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L'humeur de Périco Légasse après la mort de Lyhanna : "L’État est un grand corps malade !"

OPINION SUD RADIO – À la suite de la tragédie de Fleurance qui a coûté la vie à la jeune Lyhanna, Périco Légasse livre un réquisitoire contre les défaillances de l'État et le manque de communication entre les services publics. Il pointe du doigt les ruptures de suivi entre le parquet de Toulouse, la parquet d’Auch et les brigades de gendarmerie.

L'humeur de Périco Légasse après la mort de Lyhanna : "L’État est un grand corps malade !"
Rassemblement à Fleurance dans le Gers, le 7 juin 2026, pour une marche blanche en hommage à Lyhanna, 11 ans retrouvée morte jeudi. Le principal suspect avait fait l'objet de plaintes pour viol sur mineur (Lionel BONAVENTURE - AFP)

« Pourquoi, hélas, Liana ne sera pas la dernière ? Ne parlons même pas de la déferlante du terrorisme islamiste qui ensanglante la France depuis des décennies. On s'était dit que les crimes de Mohamed Merah, dont l'assassinat de petits enfants à l'école Ozar Hatorah de Toulouse en 2012 fut l'une des plus terrifiantes abominations de ce début de siècle, préviendraient la suite ou que le massacre de Charlie Hebdo en janvier 2015 préviendrait celui du Bataclan en novembre de la même année. 

On s’était dit que la décapitation barbare de Samuel Paty préviendrait l'assassinat de Dominique Bernard, qu'avec une administration performante, une justice vigilante et une police efficace, car cette efficacité existe en France, peut-être plus qu’ailleurs, nous serions protégés. Oui, on s'était dit… mais « on est un con », comme le dit la formule populaire.

"L’horreur du dysfonctionnement de l’État donne la nausée"

La petite Lyhanna aurait-elle pu continuer à étudier aux côtés de ses camarades et rentrer chez elle ? La réponse est oui, très probablement. Si, suite aux dispositions du procureur de la République de Toulouse, le parquet d’Auch s'était assurée auprès de la gendarmerie de Lectoure du suivi du dossier ; et si cette dernière avait vérifié auprès de la brigade de Fleurance que les signalements concernant Jérôme Barella étaient bien pris en compte. Un appel, un SMS... quand on sait communiquer, au moins cela ! Peut-être alors que l'histoire eût été modifiée.

La tragédie de Fleurance ne fait que lever un peu plus le couvercle sur un pays auquel nous devons, sans hésiter, donner le nom de « grand corps malade ». Cette fois-ci, l’ampleur et l’horreur du dysfonctionnement de l’État et des services publics donnent la nausée. Nous sommes les champions de l'explication après catastrophe, les rois du décryptage pointilleux. Nous sommes les ténors de la cacophonie détaillée, de l'enquête implacable et de la commission sans appel qui révèle, après coup, ce qu'il fallait faire et ce qui n'a pas été fait. 

"On sanctionnera peut-être les coupables"

On établira sans doute les responsabilités, on sanctionnera peut-être les coupables qui se retourneront vers leur supérieur hiérarchique, mais cela ne rendra pas la vie à ceux qui l'ont perdue. Le monde ne va pas seulement mal à cause de ceux qui font le mal, disait Einstein, mais à cause de ceux qui savent et ne disent rien. Liberté, égalité, résignation. 

Espérons cette fois que le courage qui a manqué à ceux qui savaient mais n'ont rien fait reviendra jusqu'au sommet de cette République. Sans quoi, nous devrons hélas assister à d'autres marches blanches. Le chagrin des parents de Liana nous accable et interpelle les responsables, peut-être un peu plus que les autres fois. »

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États sur Sud Radio de 12h à 14h. 

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