L'Iranienne Mahdieh Esfandiari, condamnée jeudi à un an de prison ferme assorti d'une interdiction définitive du territoire pour apologie du terrorisme, a été assignée à résidence, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.
Après sa condamnation, la jeune femme, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire et pourrait servir de possible monnaie d'échange avec Téhéran contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, toujours bloqués en Iran, est sortie libre et a annoncé vouloir faire appel.
Le ministère de l'Intérieur a de son côté émis une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (Micas) après sa sortie du tribunal, selon Me Nabil Boudi, confirmant une information du Monde.
Cette mesure, destinée à empêcher qu'elle ne s'évapore dans la nature, lui interdit de quitter Paris et l'oblige à pointer deux fois par semaine au commissariat de son quartier.
Contacté, le ministère de l'Intérieur n'a pas souhaité faire de commentaire.
Agée de 39 ans, Mahdieh Esfandiari, née en Iran et arrivée en France en 2018, a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont un ferme assorti d'une interdiction définitive du territoire, notamment pour apologie du terrorisme.
La justice française l'accusait d'avoir alimenté en publications les comptes de l'organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube.
Ces publications ont notamment fait l'apologie de l'attaque sanglante menée par le mouvement islamiste radical palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive.
Me Boudi, qui avait critiqué jeudi une "peine très sévère" et interrogé ses motivations, a par ailleurs confirmé à l'AFP avoir "interjeté appel" dans la foulée de la décision.
Cet appel a pour effet de suspendre la peine prononcée, dont l'interdiction définitive du territoire, rendant son expulsion impossible jusqu'à la fin de la procédure.
Les autorités iraniennes avaient émis le souhait d'échanger, une fois la procédure judiciaire close en France, leur ressortissante contre les deux Français.
Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, avaient été condamnés en octobre dernier respectivement à 20 et 17 ans de prison pour espionnage au profit notamment d'Israël, puis libérés début novembre avec interdiction de quitter le territoire iranien.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP