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Quand les pervers détournent l'usage des lunettes connectées

Par Estelle Solari

Les lunettes connectées Ray-Ban et Oakley Meta font polémique. Leurs fonctions micro et caméra sont détournées pour harceler, photographier à l’insu des personnes et donc, violer leur vie privée. Sur le modèle basque, les pétitions se multiplient dans le monde entier.

Les lunettes connectées de Meta sont détournées pour voyeurisme.
Les lunettes connectées de Meta sont détournées pour voyeurisme.

En vente depuis 2025, les montures high‑tech Meta font le buzz. D’apparence classique, elles s'apparentent à de simples lunettes de soleil. Et pourtant. Bijoux technologiques, elles sont notamment équipées d’haut‑parleurs et d’un assistant IA. Problème ? Les paires ont également un micro et une caméra, activables par commande vocale ou bouton, sans sortir le téléphone. Des fonctionnalités qui, entre de mauvaises mains, deviennent outils de péchés et scandales.

Un consentement à l’image, bafoué

Les lunettes connectées sont toujours plus associées à des usages voyeuristes ou agressifs, notamment par les "pick-up artists". Ces adeptes de techniques de drague controversées, filment leurs interactions dans la rue, sans le consentement des femmes, avant de les poster en ligne. De quoi faire bondir nombre de collectifs féministes. Les internautes ont même surnommé les montures : "lunettes de pervers".

Une captation d’image intime illégale

La caméra est discrète, l’enregistrement, quasi instantané : pas besoin de sortir le téléphone. Seul indice : un voyant composé d’une petite LED blanche s’allume lors de la captation. Astucieux ? Oui, mais des utilisateurs ont trouvé la parade. Scotch, caches vendus en ligne, le signal lumineux devient invisible. Plusieurs cas ont éclaté dans les médias.

Un influenceur a par exemple, été arrêté à Barcelone. L’homme aurait filmé des centaines de femmes à leur insu avec des Ray‑Ban Meta. Approches lourdes, ou pire, captation d’images en situations intimes, les témoignages de femmes filmées à leur insu se multiplient. Images auxquelles des sous‑traitants de Meta au Kenya ont accès, révèle une étude suédoise.

Vers un usage toujours plus encadré

Restaurants, pubs, théâtres, cinémas et même certains tribunaux, ces lunettes sont interdites dans de nombreux lieux publics pour limiter les dégâts. Face à la polémique, la réponse de Meta ne s’est pas faite attendre. Le groupe Mark Zuckerberg a rectifié le tir. Depuis juillet 2026, une mise à jour obligatoire désactive la caméra si les lunettes détectent une défaillance ou une modification de la LED d’avertissement. Avec un nouveau correctif, en vigueur depuis août, impossible de tricher : l’enregistrement pouvait démarrer, puis voir sa LED recouverte.

Désormais, la caméra s’arrête immédiatement si le voyant est masqué pendant la captation. Instagram, lui, indique retirer toute vidéo relative au harcèlement filmé via ces lunettes et promet un renforcement du contrôle. Meta tente de rassurer : seul un petit nombre de paires a été intentionnellement trafiqué.

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