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"Un cocktail favorable aux départs d'incendie" : en Vendée, l'inquiétude monte pendant les moissons

Par Benjamin Glaise et

INTERVIEW SUD RADIO - Alors que la Vendée fait face à un épisode de sécheresse marqué, les agriculteurs s'inquiètent du risque d'incendie au moment des moissons. Bertrand Mittard, céréalier et co-secrétaire de la FDSEA de Vendée, décrit une situation "anxiogène", aggravée par l'absence de pluie depuis plusieurs mois.

Idriss Bigou-Gilles - AFP

Après une nuit de travail achevée à 3 heures du matin et seulement quelques heures de sommeil, Bertrand Mitard, céréalier et co-secrétaire de la FDSEA85, a mis le réveil au petit matin pour témoigner, au micro de Sud Radio.

L'occasion pour lui de décrire une période particulièrement intense pour les céréaliers vendéens. Les récoltes battent leur plein, mais cette année, elles se déroulent dans des conditions climatiques particulièrement difficiles.

"Nos terrains sont extrêmement secs"

"On récolte depuis une semaine et forcément nos récoltes sont mûres, on veut les récolter, c'est le fruit de notre travail", explique-t-il. Mais derrière ces journées à rallonge se cache une inquiétude grandissante, celle des incendies.

Après un hiver marqué par d'importantes précipitations, la situation s'est brutalement inversée. "Nous avons eu un excès de pluie au mois de février, mais nous n'avons pas eu de pluie significative depuis le mois d'avril. Nos terrains sont extrêmement secs", constate Bertrand Mitard. Dans ce contexte, la période des moissons est particulièrement sensible. Les moissonneuses-batteuses, mais aussi le matériel utilisé pour le foin ou la paille, comportent des pièces mécaniques susceptibles de provoquer des étincelles ou des échauffements.

"Avec les pics de chaleur que nous connaissons actuellement et des terrains très secs, nous avons malheureusement un cocktail favorable aux départs d'incendie", alerte l'agriculteur.

Extincteurs et outils anti-feu dans chaque parcelle

Face à ce risque, les agriculteurs multiplient les précautions. Chaque matin, les moissonneuses sont minutieusement nettoyées à l'aide de compresseurs afin d'éliminer la poussière susceptible de s'accumuler près des éléments mécaniques les plus sensibles : "On le fait également dans la journée pour éviter toute accumulation", précise Bertrand Mitard.

Les exploitants disposent aussi d'un équipement d'urgence. Des extincteurs sont installés directement sur les engins agricoles et des outils permettant de retourner rapidement la terre sont placés à proximité des parcelles : "Si l'incendie se déclare, il faut intervenir immédiatement. En brassant la terre, on coupe l'action du feu et on aide le travail des pompiers", explique-t-il.

Pour le céréalier, les premières minutes sont décisives : "Les pompiers nous sensibilisent beaucoup à cela. C'est vraiment au tout début du feu qu'il faut agir pour éviter qu'il ne se développe."

Récoltes : "C'est un peu la douche froide"

Au-delà du risque d'incendie, les agriculteurs doivent également composer avec des rendements inférieurs aux attentes. Les fortes chaleurs du printemps et du début d'été ont affecté les cultures. "On avait des cultures qui étaient plutôt jolies, mais c'est un peu la douche froide quand on récolte", regrette Bertrand Mitard.

L'agriculteur espère désormais une amélioration du contexte économique, notamment après l'apaisement des tensions internationales et la réouverture annoncée du détroit d'Ormuz : "Nous espérons une baisse du prix du carburant, mais aussi des engrais et des autres consommables dont nous avons besoin au quotidien", explique-t-il.

En attendant, la priorité reste la même, terminer les moissons en toute sécurité, malgré une sécheresse qui fragilise un peu plus encore le monde agricole.

Vous pouvez retrouver l'intervention complète de Bertrand Mitard ici.

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