Maintenance du réseau routier français : faut-il réactiver l'écotaxe ?

Camion
BERTRAND LANGLOIS / AFP

La déflagration de la catastrophe de Gênes relance un débat en France. 7% des ponts français présentent en effet un risque d’effondrement selon un rapport remis au gouvernement. Pour régler ce problème, l’ancien secrétaire d’état aux  transports, Dominique Bussereau propose de réactiver l'écotaxe. Une solution que refuse Elisabeth Charrier, Déléguée Régionale Île-de-France de la Fédération Nationale des Transports Routiers. Elle était l'invitée de Sud Radio. 

Après la catastrophe qui s’est déroulé à Gênes en Italie, ce mardi 14 août, ou une portion d’un viaduc s’est effondrée faisant une quarantaine de morts, de nombreuses questions se posent sur l’état des routes en France. Un rapport sur les infrastructures récemment commandé par le ministère des Transports et révélé il y a peu, n’est guère rassurant sur le sujet. Selon ses conclusions, le réseau routier national, et notamment ses ponts, sont vieillissants et dégradés. Il apparaît également que l’État, qui dépense 660 millions d’euros par an pour la gestion et la maintenance du réseau routier national, devrait en réalité débourser beaucoup plus pour le garder en bon état.

Pour tenter de résoudre ce problème, Dominique Bussereau, ancien secrétaire d’État aux transports a une solution : réactiver l’écotaxe pour pérenniser le réseau routier français. "Une idée déplacée" et une "proposition de toute façon rejetée par la profession" fustige Élisabeth Charrier, déléguée régionale Île-de-France de la fédération nationale des Transports routiers. Cette dernière souhaite également que des travaux d’entretien soient faits mais refuse que l’on brandisse à nouveau "la vieille lanterne de l’écotaxe" : "Nous payons déjà l’écotaxe à travers une augmentation de la fiscalité du carburant. En tout, 300 millions d’euros proviennent des camions chaque année et sont destinés à l’État".

Surtout, avant que de nouvelles solutions soient envisagées, Élisabeth Charrier réclame plus de transparence de la part du gouvernement : "Nous avons fait un audit et constaté que l’argent qui provenait des camions n’était pas utilisé par l’État pour rénover les infrastructures. De même, aujourd’hui, les usagers de la route paient en tout 39 milliards d’euros par an et cet argent est utilisé pour autre chose que la maintenance des routes".

La déléguée régionale d’Île-de-France craint aussi que le budget des Français prennent un coup si l’écotaxe est finalement mise en place, ce coût supplémentaire devant conséquemment se répercuter sur les produits.

En définitive, Élisabeth Charrier est inquiète de l’image renvoyée par les transports de marchandises. "Nous avons fait des efforts considérables en termes de mortalité routière, d’énergies alternatives… Mais tout cela est balayé dès qu’il y a un drame" soupire-t-elle.

De son côté, la ministre des Transports Elisabeth Borne veut présenter à la rentrée une loi de programmation des infrastructures. Un plan de sauvegarde des routes nationales évalué à un milliard d'euros par an devrait aussi être lancé.

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