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Viols et agressions sexuelles : “On ne fait pas rien”

“On ne fait pas rien”, se défend un ancien flic de la Brigade des mineurs au sujet des affaires d'agressions sexuelles.

agressions sexuelles
Rassemblement à Fleurance dans le Gers, le 7 juin 2026, pour une marche blanche en hommage à Lyhanna, 11 ans retrouvée morte jeudi. Le principal suspect avait fait l'objet de plaintes pour viol sur mineur. (Lionel BONAVENTURE - AFP)

Suite au meurtre de la jeune Lyhanna par un délinquant sexuel connu et malgré les plaintes déposées contre lui, la colère monte dans le pays face aux dysfonctionnements de la justice en matière d'agressions sexuelles sur mineurs.

Agressions sexuelles : "Beaucoup a été fait"

Rémy Borel, ex-chef de la brigade des mineurs de Seine Saint-Denis, de 2012 à février 2026, et auteur de “Des Moments ordinaires” (Nombre 7). Arrivé à la brigade des mineurs à 1997, il aura travaillé pendant des décennies à la protection des mineurs. "Au cours de ma carrière, j’ai toujours entendu que si l’on rate une affaire de stupéfiants, on pouvait la recommencer. Mais que, concernant les mineurs, on n’avait pas droit à l’erreur", résume-t-il au micro de Maxime Lledo sur l'antenne de Sud Radio.

"En ce moment, c’est un peu compliqué. L’émotion est tout-à-fait légitime. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. J’ai travaillé pendant trente ans, fait plus de 80% de ma carrière à la brigade des mineurs. Depuis les années 1990, beaucoup de choses ont été faites pour recueillir la parole des enfants le mieux possible. On verra ce que dira l’enquête administrative, mais les fonctionnaires sont des volontaires, formés à leur arrivée, avec un nombre de dossiers conséquents."

L'investigation en crise dans la police

"Nous traitions spécifiquement les affaires de viol et les infanticides, explique Rémy Borel, ex-chef de la brigade des mineurs de Seine Saint-Denis, de 2012 à février 2026, sur l'antenne de Sud Radio. On traitait environ 800 dossiers par an. Dans les commissariats, les brigades locales, c’est différent, ils font aussi les violences conjugales." A-t-on cependant encore du mal avec la parole de l’enfant en France ? "Elle est recueillie et, contrairement à ce que l’on dit, elle est crue. Nous travaillons à la protection de l’enfance, nous n’avons pas d’a priori quand on entend un enfant."

"Par ailleurs, vous avez différents âges, par ailleurs, et des situations très différentes : les viols en réunion, les incestes avec leur chape de plomb." La France est-elle suffisamment équipée pour ces affaires ? "L’investigation est en crise dans la police. C’était une filière noble, mais du fait de la complexification de la procédure pénale et de la responsabilité , on manque de candidats. La parole de l’enfant se libérant, il y a aussi de plus en plus de dossiers."

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