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Feux de forêts : "il n'y a pas qu'une seule région qui brûle, c'est toute la France"

Par La rédaction

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Les incendies de forêt continuent de frapper la France avec une intensité exceptionnelle. En Gironde, le gigantesque feu parti de Saumos menace désormais le Cap-Ferret, tandis que plusieurs autres foyers restent actifs dans le Sud-Ouest et sur le pourtour méditerranéen.

Feux de forêts : "Il faut s'acculturer à cette problématique"
Les incendies en Gironde (Crédit : Cch Julien Soulard )

Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées, et l'État sollicite l'aide de ses partenaires européens. Les spécialistes alertent sur une saison marquée par une sécheresse extrême, des températures élevées et une végétation particulièrement vulnérable aux flammes.

"Nous avons une forêt qui est beaucoup plus près des maisons, des villages, des campings"

Le bilan continue de s'alourdir au fil des heures. En Gironde, l'incendie déclenché près de Saumos est devenu le plus important feu de forêt de l'année en France. Dans la nuit du 23 au 24 juillet 2026, les flammes ont progressé rapidement, franchissant plusieurs lignes de défense malgré le déploiement de près d'un millier de sapeurs-pompiers. Plus de 10.000 hectares ont déjà été parcourus, tandis que l'ensemble de la presqu'île du Cap-Ferret a fait l'objet d'un ordre d'évacuation. Des dizaines de milliers de résidents et de vacanciers ont quitté les lieux par la route ou par bateau, alors que plusieurs habitations ont déjà été détruites. Face à cette situation, le gouvernement demande à activer le mécanisme européen de protection civile afin d'obtenir des renforts étrangers.

En parallèle, les secours restent mobilisés sur d'autres foyers, notamment dans les Landes autour de Biscarrosse, où plusieurs milliers d'hectares supplémentaires ont brûlé et où de nouvelles évacuations ont été décidées. Plus largement, de nombreux départements demeurent placés sous une vigilance élevée en raison d'un risque d'incendie jugé extrême. Les cartes de suivi publiées par les médias et les autorités montrent que la France connaît un nombre inhabituellement élevé de feux simultanés, conséquence d'un enchaînement de vagues de chaleur, d'un déficit hydrique marqué et de vents favorisant une propagation rapide des flammes.

Pour Bruno Lafon, président de l'Association Régionale de Défense des Forêts Contre l'Incendie (ARDFCI), la proximité entre les zones habitées et les espaces boisés explique en partie l'ampleur des opérations d'évacuation. "Nous avons une forêt qui est près des maisons, des villages, des campings, puisque nous sommes dans un secteur très touristique. Le nombre d'évacués en est la preuve. Moi-même, j'ai des personnes qui ont été recueillies dans ma propre commune", témoigne Bruno Lafon au micro de Sud Radio.

"On est sur des feux qu'on appelle 'à la californienne'"

Le président de l'Association Régionale de Défense des Forêts Contre l'Incendie décrit également des incendies d'un nouveau genre. "Là, on est sur des feux qu'on appelle 'à la californienne', c'est-à-dire que la forêt vient rejoindre les maisons. La lutte est donc beaucoup plus compliquée. Le feu est parti dans la nuit, il a quand même fait 4.000 hectares encore cette nuit. […] Ce sont des chiffres qui sont colossaux. La végétation est dans un état hydrique très faible. Tous les ingrédients sont connus. Début juillet, j'avais dit : 'à la troisième canicule, on aura la catastrophe'. Et, malheureusement, c'est arrivé. On a eu 15 feux dans la journée à Saumos, il y en a 14 qui ont été arrêtés, et il y en a un qui est parti. Et à Biscarrosse hier, pareil. Donc, malheureusement, lorsqu'ils ne sont pas arrêtés, ça peut devenir des monstres, et c'est le cas", déplore Bruno Lafon à l'antenne de Sud Radio.

Malgré des moyens considérables engagés, Bruno Lafon rappelle que les secours doivent protéger un nombre croissant d'habitations. "À une époque, on avait moins de moyens. On avait des situations aussi graves, les surfaces étaient aussi, voire plus importantes, mais malheureusement, il y avait des morts. Là, malheureusement, sur un feu de 12 ha à Mérignac, 2.000 m², le feu est parti de façon tellement puissante que ces pauvres garçons y sont restés. […] Mais il faut quand même se dire qu'aujourd'hui, on a du matériel, on a ce qu'il faut. Mais le nombre de maisons à défendre est important. Et donc, aujourd'hui, on peut toujours avoir plus. Mais ce qu'il y a, c'est qu'il n'y a pas qu'une seule région qui brûle, c'est toute la France", alerte Bruno Lafon au micro de Sud Radio.

"On ne peut plus vivre en France à côté d'un massif forestier sans être culturé à la problématique du feu de forêt"

Le président de l'ARDFCI insiste enfin sur la nécessité d'adapter les comportements face à un risque désormais durable. "On ne peut plus vivre en France à côté d'un massif forestier sans être culturé à la problématique du feu de forêt. Il faut s'y attendre. Comme dans des régions où il y a des inondations, comme dans des régions où il y a des avalanches. Donc, quand il y a un risque, il faut le mesurer. Quand on a une maison à côté d'un massif forestier, on fait en sorte de nettoyer le terrain, même s'il n'est pas à nous et que la forêt est à côté, parce que c'est la loi, c'est l'obligation légale de débroussaillement. On l'a vu encore : là où ça a été bien fait, les feux ont été arrêtés, et ça a été moins virulent pour la maison et pour la lutte des pompiers. Donc, il faut s'acculturer à cette problématique."

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