Samedi dernier, pour le compte de la 20e journée de Top 14, Bayonne s'est imposé face à La Rochelle (26-15), dans un match exceptionnellement délocalisé à Anoeta pour l'occasion. Sur le pré, un colosse écossais de 2,03 m et 120 kg de bonhomie : Ewan Johnson. Gros plan ce globe-trotteur jovial au parcours détendu et original.
"Vous connaissez la musique, c'est ma mère qui a eu le dernier mot"
"Mes parents étaient policiers et ils ont eu la chance d'arrêter assez jeunes, a -t-il raconté au micro de Sud Radio et de François Trillo dans l'émission "Au Cœur de la Mêlée". Pour passer leur retraite, ma mère voulait venir en France et mon père voulait rentrer en Écosse. Après vous connaissez la musique, c'est ma mère qui a eu le dernier mot donc on s'est retrouvé en Bretagne."
"Tout le monde l'oublie mais j'ai commencé le rugby à Carhaix"
"Il y a un petit club que tout le monde oublie, là ou j'ai commencé le rugby à 7 ans, à Carhaix dans le centre Finistère, la où se tient le festival des Vieilles charrues", poursuit le natif de Cheshire, en Angleterre, avec une bonne humeur débordante, des anecdotes en pagaille et un français parfait sans accent.
Six années plus tard, il rejoint Plouzané, club de Fédérale 3, non loin de Brest, où il fait ses premières classes. En 2017, ses bonnes performances et son gabarit lui ouvrent les portes d'un centre de formation. "Après, je suis parti en espoir au Racing, où j'ai pu rencontrer Laurent Travers pour la première fois", sous les ordres duquel il évolue à nouveau aujourd'hui.
"Je sais comment travaille Laurent Travers et je ne peux qu’en dire du bien"
"Comme je l'ai dit, c'est quelqu'un que je connaissais déjà à l'époque, poursuit le deuxième-ligne. Je sais comment il fonctionne, comment il travaille. Franchement, je ne peux qu'en dire du bien. C'est une façon très exigeante et en tant que joueur, ça ne peut qu'être positif."
En 2020, après seulement un match et 15 petites minutes jouées avec la formation francilienne, il retourne en Bretagne où il est recruté par un certain Jean-Noël Spitzer : "Ensuite je suis parti trois ans à Vannes, donc retour chez moi". Lors de la saison 2022/2023, c’est l’apothéose : il effectue 28 matches, termine cinquième de Pro D2 et est éliminé, avec les siens, en demi-finale de la compétition face à Oyonnax de 5 petits points (26-21).
Cependant, cela ne l’empêche pas de rejoindre le club bourreau la saison suivante "ensuite j'ai fait deux saisons à Oyo", dont une en Top 14. Enfin, c’est à l’été 2025 qu’il rejoint les ciel et blanc où il signe pour deux saisons "et la je me retrouve à Bayonne". Il a disputé 18 matchs avec les Basques jusqu’à aujourd’hui.
🏉Le deuxième-ligne écossais de Bayonne, Ewan Johnson, a évoqué sa relation avec Laurent Travers, qu'il avait déjà cotoyé en espoir au Racing 92 pic.twitter.com/uA21NMdkib
— Sud Radio Rugby (@SudRadioRugby) March 28, 2026
"Mon père est écossais et ma mère vient du pays de Galles"
En plus d'être né en Angleterre et résident français, il estime avoir "pas mal de chance car mon père est écossais et ma mère vient du pays de Galles", précise-t-il. Mais c'est en 2018 qu'il décide de répondre à l'appel du XV du Chardon avec les moins de 20 ans, puis en 2024 pour sa première avec les grands face au Canada (victoire 73-12) lors de la tournée d'été en Amérique.
En 2025, c'est la consécration puisqu'il est appelé pour participer au Tournoi des 6 Nations, où il évoluera notamment face à la France le mois dernier au Stade de France (victoire 35-16 des Bleus). "C'était mon dernier match avec ce maillot. Malheureusement on avait perdu mais l'expérience en elle-même c'était la folie"
🏴 Ewan Johnson, deuxième ligne écossais de l'Aviron Bayonnais, est revenu sur ses objectifs internationaux et ne cache pas qu'il rêve de participer à la Coupe du monde 2027 avec le XV du Chardon pic.twitter.com/FmfSwJG3Lq
— Sud Radio Rugby (@SudRadioRugby) March 28, 2026
"Le seul objectif, c'est de retrouver la sélection"
Depuis, il n'a plus été rappelé $par Gregor Townsend mais continue d'échanger avec lui : "tout se fait sur WhatsApp maintenant donc on a de la chance. On a des retours assez régulièrement, donc ouais c'est aussi simple que ça". Le néo-basque aux 4 sélections ne désespère pas et ne cache pas ses ambitions : "Le seul objectif là c'est de retrouver la sélection, que ce soit dans le groupe ou quoi, c'est vraiment d'y retourner et de remettre un pied dans la porte". Avant d'évoquer, inévitablement, son rêve de Coupe du monde 2027 : "Bien sûr, je ne peux pas vous mentir, c'est super proche en même temps, donc c'est mon objectif sur du plus long terme".
Un rêve qui pourrait devenir réalité s'il continue de prendre du temps de jeu et d'enchaîner les bonnes performances en Top 14, ce qu'on lui souhaite.