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Pourquoi les retraites spirituelles ont la cote depuis le Covid-19 

Depuis la pandémie de Covid-19, les retraites spirituelles connaissent un essor spectaculaire en France. Loin d’être réservées aux croyants, elles attirent désormais un public large, en quête de silence et de déconnexion, comme l’explique Augustin Marbacher, directeur de l’association RITRIT, au micro de Sud Radio.

Pourquoi les retraites spirituelles ont la cote depuis la Covid-19

Quitter la ville pour passer plusieurs jours dans un monastère ou une abbaye peut sembler original, pourtant, depuis la crise du Covid-19 et le confinement, les Français ont bel et bien décidés de se recentrer sur eux-mêmes. « Il y a une soif pour ces lieux-là qui grandit », observe notamment Augustin Marbacher, directeur de l’association RITRIT, qui met en relation des monastères et abbayes avec des personnes souhaitant faire une retraite spirituelle. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en quatre ans, les demandes ont explosé, passant de 16 000 à près de 100 000 aujourd’hui. En ce début d’année, la dynamique se confirme : « On a déjà battu nos records au mois de janvier ». Pour le directeur de RITRIT, il ne s’agit pas d’un simple effet passager, mais bien d’une « tendance de fond », nourrie par un besoin croissant de ralentir et de se recentrer. 

« C’est un peu un anti-Airbnb » 

Créée en 2018, l’association Ritrit s’est donnée la mission de faciliter l’accès aux retraites spirituelles. « L’idée est de mettre en relation un public qui cherche à se ressourcer avec des communautés religieuses qui sont parfois moins à l’aise avec les outils numériques », explique Augustin Marbacher. 

À la différence des plateformes commerciales, Ritrit prône un modèle non lucratif. « C’est un peu un anti-Airbnb », insiste-t-il. L’objectif n’est pas de marchandiser l’expérience, mais de la rendre accessible au plus grand nombre. Aujourd’hui, la plateforme référence une centaine de lieux à travers la France, des abbayes rurales aux monastères plus urbains. 

« Un besoin de déconnexion physique et biologique » 

Le profil des participants a lui aussi particulièrement évolué. « Ce sont des lieux ouverts à tout le monde, peu importe la religiosité », rappelle-t-il. À noter qu’environ 40 % des personnes qui réservent n’avaient jamais vécu de retraite spirituelle auparavant.  

« Il y a d’abord un besoin de déconnexion physique et biologique : le retour au calme, au silence, la déconnexion des écrans ». Dans une société marquée par l’hyperconnexion, ces lieux apparaissent donc comme des refuges car « ce sont des lieux où on peut prendre le temps de se poser des questions, de rencontrer des personnes ». 

Étudiants, actifs, retraités… Des séjours adaptés à tous les profils 

Contrairement aux idées reçues, ces séjours ne s’adressent pas uniquement à des pratiquants assidus. Étudiants, actifs, retraités : tous les profils cherchent à se focaliser un peu plus sur eux-mêmes… ou sur leur travail.  

Car certains y voient même un cadre idéal pour travailler. « Pour des étudiants, c’est l’idéal pour réviser : on est au calme, pris en charge, avec un cadre structuré ». Le silence, la régularité des repas et l’absence de distractions favorisent logiquement la concentration. Sur place, chacun reste libre de son rythme. Participation aux offices, promenades, lectures ou simples temps de repos : « chacun organise sa journée comme il le souhaite ». 

Une expérience accessible financièrement 

Si le coût est l’un des freins souvent évoqués, il serait en réalité limité car le modèle monastique repose sur une logique souple. « Vous n’avez pas un tarif fixe, vous donnez ce que vous voulez », explique Augustin Marbacher. 

Si une base d’environ 50 euros par jour est souvent proposée, elle reste indicative. « Si vous êtes étudiant ou en difficulté, vous pouvez donner moins, et la communauté ne vous en tiendra pas rigueur ». Une philosophie qui vise à maintenir l’ouverture de ces lieux à tous. En parallèle, ces contributions permettent aussi d’entretenir le patrimoine. 

Au-delà du cadre, ce sont surtout les rencontres qui marquent les esprits. « Les gens sont touchés par la manière dont ils ont été accueillis », souligne Augustin Marbacher. Dans ces « lieux extraordinaires », il s’agit d’une expérience rare, loin des interactions habituelles. 

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