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Avec Plastic Odyssey, « une voie de sortie du plastique est possible »

Par Elliott Léonard

GROS PLAN SUD RADIO - Plastic Odyssey, organisation lancée par Simon Bernard et Alexandre Dechelotte, lutte depuis 2016 contre la contamination des océans par le plastique. Sa mission : « agir contre la pollution plastique ».

(Photo by Nicolas TUCAT / AFP)

Dix ans après la création de l’organisation Plastic Odyssey, son co-fondateur Alexandre Dechelotte a tiré un premier bilan au micro de Sud Radio sur l’objectif de ce projet, les ambitions futures ainsi que les actions déjà réalisées. Son but n’étant pas de culpabiliser les gens ni de les effrayer quant à l’impact du plastique, mais d’offrir une vision didactique, à l’image de Cousteau.

Qu’est-ce que Plastic Odyssey ?

« On avait envie d'agir contre la pollution plastique qu'on voyait un peu partout dans l’océan, explique-t-il en préambule. Donc le but de cette expédition, c'était de mettre en lumière des solutions qui existent partout sur la planète. (…) D'aller documenter, partout dans le monde, là où il y a le plus de pollution, les solutions qui se développent localement. Essayer de les rassembler, les partager et les répliquer à grande échelle », explique Alexandre Dechelotte.

Une expédition de 3 ans, longue à mettre en place

« Il y a dix ans, c'était un rêve, poursuit le co-créateur de l’organisation. On est passé par énormément d'étapes, parce qu'avant de lancer une expédition comme on l'a lancée ensuite durant trois ans – c’était un tour du monde complet qui vient de se terminer à l’heure où on parle – il y a eu sept ans de préparation : sept ans pour faire notre place, trouver un navire et le remettre en état. »

La réalité « insipide » du plastique

Une autre motivation, au-delà de l’envie de purifier les océans, était de « lutter contre les fake news qui circulaient énormément à cette époque-là sur le fait que le plastique était en surface, au milieu des océans, et attendait quelque part que quelqu'un aille le collecter », dévoile Alexandre Dechelotte. « L’effet négatif de ces images-là, c'est que cela fait croire aux utilisateurs, aux consommateurs, mais aussi aux industriels, que le plastique nous attend quelque part. »

Mais la vérité semble toute autre selon lui : « La réalité est beaucoup plus douloureuse, elle est plus insipide, parce que c'est un peu comme une maladie profonde : ça ne se voit pas. Le plastique se dégrade en micro-particules, il disparaît, et comme il disparaît du regard, il est très difficile d’aller le collecter. »

Recyclage à bord du Plastic Odyssey

Ce bateau recyclé, nommé Plastic Odyssey, « a un atelier de recyclage (…) pour traiter les déchets avant qu'ils ne rejoignent l'océan, donc les capter avant qu'ils ne se retrouvent dans des décharges sauvages. Il dispose aussi d’une zone de vie complètement zéro déchet, avec un laboratoire dédié à cela ».

« Le processus est finalement assez simple, explique Alexandre Dechelotte : on broie, on lave, on extrude. Parfois, on n'a même pas besoin de laver les déchets plastiques. Par exemple, à bord, il y a tout un salon de jardin qui est fabriqué avec ces déchets collectés dans des endroits emblématiques du monde. »

« On l'a un peu pensé comme la Calypso du plastique »

Le co-créateur de l’organisation n’avait pas pour but de culpabiliser les gens, mais de les instruire. « On l'a un peu pensé comme la Calypso du plastique. (…) Je ne suis pas un Cousteau moi-même, mais cela nous a énormément inspirés, parce que ce qu’il faisait, c’était démocratiser, mettre un peu de poésie et d'émotion sur des sujets pour donner envie de changer », dit-il avant de conclure : « Donc c'est beaucoup plus facile de faire changer les comportements des gens en racontant de belles histoires, des expéditions, des rencontres avec des entrepreneurs sur le terrain, que de dire simplement que le plastique est mauvais pour l’environnement. »

Rejoignant cette idée d’expédition didactique, Alexandre Dechelotte conclut : « L’impact du bateau, ce n'est pas tant d'aller collecter des déchets, parce qu'en quantité, ce n'est pas grand-chose. C'est plutôt d'inspirer et de montrer ce dont on est capable. L'idée, c'est, à travers tous les articles et contenus que nous produisons, de raconter ce qui se passe sur le terrain et de montrer qu'une voie de sortie du plastique est possible. »

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