En quoi consiste le métier de surveillant pénitentiaire ?
La définition la plus courante, c’est la garde et la réinsertion des personnes placées sous la main de la justice. La garde concerne tout l’aspect sécuritaire et réglementaire au sein d’un établissement pénitentiaire. La réinsertion, quant à elle, vise à lutter contre la récidive. Elle passe par de nombreux leviers et missions, qui varient selon l’affectation et le poste occupé. Mais même sur une simple coursive, on participe déjà à la réinsertion.
"On n'entre généralement pas dans ce métier par vocation, mais plutôt par hasard"
Concrètement, à quoi ressemble une journée type pour vous ?
Tout dépend du poste occupé mais en détention classique, la prise de service débute à 6h45 par l’appel du personnel et la transmission des consignes de l’équipe précédente. Après la perception des clés, nous effectuons l’appel des personnes détenues afin de vérifier que tout se déroule correctement. La journée est ensuite rythmée par les mouvements, soins médicaux, activités, travail, parloirs, fouilles de cellules ou mutations entre bâtiments. Aucune journée ne se ressemble, ce qui rend le métier particulièrement dynamique.
"Ce n’est pas un métier fait pour tout le monde"
Qu'appréciez-vous le plus dans votre métier ?
Ce qui rend le métier intéressant, c’est sa grande polyvalence. On occupe de nombreux rôles : agent de sécurité, médiateur, soutien, parfois confident. On n’y entre généralement pas par vocation, mais plutôt par hasard. Les débuts sont difficiles et ce n’est pas un métier fait pour tout le monde. Pourtant, avec le temps, on découvre la richesse des missions, les possibilités d’évolution, et on finit par s’y épanouir, malgré les difficultés comme le manque de personnel.
📢Agressions d'agents pénitentiaires
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Justement, comment décririez-vous vos conditions de travail aujourd’hui ?
Il s’agit avant tout d’un problème sociétal. Sur le terrain, on constate une augmentation des incarcérations, avec des maisons d’arrêt saturées, ce qui génère des tensions et situations complexes. Cela nécessite beaucoup de prudence et de médiation. Le métier souffre également d’un manque de personnel, malgré le développement de nouvelles missions, l’ouverture au public et des réformes, notamment salariales. Malgré ces avancées, la situation reste globalement difficile.
"Il est essentiel de savoir garder une certaine distance professionnelle, faire preuve d’empathie, sans excès"
Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour être un bon surveillant pénitentiaire ?
Il faut avant tout avoir le sens de l’observation et une capacité d’écoute, mais une écoute intelligente. Il est essentiel de savoir garder une certaine distance professionnelle, faire preuve d’empathie, sans excès. Il faut également avoir un caractère solide, car on est confronté aussi bien à des situations positives qu’à des réalités très dures. Comme les forces de l’ordre, nous travaillons au contact de la misère sociale et humaine. Ce n’est pas toujours facile ni agréable, mais c’est ce qui rend le métier intéressant.
Avez-vous une anecdote ou un événement marquant à nous raconter ?
J’ai beaucoup d’anecdotes, mais récemment, une opération de fouille sectorielle m’a particulièrement marqué. Un étage entier a été fouillé, soit 80 cellules, avec la mobilisation de 90 agents venus de toute la direction interrégionale. Ce déploiement, devenu rare faute de moyens, a eu un impact fort, il a rappelé que l’institution reste maîtresse des lieu et a redonné du dynamisme et de la motivation aux agents en détention.