Retranscription des premières minutes :
- Allez, à 5h50, c'est l'heure d'accueillir notre lefto du jour. Nous sommes avec un surveillant pénitentiaire ce matin.
- Romain Mousseau, bonjour. Oui, bonjour à vous.
- Et bienvenue sur Sud Radio. Vous êtes surveillant pénitentiaire à la prison de Bordeaux-Gradignan. Comment ça va, ce matin, Romain ? Ah, ça va. Difficile, hein, lefto. Mais on est là.
- Ben oui. C'est gentil, en tout cas, de vous réveiller pour nous ce matin avec l'actualité qui s'impose.
- Quand on vous a proposé d'intervenir ce matin, c'était vendredi dernier, bien avant l'appel à la grève pour aujourd'hui, ce lundi.
- Vous avez prévu de suivre cet appel à la grève vous-même, Romain, ou pas ? Alors personnellement, je suis pas sur site. Mais je sais qu'il y a un débrayage qui a été demandé, justement.
- Et je voudrais en profiter pour apporter mon soutien aux collègues qui s'étaient fait agresser.
- Agressé lâchement au CD de Salon en Provence par une arbre blanche. C'était un petit jeune, un stagiaire, qui faisait son stage au CD.
- Et malheureusement et par miracle, heureusement, il a eu que des blessures légères. Mais j'apporte tout mon soutien à ce collègue-là.
- Oui, soutien à ce collègue-là. Effectivement, c'était un très jeune qui a été agressé du côté de Salon de Provence.
- C'est des agressions qui sont nombreuses. À chaque fois, on en parle sur Sud Radio, dans les médias.
- On a l'impression que plus rien ne peut enrayer, finalement, cette violence qu'on a, que vous constatez au quotidien dans les prisons romains.
- Malheureusement, c'est sociétal. Vous le savez, les maisons d'arrêt et les établissements en général sont surcharvés.
- Il y a de plus en plus de délinquances. On a de plus en plus de mal à recruter. Donc effectivement, c'est compliqué.
- Qu'est-ce qui pourrait aider, finalement, à garantir davantage la sécurité dans les prisons, notamment pour vous ? Vous êtes en première ligne, vous, les surveillants pénitentiaires.
- Tout à fait. Déjà, il faudrait trouver une solution. Bon, je ne suis pas politique, mais une certaine régulation...
- Bien sûr. Mais vous vivez cela, effectivement, en première ligne, quoi.
- Oui, tout à fait. Il faudrait une certaine régulation carcérale, je pense, parce qu'on est à tripler, voire quadrupler des cellules.
- Je vous laisse imaginer. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui.
- Je vous laisse imaginer 4 personnes dans 12 mètres carrés. C'est difficile. Le rapport de force, il n'est pas là, quoi. Donc c'est compliqué.
- C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une surpopulation carcérale qui n'est plus tenable, que vous n'arrivez plus à tenir vous-même ? Quand vous êtes seul à un étage avec plus de 120 individus, c'est compliqué. C'est dur. Franchement, c'est dur.
- Je sais pas si vous avez vu le garde des Sceaux, là, Gérald Darmanin, qui propose de vous doter de bombes incapacitantes.
- Alors j'imagine que c'est des bombes lacrymogènes, d'une certaine manière. C'est ça. Est-ce que ça, ça peut, d'une certaine manière, aider ? Ou finalement, c'est juste, je veux dire, de la communication, d'une certaine manière, politique ? Alors ça double tranchement. Ça peut nous aider. C'est clair. Le tout, c'est que...
- C'est que si on est armé sur les cours cibles, ça peut se retourner contre nous. Donc ça peut être utile. Mais il faut que ce soit bien organisé.
- Il faut que ça soit bien organisé. Vous-même, du côté de la prison de Bordeaux-Gradignan, vous avez eu affaire à ce type d'agression, comme on a connu, du côté de Salon de Provence ? J'ai un collègue, il y a 2 ans, qui s'est pris un coup de lame au visage. 17 points de souture. Il a toujours pas repris le boulot.
- Et j'imagine non seulement il y a, on va dire, la blessure physique et également le choc psychologique. Ça aussi, ça joue. C'est difficile, après, de revenir, de retourner travailler, comme si d'un été ? C'est compliqué. Il voit son visage tous les matins en se regardant dans la glace. Ça fait réfléchir. Mais c'est pas pour ça qu'il baisse les bras. Il compte revenir. Mais c'est vrai qu'il sera marqué à vie.
- Hum. J'ai envie de vous poser la question. C'est comment... Alors c'est peut-être naïf,...
Transcription générée par IA