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PSG : après la fête, le retour du débat sur l’autorité et la sécurité

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Le deuxième sacre européen du Paris Saint-Germain a provoqué une immense vague de célébrations à travers la France. Mais les scènes de liesse ont rapidement laissé place à des violences, des dégradations et des affrontements avec les forces de l’ordre, relançant le débat sur la réponse sécuritaire à apporter à ce type d’événements.

PSG débordements
Des supporteurs du PSG près d'une barricade en feu après la victoire du PSG en Ligue des Champions, le 30 mai 2026 à Paris (Kenzo TRIBOUILLARD - AFP)

Plusieurs centaines d’interpellations, des policiers blessés, des commerces dégradés et des incidents dans de nombreuses villes : le week-end du triomphe parisien a également été celui d’un nouvel épisode de violences urbaines. Face à ces débordements, responsables politiques et syndicats policiers réclament désormais des mesures plus fermes et une réflexion sur les outils de surveillance.

"La police a un vrai sujet de tri"

Au lendemain de la victoire du PSG en Ligue des champions, Emmanuel Macron a dénoncé des violences "inqualifiables" et "inacceptables", promettant que les auteurs des exactions seraient sanctionnés. Le chef de l’État a également salué l’action des forces de l’ordre, fortement mobilisées durant les festivités. Selon les différents bilans communiqués par les autorités, près de 780 personnes ont été interpellées sur l’ensemble du territoire. Plus de cinquante policiers et gendarmes ont été blessés, tandis que plusieurs commerces ont été pris pour cible et des véhicules incendiés.

Ces chiffres alimentent une question récurrente : la police devrait-elle faire preuve de davantage de fermeté ? "La police est là pour interpeller dans les meilleures conditions des voyous. La difficulté, c'est d'arriver à discerner et d'être capable de trouver, au milieu d'une foule, le bon individu. C'est ça, la vraie difficulté. Ce n'est pas une question de fermeté. Je crains que les mêmes personnes qui disent que la police n'intervient pas assez brutalement soient les mêmes qui vont critiquer la police parce qu'au cours d'une interpellation, il y ait un passant ou un voisin qui va prendre un coup de matraque par erreur. Donc, la police a un vrai sujet de tri. Et quand on voit ce qui s'est passé sur les Champs-Élysées avec autant de milliers de personnes, comment intervenir en toute sécurité pour les policiers et en toute sécurité pour les vrais supporters qui étaient là, en famille, sur les Champs-Élysées", répond au micro de Sud Radio Christian Flaesch, ancien directeur de la police judiciaire de Paris.

"Il faudra travailler sur un plan beaucoup plus sociologique"

Certains élus de droite et syndicats de policiers estiment que les dispositifs actuels restent trop défensifs face à des groupes déterminés à provoquer des affrontements. D’autres font valoir au contraire que les forces de l’ordre sont déjà soumises à une forte pression opérationnelle et que l’enjeu principal réside davantage dans l’identification des fauteurs de troubles que dans le recours systématique à une répression accrue.

Une autre interrogation revient avec insistance : ces casseurs sont-ils connus des services de police ? Les autorités n’ont pas encore livré de profil détaillé des personnes interpellées. Toutefois, lors de précédents épisodes similaires, une partie des individus arrêtés présentait déjà des antécédents judiciaires, tandis que d’autres étaient de simples opportunistes attirés par les scènes de chaos et leur diffusion sur les réseaux sociaux.

"La police va les connaître parce qu'elle les a interpellés. Quand vous avez 890 interpellations, vous êtes capable de faire un bilan : où est-ce qu'ils habitent ? qu'est-ce qu'ils font ? quel est leur lien avec le PSG ? Ça, c'est des sujets intéressants, c'est des sujets sociologiques qui vont nécessiter une analyse. Mais une fois que la police aura donné ces éléments bruts, derrière, il faut travailler sur un plan beaucoup plus sociologique", estime Christian Flaesch, ancien directeur de la police judiciaire de Paris, à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

Recourir enfin à la reconnaissance faciale ?

Enfin, les violences relancent le débat sur la reconnaissance faciale. Ses partisans estiment qu’elle permettrait d’identifier plus rapidement les auteurs de dégradations filmés par les caméras urbaines. Ses opposants dénoncent en revanche un risque d’atteinte aux libertés publiques et à la vie privée.

Christian Flaesch se prononce, quant à lui, pour le recours à la reconnaissance faciale. "Bien sûr que tous les éléments techniques qui peuvent aider à l'intervention des forces de police, bien sûr que c'est un sujet qui mérite… Le drone est un sujet qui est permis maintenant dans certaines conditions. C'est un sujet qui permet d'aider au maintien et au rétablissement de l'ordre. Si vous avez une capacité de reconnaissance faciale, bien sûr que ça ne peut qu'aider. Si vous mettez par exemple des voyous ou même des hooligans qui sont connus, si vous mettez des caméras et que vous avez la capacité de les reconnaître avant l'intervention, vous pouvez les écarter du lieu où ça va se passer", explique-t-il sur Sud Radio.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

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