La Coordination rurale a fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février dernier. Le syndicat a notamment signalé une hausse de certains prix, comme celui de l’engrais azoté, en augmentation de 13 %.
Dans le Sud-Ouest, agriculteurs et céréaliers redoutent que cette flambée n’affecte les coûts de production. Le risque principal : un impact sur la production de blé et, à terme, sur les prix pour les consommateurs. Jean-François Lamassé, céréalier en Haute-Garonne, était ce matin au micro de Benjamin Glaise, dans Le Petit Matin Sud Radio, pour témoigner de la situation.
"Ce que j’ai payé à l’époque 50 €, vaut maintenant 700, voire 720 €"
Avant la flambée des prix des engrais, certains agriculteurs ont eu la chance de constituer des stocks : est-ce votre cas ?
Oui, c’est mon cas. Les céréaliers sont sur le qui-vive toute l’année : après les moissons, on essaie de suivre les prix des engrais. Quand cela correspond à ce que l’on peut payer, il faut se couvrir et acheter ce qu’il faut. Pour le tournesol, il me reste un peu à acheter, mais le gros est déjà rentré pour le blé, l’orge et le reste depuis novembre.
Vous avez donc payé vos engrais beaucoup moins cher que ceux qui achètent aujourd’hui ?
Exactement. Ce que j’ai payé à l’époque, 50 euros, vaut maintenant 700, voire 720 euros. En une semaine, les prix ont augmenté de 100 à 120 euros. C’est fou, tout cela à cause de la guerre au Moyen-Orient. Il y a certes des spéculateurs, mais les coûts d’assurance pour déplacer un tanker de 72 000 tonnes sont passés de 20 à 100-110 euros la tonne, ce qui impacte aussi les prix.
👨🌾Hausse des prix des engrais
— Sud Radio (@SudRadio) March 11, 2026
🗣️Jean-François Lamassé, Céréalier : "En une semaine, ça a pris 100 euros... C'est en partie à cause des écologistes qu'on ne produit plus d'engrais en France !" #GrandMatin
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"Il y a un lobby écologiste qui ne veut plus rien produire ici"
Est-ce que cette situation ne pose pas aussi la question de la provenance des engrais ?
Bien sûr. Une grande partie des engrais n’est pas produite en France. Et il y a un lobby écologiste qui ne veut plus rien produire ici. On manque d’usines et cela se ressent sur d’autres produits agricoles, comme les œufs. Il y a encore quelques années, nous avions AZF à Toulouse, mais depuis l’accident, il n’y a plus rien. La production locale a donc fortement diminué.
Les agriculteurs qui n’ont pas acheté leurs engrais à temps vont devoir payer le prix fort ?
Oui, forcément. Cela risque de modifier leurs cultures : certains ne feront pas de maïs, par exemple. S’il manque de produit, les prix vont exploser. Cette année, je me suis couvert, mais l’année prochaine, si les prix restent élevés, je ne produirai pas, car le coût de production serait supérieur au prix de vente.
Cela a donc des conséquences pour vous, mais aussi pour les consommateurs ?
Bien sûr. Dès qu’il manque un produit, cela coûte très cher. On a déjà connu ça avec le Covid et les tensions sur la Chine ou l’Ukraine. Maintenant, c’est le Moyen-Orient. À un moment, il va falloir se poser les bonnes questions : est-ce qu’on veut continuer à produire en France, oui ou non ?
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