La suspension de la réforme des retraites, la réforme phare de ce second quinquennat Macron, sera votée aujourd’hui à l’Assemblée Nationale. Et ce pour des raisons politiques : éviter une nouvelle dissolution.
Suspension de la réforme des retraites : quel coût ?
Mais quel va être l’impact économique de cette suspension ? "Ce n’est pas une décision de nature économique, mais purement politique, confirme Bertrand Martinot, économiste au sein de l’Institut Montaigne, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Non à la dissolution, quoi qu’il en coûte. Effectivement, cela va coûter très cher. Le vrai coût ne se regarde pas à l’horizon 2026-2027. Un système de retraite ne se regarde pas à un an ou deux."
"Le vrai coût est à l’horizon de dix, vingt, trente ans. Mais ce n’est pas très éloigné, ce sont nos enfants. Les retraites par répartition actuelles vont encore s’affaiblir et nos enfants vont devoir travailler beaucoup plus longtemps. Toutes les réformes qui ne sont pas faites maintenant devront l’être de manière beaucoup plus dure dans quelques années, et cela touchera principalement nos enfants."
.@BMartinot : "La suspension de la réforme des #retraites va coûter cher. Les retraites de nos enfants seront plus faibles et il faudra travailler plus longtemps. Les réformes non faites aujourd'hui devront être menées plus durement demain" #GrandMatin https://t.co/Hmasotjstr pic.twitter.com/KJnlFzj95d
— Sud Radio (@SudRadio) November 12, 2025
La capitalisation en débat
"Non seulement le gouvernement suspend la réforme des retraites, mais aussi différents points sur les carrières longues. Ce sont des dispositifs permettant de partir plus tôt quand vous êtes rentré plus tôt sur le marché du travail. Dans la réforme, de même que pour tout le reste de la population, les conditions d’accès aux carrières longues étaient repoussées dans le temps. Là, le gouvernement, probablement pour plaire au PS, a accepté de suspendre aussi la réforme à ce sujet", résume Bertrand Martinot, économiste au sein de l’Institut Montaigne, sur l'antenne de Sud Radio.
"Cela concerne une entrée en retraite sur cinq, ce qui n’est pas anecdotique. Cela va coûter encore plus cher." Quid des propositions sur la capitalisation ? "C’est une très bonne chose que l’on en parle. Cela fait partie de la solution. Mais la capitalisation ne peut pas rééquilibrer le pilier de la répartition. Donner 1000 euros au moment de la naissance est totalement insuffisant. Un système de retraite, ce n’est pas un cadeau, vous cotisez sur votre travail pour accumuler des droits futurs à la retraite."
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