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Philippe Candeloro : « On a des super champions mais plus de stars »

INTERVIEW SUD RADIO - Alors que les JO d'hiver de Milan-Cortina débutent ce soir, l'emblématique Philippe Candeloro était l'invité média de Sud Radio. Double médaillé de bronze olympique (1994 et 98), vice-champion du monde 1994 et aujourd'hui en lice pour briguer la présidence de la Fédération Française des Sports de glace, l'ancien patineur a évoqué - fidèle à sa réputation - sans langue de bois sa candidature, les JO de Paris 2024, ceux de 2030, ses ambitions et le manque cruel de stars dans sa discipline de prédilection.

L'ancien patineur Philippe Candeloro
L'ancien patineur Philippe Candeloro (Anne-Christine POUJOULAT - AFP)

« Les Jeux de 2024, j'avais un peu les boules de ne pas y être »

« Les Jeux de 2024, j'avais un peu les boules de ne pas y être même si j'ai quand même regardé la cérémonie d'ouverture parce que c'était à chaque fois un moment fort dans les Jeux Olympiques. En 2024, on a invité des gens de l'étranger (pour porter la flamme) mais on a vu beaucoup d'absents olympiens français. Des champions olympiques français n'avaient pas été conviés à cette cérémonie. Moi, je ne suis pas champion olympique ni en sports d'été, mais quand vous êtes un champion olympique ou un médaillé olympique d'une nation (comme lui, deux fois médaillé de bronze aux JO de Lillehammer 1994 puis de Nagano en 1998), on se doit en priorité, je pense, d'inviter tous ces grands champions qui ont fait briller le sport dans leur pays. Mais les Italiens, eux, ils ne les oublient pas. Alberto Tomba et Deborah Compagnoni (deux anciens skieurs alpins) devraient en faire partie partie et allumer la vasque. »

« Je n'aurais pas voulu être athlète maintenant »

«  TF1 avait inventé le Netflix du sport avant l'heure. Il avaient un événement chaque semaine, tu voyais du Bonaly, du Candeloro, du Moniotte-Lanachy, du Abitbol-Bernadis (les grands champions français du patinage des années 90). La finalité, c'est que toutes les semaines, tu te tapais les mêmes personnes à regarder et tu avais l'impression de les connaître. Malheureusement, il n'y a plus de vedettes maintenant. On ne connaît pas les champions. C'est embêtant. Je n'aurais pas voulu être athlète maintenant.

On a des super champions mais on n'a plus de stars car la fabrication d'une star, elle se fait sur la longévité de carrière, sur le nombre de médailles que vous remportez tous les week-ends. Quand vous vous entraînez 10 heures par jour pour devenir un champion olympique, quand vous allez aux Jeux, vous vous sentez soutenu par la délégation française, par la France qui va vous suivre, qui va vous encourager, vos familles, vos proches. Alors que là, on a vraiment l'impression qu'il va y avoir une consommation de sport comme si on regardait un match de rugby de week-end... »

« Jeux Olympiques 2030 en France : des décisions incompréhensibles ! »

« L'enjeu, c'est que d'ici 2030, on fasse de tous les sports de glace, y compris le hockey qui est dans une fédération séparée à la nôtre, vraiment le buzz. Le buzz des champions, le buzz des exploits, le buzz de tous les sports, pour que les gens connaissent les disciplines. Malheureusement, pour l'instant, dans les Jeux Olympiques de 2030 (organisés par les Alpes françaises), il n'est pas prévu de construire ni un anneau de vitesse pérenne, ni une hall de curling. Et ça, pour moi, c'est rédhibitoire ! C'est incompréhensible !

C'est aussi pour ça queje vise cette présidence (des sports de glace). C'est aussi pour démontrer qu'il faut avoir un peu plus de convictions, croire un petit peu plus en toutes ces disciplines qui ne sont pas mises en valeur de nos jours, puisqu'on se concentre essentiellement sur les disciplines d'expression. Donc aujourd'hui, c'est hyper important de se développer dans toutes nos disciplines, et pas seulement se concentrer sur les 2-3 qui sont, certes, les plus médiatiques, mais qui ne sont pas les plus rapporteuses de sous. Et une fédération, pour bien vivre et faire vivre ses clubs, qu'est-ce qu'elle a besoin ? Elle a besoin un peu d'argent. »

« Après 2030, le sport olympique d'hiver va être à l'abandon... comme après 2024 »

« Après les Jeux de 2030, qu'est-ce qu'il va se passer ? Le sport olympique d'hiver, je pense, va être à l'abandon. Comme on le voit après 2024 parce que les subventions publiques n'arrêtent pas de descendre. On pensait qu'après 2024, on allait exploser pour le sport. Aujourd'hui, c'est plutôt l'inverse qui s'est passé. Beaucoup de gens sont déçus, notamment le sport para. Moi, j'ai aussi le paraglasse à développer. On est très faible en sport d'hiver paralympique aujourd'hui. On n'a que le paraluge hockey. Et aussi un peu de curling en para. Pourquoi ? Parce que les gens qui étaient là avant moi ou avant nous, ils s'en foutaient. »

« Nelson Monfort et moi, on n'est pas aigris, on est plus dans la nostalgie » des années France Télévision

« On n'a été pas écartés avec Nelson (Monfort), on a dû partir de cette chaîne (France Télévision) sur laquelle on avait travaillé pendant 19 ans. On n'est pas aigris, on est plus dans la nostalgie. On s'amusait bien avec ce patinage, on amusait bien le public surtout. On a fait quatre Olympiades avec de bonnes audiences... Nelson, c'est parce que c'était la retraite, il avait plus de 70 ans et au service public, tu n'as pas le droit de rémunérer les gens, les salariés, au-delà de 70 ans. Je pense que le duo était tellement inséparable et incontournable qu'ils ont préféré changer. Ils nous ont remplacés par trois femmes aujourd'hui qui commentent. On verra ce que donnera l'audimat des Jeux Olympiques. »

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