C'est une profession directement impactée par la hausse des prix des carburants. Les agriculteurs réclament une aide du gouvernement. Patrick Legras, Président de la Coordination Rurale des Hauts-de-France et producteur de betteraves, était l'invité d'André Bercoff et Céline Alonzo dans "Bercoff dans tous ses états" sur Sud Radio, pour évoquer le ras-le-bol du milieu agricole.
Patrick Legras :"Aujourd'hui, c'est l'incohérence et l'incompétence des politiques européens et français qui transfèrent la politique énergétique sur le monde agricole. C'est-à-dire qu'on fait des éoliennes mais ce n'est pas les éoliennes qui vont nous avoir de l'engrais. On nous a interdit politiquement d'acheter de l'engrais et donc du gaz qui représente 75% du constituant de l'engrais aux Russes. On ne peut plus en acheter dans le Moyen-Orient"
"C'est le troisième clou du cercueil"
"Aujourd'hui, on va crever mais encore plus vite par rapport aux échanges qu'on avait eus lors du salon de l'agriculture. On n'avait déjà pas ça et ça allait déjà mal. Oui, c'est le troisième clou du cercueil, je me permets de le dire"
"Ça va être une hécatombe au niveau agricole"
Patrick Legras :"Au mois de janvier, Monsieur Lecornu a mis une taxe supplémentaire de 17 ou 18 centimes pour payer la réorganisation des frigos de la grande distribution. Mais ça, c'est passé crème. Et donc ça, on pourrait les retirer et les mettre plus tard. Et ça, rien que ces 20 euros ferait énormément de bien parce que là, 3,8 centimes... alors qu'on a une augmentation de 60 centimes. Deux à trois tracteurs, ça va être à peu près 700 à 800, voire 900 litres par jour. Donc, ça va être une hécatombe au niveau agricole"
"On espérait toujours que ça baisse et qu'à partir du 1er avril, il y ait une prise en compte de nos gouvernants pour les agriculteurs. Mais je pense qu'il y a plus de prise en compte pour la grande distribution ou bien d'autres marchés, plutôt le marché orient"
"Le quoi qu'il coûte ne marche plus pour l'agriculture"
"Là, j'ai acheté 6 000 litres. J'en ai pour 9 180 euros. L'année dernière, pour ces mêmes 6 000 litres, j'en avais pour moins de 4 000 euros. Le quoi qu'il coûte ne marche plus pour l'agriculture. Mais il marche pour les marchés ukrainiens, il marche pour le Mercosur. Il marche pour les frigos de la grande distribution. Il marche pour les politiques. Parce qu'il n'y a aucun politique qui va souffrir de ça"
"On est contrôlés un peu comme des narcotrafiquants"
"Mais ce qu'on ne comprend pas, c'est qu'à côté, on aide le Mercosur, qui n'a aucune norme, qui n'a aucun contrôle, qui n'a pas de taxes. Et d'un autre côté, on nous contrôle plus. On est contrôlés un peu comme des narcotrafiquants. Maintenant, on a des vidéos qui nous surveillent dans nos champs, tout ça. Donc où est le problème ? On a moins de problèmes à être vendeur de drogue qu'à être producteur de grandes cultures. Si on doit crever, ne rien faire, il y a juste qu'à nous le dire. Et puis, c'est tout, on ne travaillera plus. On fera comme les autres. Mais il faut arrêter ! On ne peut même plus vivre de ce qu'on produit. C'est une volonté politique !"
Retrouvez le replay de Bercoff dans tous ses états de ce vendredi 3 avril juste ici.