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Barbara Butch « a raison » de porter plainte selon Bally Bagayoko

Invité de la matinale de TF1 ce vendredi, le maire de Saint-Denis a apporté son soutien à la démarche judiciaire engagée par l'artiste, dont le concert avait été interrompu le week-end dernier à Grenoble par des militants propalestiniens et insoumis. Il a toutefois écarté toute responsabilité de son mouvement dans cette action, qu'il qualifie d'isolée.

Barbara Butch « a raison » de porter plainte selon Bally Bagayoko
(Photo by Amaury Cornu / Hans Lucas via AFP)

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a estimé ce vendredi sur TF1 que la DJ Barbara Butch avait raison de saisir la justice après la perturbation, samedi dernier, de son concert à Grenoble par des militants pro palestiniens et de La France insoumise. Il a dit encourager toute personne confrontée à des propos racistes ou discriminants à engager une procédure judiciaire. L'artiste, par la voix de son avocate, a en effet fait savoir qu'elle portait plainte contre La France insoumise, contre certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que contre le média d'extrême droite Omerta et l'essayiste Alain Soral, déjà condamné par le passé pour des propos antisémites.

L'élu a tout de même tenu à préciser qu'il n'aurait pas programmé la DJ « avec les moyens de la ville », en raison des prises de position de l'artiste sur la situation à Gaza, qu'il a qualifiée de « génocide en cours ». Il a néanmoins insisté sur le fait que ces désaccords politiques ne pouvaient en aucun cas justifier des propos discriminants à son encontre, rejoignant sur ce point la tribune publiée le 21 juillet dans Libération, qu'il avait signée en soutien à l'artiste.

« L'indignation est possible, mais les projectiles non »

Pour Bally Bagayoko, l'action menée samedi à Grenoble reste un épisode isolé, qui n'engage pas la responsabilité de LFI en tant que parti, l'appel au boycott n'ayant pas été relayé par les cadres nationaux du mouvement. Un tract distribué localement par des militants insoumis avait pourtant qualifié l'artiste de soutien aux « génocidaires », en lien avec sa signature de la controversée proposition de loi Yadan contre les nouvelles formes d'antisémitisme, et sa participation à un concert donné à l'ambassade de France à Tel-Aviv en juin 2025.

L'édile a condamné les jets de projectiles subis par l'artiste tout en défendant le droit d'exprimer une opposition politique, y compris par les huées. Il a affirmé que « l'indignation est possible, mais les projectiles non », ajoutant que « le droit dira les choses » et rappelant qu'aucun représentant de son parti n'avait jamais été condamné pour antisémitisme.

Une polémique qui dépasse LFI

Interrogée de son côté sur France 2, l'eurodéputée insoumise Manon Aubry a revendiqué « le droit de critiquer » une artiste pour ses prises de position, tout en reconnaissant que « la limite est dans la dimension pacifiste » de la critique. Elle a défendu l'idée que « la liberté de création dans notre pays est importante, mais elle s'étend aussi à la liberté de pouvoir critiquer les artistes », précisant viser toute voix soutenant « le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, quelle que soit sa forme de religion ».

Le parquet de Grenoble a de son côté ouvert une enquête pour « délit d'entrave concertée aux libertés », après que la DJ de 45 ans a été insultée, visée par des projectiles et exfiltrée de la scène en pleine représentation.

Une mobilisation artistique en soutien à la DJ

L'affaire a suscité un large mouvement de solidarité dans le monde culturel. Une tribune intitulée « Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine » a rassemblé de nombreuses signatures, parmi lesquelles celles des acteurs Alain Chabat, Géraldine Nakache, Vincent Elbaz et Ludivine Sagnier, des frères réalisateurs Dardenne, du dramaturge et directeur du Festival d'Avignon Tiago Rodrigues, de l'autrice Marie Darrieussecq, de l'historien Patrick Boucheron et de la sociologue Eva Illouz. La ville d'Annecy a par ailleurs proposé à Barbara Butch de s'y produire, après l'interruption de son concert grenoblois.

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