Soyez Libres, Françoise Degois, et cette question qui agite le tout Paris en ce moment : Dissolution ou pas ?
« Je moque la nouvelle terreur qui s'est emparée de notre petit bocal médiatico-politique. Mais alors là, c'est l'agitation suprême : Emmanuel Macron songerait à dissoudre l’Assemblée. Quand ? En janvier. Pourquoi ? Pour empêcher le nouveau président d'avoir une assemblée à sa main après son élection. Ah ce diabolique Macron accusé de nommer à tour de bras également au poste clé des proches à lui.
Pourquoi ? Pour verrouiller les postes de pouvoir, pour empêcher la nouvelle équipe de gouverner. Mais qu'il est diabolique ! Pourquoi je rigole ? Car ses arguments, bien sûr, se tiennent sur le papier. D'abord parce qu'ils viennent tous de l'extrême droite ou de la droite radicale qui pense vraiment qu'elle a gagné déjà en 2027.
"Les nominations dans la fonction publique, c'est classique"
Il ne lui vient même pas à l'idée que Jordan Bardella peut perdre et que toute la théorie du complot s'effondre d'un seul coup. Ensuite, je rigole parce que, nous avons assez d'heures de route pour savoir que tous les présidents ont procédé à des nominations à la pelle avant leur départ.
Et encore les amis qui écoutez, vous n'avez rien vu. Attendez les trois derniers mois, mais même les trois dernières semaines. Les nominations dans les ambassades, dans la fonction publique, c'est classique. C'est une façon aussi de remercier souvent les membres des cabinets dont on pense ce qu'on veut, mais qui font quand même des boulots de chiens.
🇫🇷 Une dissolution de l'Assemblée nationale avant la présidentielle 2027 ?
— Sud Radio (@SudRadio) June 22, 2026
🗣️ @francoisedegois :"Pourquoi Emmanuel Macron prendrait-il un tel risque de dissoudre à nouveau ?" #GrandMatin
➡️ Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️ Réagissez au 0 826 300 300 pic.twitter.com/I3aVsbLPbu
"Ce budget est l'un des pires concoctés sous la cinquième"
Sauf si, vous voyez, parce qu'il y aura peut-être une dissolution. Pas en janvier et pas pour les raisons doctement exposées depuis deux jours. Pourquoi ? Je m’explique. Comment voulez-vous qu'une seule formation politique vote le budget qui est en train de se préparer ? À quelques mois d'une présidentielle, ce budget est l'un des pires concoctés sous la cinquième. C'est normal, les finances françaises sont exsangues.
Quel candidat, quel parti, prendra le risque de voter ce budget ? Aucun. Et qui dit « rejet du budget par motion de censure », dit forcément « censure et chute du gouvernement ». Et qui dit « censure », dit peut-être « dissolution », ça ne va pas de soi. On peut censurer sans dissoudre. C'est déjà arrivé.
"Ça ne tient vraiment pas debout"
Michel Barnier, François Bayrou, Sébastien Lecornu. Mais ça ne va pas de soi, parce qu'il y a une simple question psychologique après le fiasco de la première dissolution. Pourquoi Emmanuel Macron prendrait-il un tel risque de dissoudre à nouveau, à commencer par ses propres troupes ? Pourquoi faire ? Pour piéger le RN, en l'obligeant à gouverner. Mais gouverner six mois avant une présidentielle, c'est surtout faire de jolies photos et de la communication pure. Ça ne tient vraiment pas debout.
Il y a le facteur X qui peut tout changer. Si Marine Le Pen peut être, d'une manière ou d'une autre, candidate après la décision du 7 juillet. À dire vrai, au gouvernement ou à l'Elysée, on croit peu à la victoire de Jordane Bardella, dont l'image commence à s'effriter après ses coups de boutoir bling bling. Marine Le Pen, c'est une autre histoire, plus difficilement stoppable que son cadet.
"Parfois, la réalité dépasse la fiction"
Là, une dissolution pourrait avoir un double effet. Raboter les diables de la République, c'est-à-dire amener Jean-Luc Mélenchon à une vingtaine de députés, et obliger Marine Le Pen à gouverner si elle gagne les législatives. Tout cela reste quand même hautement de la fiction, mais vous savez à quel point, nous les journalistes politiques, nous adorons la fiction, et parfois, parfois, la réalité dépasse la fiction. »
Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.