"Aujourd'hui, nos sociétés ne peuvent plus se passer de fusibles"

François Vignolle

François Vignolle, auteur du livre Les Fusibles (éditions de l'Artilleur), était l'invité du Grand Matin Sud Radio.

Des seconds couteaux, parfois célèbres, parfois anonymes, dont le seul but est de payer pour préserver leurs supérieurs. François Vignolle, journaliste, consacre un livre à ce qu'il appelle Les Fusibles (éd. de l'Artilleur).

"C'est Florian Philippot, Alain Juppé, par essence, mais aussi tous ces anonymes, qu'on a croisés dans des prétoires, dans des affaires qui nous disaient avoir payé pour un autre, parce qu'à un moment donné, il fallait un cordon sanitaire, un rempart, pour apaiser les situations et faire en sorte que ce qu'on appelle, dans les entreprises, le N+1, puisse garder son poste", a expliqué François Vignolle, invité du Grand Matin Sud Radio.

Des anonymes qui sont, parfois, devenus célèbres, à l'image de Jérôme Kerviel à la Société Générale : "Pour Jérôme Kerviel, il faut aussi parler de son supérieur hiérarchique, qui ne connaissait pas grand-chose aux produits dérivés à la Société Générale, mais qu'on a quand même mis là, en lui disant qu'il y aurait quelqu'un pour l'aider, Jérôme Kerviel. À un moment donné, quand tout saute, Jérôme Kerviel a cette figure messianique du fusible, mais il y a ce supérieur hiérarchique, qu'on ne connaît pas et à qui on dit 'Tu étais son patron, tu aurais dû voir, tu vas partir'. Bien sûr, il a une responsabilité, mais il a payé très cher. Aujourd'hui, il fabrique du whisky dans la Drôme et il ne veut plus entendre parler de banques."

"Ces fusibles, nos sociétés ne peuvent pas s'en passer, a poursuivi François Vignolle. C'est ce que j'appelle le syndrome de la photocopieuse. La photocopieuse ne marche plus, il faut trouver qu'il l'a cassée. Et ça, on l'a décliné dans toutes les professions, tous les secteurs, justice, politique, entreprise... Même notre Constitution a construit ces fusibles. Quand ça va mal pour un président de la République, les fusibles, ce sont les Premiers ministres. On l’a vu avec Hollande, on l’a vu avec Chirac. C’était assez finement vu de la part du général De Gaulle."

Écoutez l'interview de François Vignolle, invité du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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