La hausse des prix du GNR, destiné à l’alimentation d’engins non routiers utiles pour l’agriculture, est intenable. Pour Jérémy Cabane, éleveur céréalier près de Toulouse, les conséquences sont énormes. « On ne sait pas comment on va le payer à la fin du mois. (…) On a fait une commande de 2 500 litres, il est à 1,35 € sans compter la TVA. Nous, on ne peut pas payer de telles hausses de prix », explique-t-il au micro de Sud Radio, au sujet d'une flambée des prix d’environ 60 centimes par litre.
« On fait des coupes »
Comme nombre d’agriculteurs, Jérémy Cabane ne sait pas jusqu’à quand cette crise va durer. Il est donc contraint de faire des choix sur sa production. Il déplore : « On a fait des coupes. On s’est dit : on ne sème pas de cultures de printemps. Nous, on ne peut pas se permettre de retravailler les terres sans savoir ce qu’on va récolter et en dépensant de l’argent inutilement. Le gazole, on va le garder pour faire des stocks de fourrage pour nos animaux, et voilà… »
Pas de pénurie de carburant pour Sébastien Lecornu
Du côté de la FNSEA, un remboursement de 30 centimes par litre est réclamé à l’État. Cette demande ne pourra cependant pas colmater les trous dans les stocks de GNR causés par de nombreux vols. Luc Maesbach, agriculteur, explique ce phénomène sur Sud Radio : « En effet, ce carburant est convoité, donc on met en place certains dispositifs, mais nous ne sommes pas infaillibles. On surveille un peu nos installations, mais on n’a pas que ça à faire. Il y a des agriculteurs qui subissent des vols de carburant actuellement. »
La profession menace de nouvelles actions dans les prochaines semaines si la situation reste inchangée. Quant à lui, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré qu’il n’y avait pas de pénurie de carburant dans le pays. Il s’est, tout de même, montré ouvert à l’idée de nouvelles aides ciblées la semaine prochaine.