. Quand vous doublez les ventes, les installateurs et chauffagistes ne peuvent pas faire trois fois plus que l’année précédente. Le remplacement du fioul fait que nous avons beaucoup de demandes. La filière s’est organisée derrière pour faire face à ces volumes. Le prix va sans doute suivre la hausse du prix des composants et des matières premières. Les chaudières ont déjà pris 5 à 10% depuis le printemps."

"On ne change pas sa chaudière en hiver"

"La conjoncture internationale fait que, quels que soient les produits, c’est assez difficile d’être livré dans les délais d’il y a deux ans, souligne le président du SFCB. Par exemple, une chaudière à fioul, une pompe à chaleur, vous ne l’aurez pas dans deux mois, mais dans six. Les chaudières à granulés sont soumises aux mêmes contraintes. Les composants électroniques ou même les cuves ont du retard. Les professionnels se sont organisés, ont pu doubler les volumes. Mais il y a encore des personnes qui rejoignent cette énergie."

Que représentent ces délais rallongés ? "L’hiver est plus qu’arrivé. En général, on ne ne change pas sa chaudière en hiver, rappelle Éric Viasse. On en prend conscience l’hiver, mais on en change pendant l'été. Maintenant, si les gens veulent changer, ils vont se retrouver avec une installation en février. C’est vrai que pour quelqu’un qui casse sa chaudière maintenant, cela va être un peu plus compliqué. Tous les produits sont avec des délais rallongés ou incertains."

Éric Viasse, président du syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB), était l’invité de Benjamin Glaise le 12 novembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

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